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  [Formation | Emploi]
Anglais, langue seconde
«Are you an England?»

par Stéphane Gagné

Dans leur CV, bien des Québécois francophones affirment être bilingues. Mais dans la vie, plusieurs baragouinent juste assez pour commander un café dans la langue de Shakespeare. L'anglais serait-il l'éternel ennemi à abattre?

L'apprentissage de l'anglais est depuis toujours un sujet chaud dans la vie des Québécois francophones. Pour plusieurs, c'est un difficile passage obligé qui, malgré les efforts, mène souvent à des résultats mitigés. Comme quoi au Québec, le bilinguisme est un pari encore loin d'être gagné.

À preuve, chaque année, dans la Capitale-Nationale, de 7 000 à 10 000 travailleurs et gens d'affaires se penchent sur la question dans le cadre de la Semaine Québec multilingue. C'est que de l'avis de Marcel Bérubé, responsable de cet événement et directeur de l'agence de placement de personnel Groupe Perspective, les candidats «réellement» bilingues se font rares à Québec. «À 97 % francophones, les habitants de la région devraient maîtriser beaucoup mieux l'anglais, de même que d'autres langues.»

Selon Statistique Canada, 33 % des habitants de la Capitale seraient bilingues. À la lumière de son expérience en placement de personnel, Marcel Bérubé doute sérieusement de ces données : seulement de 10 à 15 % des gens de Québec seraient réellement bilingues, c'est-à-dire capables de pourvoir à des postes qui exigent le bilinguisme. «Ils se disent bilingues dans leur CV, mais, en réalité, ils sont incapables de soutenir une conversation en anglais. Cela complique le recrutement et nuit à l'essor économique de la région.»

L'événement Semaine Québec multilingue a d'ailleurs été créé il y a cinq ans à la suite du constat des participants au Forum économique de la région de Québec : un manque de candidats bilingues français-anglais, français-espagnol et français-mandarin à Québec avait alors été annoncé.

Au fil des ans, cet événement est devenu une occasion de faire du lobbying auprès des commissions scolaires, des entreprises et du gouvernement pour accroître et encourager l'apprentissage de l'anglais. Marcel Bérubé croit même que les entreprises encore soumises à l'obligation d'investir 1 % de leur masse salariale dans la formation continue devraient consacrer ces sommes en partie ou en totalité à l'apprentissage des langues, dont l'anglais.

Lui-même prêche par l'exemple : les 30 employés de son entreprise suivent des cours d'anglais deux fois par semaine, de midi à quatorze heures. Une initiative encore rare en milieu de travail, mais qui gagnerait à être plus largement répandue. Car l'enseignement de l'anglais à l'école semble insuffisant pour apprendre à écrire et à converser convenablement dans l'autre langue de chez nous.




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