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Les jeunes peuvent toutefois se réjouir à l'idée que d'ici à quelques années, avec les nombreux départs à la retraite des baby-boomers, ce sont eux qui seront en mesure de négocier leur salaire et de poser leurs conditions au même titre que les trentenaires, qui forment aussi la relève. «Les enjeux démographiques auxquels nous ferons face nous permettront d'avoir accès plus facilement au marché du travail, estime Sophie Paquet. La compétition sera toutefois relativement forte. De bons postes seront disponibles, mais il faudra être bien outillé pour se les approprier.» Guillaume Beaumier, 22 ans, étudiant en techniques de gestion hôtelière et chef cuisinier à temps partiel, s'attend à ce que la cohabitation entre la relève et les aînés se fasse difficilement. «En sortant de l'école, on va être appelés à remplacer les baby-boomers. Je ne suis pas sûr que les anciens, pour les années qui leur restent à travailler, voudront se faire imposer de nouvelles façons de faire par les jeunes cadres diplômés.» Ainsi, la génération montante va vite se retrouver à assumer des responsabilités qu'auparavant elle n'aurait pu espérer avant d'avoir acquis de cinq à dix ans d'expérience, ajoute Monique Saint-Amand. «Les responsabilités peuvent représenter un bon défi et une occasion de développement professionnel unique.» À son avis, les employeurs manquent cependant de plus en plus à leur devoir d'intégration et de supervision. Un phénomène qui tend à se généraliser avec la diminution des effectifs et un taux de roulement impressionnant dans les organisations privées et publiques. Cette conseillère d'orientation ne compte plus les fois où, par exemple, un ingénieur débutant se présente à son bureau complètement abattu, affirmant n'être bon à rien. Parce qu'ils sont laissés à eux-mêmes, les jeunes travailleurs développent un sentiment d'incompétence. «Dès qu'arrive un petit nouveau dans l'organisation, personne n'est en mesure de l'encadrer. On l'installe à son poste de travail en lui disant : innove, fais preuve de responsabilité et débrouille-toi. C'est inhumain!» Qu'importe, les jeunes qui entrent sur le marché du travail sont avertis : ils doivent se faire les dents sur des emplois plus ou moins intéressants, acquérir de l'expérience, faire valoir leurs idées auprès de leurs collègues et prendre leur place dans les organisations. De plus, ils doivent croire en leurs possibilités : si ça ne marche pas ici, tant pis, ça fonctionnera ailleurs! Et dans le pire des cas, ils ont ce que les plus vieux n'ont plus autant : du temps. Ainsi, un retour aux études est toujours envisageable. «Nous sommes la génération kangourou, clame Éloïse Brault, 25 ans, organisatrice communautaire. Parmi mes amis, je suis la seule à avoir un emploi stable. Les autres sont encore aux études ou collent chez leurs parents parce qu'ils ne trouvent que des jobines après les études. Ça prend du temps avant qu'ils n'obtiennent un travail à leur goût, mais ils rebondissent beaucoup. Ils aiment l'expérience!» Monique Saint-Amand est convaincue d'une chose : même si on offrait aux jeunes des emplois calqués sur le modèle des années 70, ils n'en voudraient pas. Ils préfèrent quand ça bouge. De vrais kangourous!
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