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La précarité guette
Mais tout n'est pas rose pour les cadets qui doivent faire leur place. En effet, derniers arrivés sur la scène professionnelle, les jeunes dans la vingtaine forment la catégorie de travailleurs la plus sensible aux fluctuations du marché. Quand la vague est mauvaise, ce sont eux qui sont d'abord appelés sur le pont, où les conditions de travail ne sont pas de tout repos. Ils sont aussi généralement les premiers à être invités à descendre à la prochaine escale.
En ce sens, en 2001, le Conseil permanent de la jeunesse (CPJ), un organisme qui représente les 15 à 29 ans et qui agit à titre de principal interlocuteur du gouvernement provincial sur les questions jeunesse, lançait un avis sur la montée du travail atypique et sur la précarisation des conditions de vie des jeunes.
«Les jeunes croient qu'avec de la volonté, il est assez facile de se trouver un emploi. Sauf que la plupart des emplois qu'ils obtiennent sont temporaires, irréguliers et mal rémunérés, avance Sophie Paquet, présidente du CPJ. Selon les jeunes, les emplois stables et bien payés sont relativement rares.»
D'après l'organisme, en 2001, 46 % des travailleurs québécois âgés de 15 à 29 ans étaient touchés par le travail atypique. Cette situation entraîne une baisse de revenus par rapport à ceux des générations précédentes. Elle encourage aussi le report de projets de vie comme l'achat d'une maison ou la fondation d'une famille, souligne François Tremblay, 27 ans, président de Force Jeunesse, un groupe de pression qui vise à défendre les droits des jeunes travailleurs.
Madeleine Gauthier, responsable de l'Observatoire Jeunes et Société de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), se montre étonnée lorsque les jeunes évoquent la précarité d'emploi. Elle va jusqu'à émettre des réserves face à cette précarité qu'elle considère comme passagère, voire normale, dans la vingtaine, un temps de la vie souvent consacré aux études. «Lorsqu'on regarde les statistiques globales, la majorité des étudiants ont en effet des emplois dits précaires. Pour ma part, je n'appelle pas ça de la précarité mais plutôt du travail étudiant, qui permet de poursuivre les études tout en assurant son autonomie financière. C'est une précarité en vue d'une situation meilleure!
«En parlant de précarité, les jeunes expriment peut-être leurs attentes face aux conditions de travail, poursuit-elle. Ils éprouvent une certaine déception de voir que même si l'économie va mieux et que le marché du travail est plus ouvert, les employeurs continuent d'embaucher à forfait.»
Annie-Claude Desmarais, coordonnatrice du programme Les toiles des jeunes travailleurs, un réseau mis sur pied en 2002 qui a pour but d'aider les jeunes à améliorer leurs conditions de travail, s'insurge devant l'assertion admise dans la société selon laquelle «on doit tout accepter parce qu'on est jeune». «Est-ce un rituel de passage d'avoir un job du genre étudiant avec des mauvaises conditions de travail en vue d'accéder à un «vrai» job plus tard?» s'interroge la jeune femme de 28 ans.
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Les 20-29 ans
Les 30-39 ans
Les 40-49 ans
Les 50-59 ans

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