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  [Formation | Emploi]
L'emploi en aérospatiale
Ça redécolle

par Stéphane Gagné
Photo : www.bombardier.ca

Malgré les mises à pied chez certains grands joueurs, l'industrie québécoise de l'aérospatiale reprend de l'altitude. La majorité des entreprises retrouvent le chemin de la croissance et garnissent leur carnet de commandes. Portrait d'une industrie de premier ordre pour le Québec.

Attentats terroristes de septembre 2001, SRAS, grippe aviaire, guerre en Irak... Ce début de siècle plutôt mouvementé a nui au secteur aérospatial. Aujourd'hui, pour la plupart des entreprises canadiennes, les déboires semblent faire partie du passé. Une étude récente du Conference Board du Canada prévoit, en effet, un avenir brillant pour le secteur : la hausse du chiffre d'affaires de l'industrie canadienne des aéronefs et des pièces d'aéronefs serait de 12,4 % pour cette année, de 11,2 % pour 2006 et de 10,8 % pour 2007.

Une sacrée bonne nouvelle pour le Québec, où ce secteur économique est névralgique. L'industrie aérospatiale québécoise - surtout présente dans la région de Montréal - est la sixième en importance au monde. Ses revenus annuels se chiffrent à 13,1 milliards de dollars, ce qui correspond à 7 % du PIB canadien. Trois types d'entreprises s'affairent en aérospatiale au Québec : les maîtres d'oeuvre, qui conçoivent, assemblent et livrent les produits finis (Bombardier Aéronautique, CAE, Bell Helicopter Textron, Rolls-Royce Canada); les équipementiers, des fournisseurs spécialisés de composantes et de services tels des trains d'atterrissage ou des composantes de moteurs (Héroux-Devtek, Messier Dowty, Air Canada, etc.); et plus de 240 PME qui produisent des éléments pour les manufacturiers des deux premiers groupes (usinage, revêtement métallique, traitement thermique des métaux, moulage de précision, matériaux composites, etc.).

L'importance du secteur se reflète aussi du côté de l'emploi. Ainsi, 1 travailleur sur 180 au Québec (et 1 sur 90 dans la région de Montréal) oeuvre dans ce secteur qui emploie au total près de 43 000 personnes. L'emploi y est d'ailleurs en pleine croissance : selon un sondage du Comité sectoriel de la main-d'oeuvre en aérospatiale (publié en novembre 2004), il y aura 3 581 postes à pourvoir en 2005, soit 1 161 postes rendus vacants en novembre 2004, 1 289 postes à pourvoir pour remplacer les employés qui prendront leur retraite, quitteront leur entreprise pour un autre emploi ou qui accéderont à de nouvelles fonctions, et 1 131 nouveaux postes.

Pas surprenant : le nombre de déplacements en avion est en hausse constante. Jacques Roy, professeur titulaire à HEC Montréal et spécialiste de l'aéronautique, prévoit une augmentation de 5 à 6 % par an du nombre de passagers pour les 15 prochaines années. «À Montréal, pour la première fois depuis des années, le nombre de voyageurs a dépassé le cap des dix millions en 2004. Cela suit la tendance mondiale, qui a enregistré une hausse de fréquentation de plus de 15 % cette même année. Or, plus il y aura d'achalandage sur les lignes aériennes, plus les compagnies auront besoin de nouveaux avions.»

Selon lui, à moins qu'il y ait une récession, les perspectives sont bonnes, car le secteur de l'aérospatiale croît toujours plus que l'économie en général. Et la hausse du prix du pétrole n'y changera pas grand-chose, ajoute Serge Tremblay, directeur du Centre d'adaptation de la main-d'oeuvre aérospatiale au Québec (CAMAQ). «Le coût supplémentaire du billet d'avion causé par cette hausse n'empêchera pas les gens de voyager.»

L'industrie a tout de même d'importants défis à relever. «Elle doit accroître sa productivité, poursuit Serge Tremblay. Pour y parvenir, elle peut fabriquer des moteurs comportant moins de pièces, améliorer les processus de production ou inciter ses employés à travailler mieux et plus efficacement, par exemple.» Parallèlement au rehaussement de sa productivité, le secteur de l'aérospatiale doit aussi continuer à améliorer la qualité de ses produits, dit-il.

Après avoir fait des centaines de mises à pied depuis septembre 2001, Pratt & Whitney Canada s'est remise en «mode embauche» en 2004.



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  • Les postes à pourvoir dans l'industrie de l'aérospatiale québécoise



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