accueil-jobboom accueil-jobboomecrivez-nous
à la uneextraitscarnet webarchivesressources
on sait ce que l'avenir vous réserve

présentation du magazine

 
tarifs publicitaires


emplois général
emplois comptabilité / finances
emplois génie
emplois soutien administratif
emplois technologies de l'information
emplois ventes / service à la clientèle
Votre carrière

retour au sommaire

  [À la une]

Révolte fiscale
Assiste-t-on à une révolte fiscale des jeunes? À une crise morale et éthique? Certains experts jugent que les difficultés des jeunes à joindre les deux bouts motivent davantage leurs actes que l'absence de considérations morales ou politiques.

«Certains d'entre eux ont du mal à se loger ou à manger correctement : quand vient le temps de payer leurs impôts, ils se disent que cet argent-là, ils en ont besoin», estime Pierre P. Tremblay, du Département de science politique de l'Université du Québec à Montréal, et dont les travaux sur les contribuables québécois ont été le point de départ pour l'étude de l'INRS sur les fraudeurs.

Les jeunes, en effet, vivent dans la précarité plus que leurs aînés : en 2003, 47 % des travailleurs québécois de 15 à 29 ans occupaient un emploi à temps partiel, temporaire ou autonome, contre 35 % pour l'ensemble de la main-d'oeuvre de la province, note l'Institut de la statistique du Québec.

La précarité, Sophie connaît. Cette brunette se débrouille avec un revenu annuel de moins de 18 000 $, des contrats très courts et des petits boulots de traduction qu'elle fait à titre de travailleuse autonome. Elle cache environ 10 % de ses revenus de traductrice au fisc. «Je suis une fausse travailleuse autonome, explique la jeune femme de 31 ans. Mes clients me demandent de travailler dans leurs bureaux, avec leur matériel, pour de longues périodes, mais me paient comme une contractuelle. Je n'ai pas droit à l'assurance-emploi ni aux prestations de la CSST parce que je ne suis pas une "vraie salariée" et, comme j'utilise leur matériel, je n'engage pas de dépenses en tant qu'entreprise. Je ne peux pas déduire de revenus. Je me fais donc mes propres crédits d'impôt en travaillant un peu au noir.»

La tentation de se faire ainsi justice est d'autant plus grande qu'elle peut cacher plus facilement ses revenus au gouvernement qu'un «vrai salarié» qui, lui, reçoit un relevé T4 de son employeur. «Si je me fais prendre, ce sera facile de dire que j'ai "oublié" d'inclure une de mes factures dans ma déclaration d'impôts», explique Sophie.

«Les travailleurs autonomes ne sont pas particulièrement malhonnêtes, mais il ne faut pas oublier que la fraude fiscale et les avantages sociaux sont les deux faces d'une même médaille : on parle beaucoup de la première mais peu de la deuxième», regrette Martine d'Amours, sociologue et codirectrice du Groupe de recherche sur les transformations du travail, des âges et des politiques sociales de l'INRS. Lorsque des revenus donnent droit à des indemnisations, il semble logique de les déclarer. Après tout, plus on déclare, plus on récolte de chômage, du moins quand on est salarié. Le choix est moins évident quand une déclaration se résume à payer des impôts et à ne pas nécessairement être admissible aux indemnisations, comme l'assurance-emploi ou la CSST, auxquelles les salariés ont droit.

«Les jeunes se demandent pourquoi ils paient des impôts alors qu'il n'y a plus d'emplois à vie dans la fonction publique, que les soins de santé universels sont remis en question et que le régime des prêts et bourses est de moins en moins généreux.»
- Jacques hamel, professeur, université de montréal



  • Le travail au noir
  • Impôts à deux vitesses
  • Souterrain vague



  • carnet web
     
    Accueil Jobboom
     

     


    Commentaires: lemagazine@jobboom.com
    Copyright 1996-2006 Canoë inc., Tous droits réservés
    Jobboom est une division de Canoë inc.