accueil-jobboom accueil-jobboomecrivez-nous
à la uneextraitscarnet webarchivesressources
on sait ce que l'avenir vous réserve

présentation du magazine

 
tarifs publicitaires


emplois général
emplois comptabilité / finances
emplois génie
emplois soutien administratif
emplois technologies de l'information
emplois ventes / service à la clientèle
Votre carrière

retour au sommaire

  [Formation | Emploi]

De réels progrès, mais...
L'économiste Diane Bellemare, vice-présidente à la recherche au Conseil du patronat (elle a dirigé pendant trois ans la défunte Société québécoise de développement de la main-d'oeuvre), se demande elle aussi pourquoi la formation continue chemine si laborieusement au Québec. Ce serait une question d'histoire, entre autres, croit-elle.

«Au Québec, on a longtemps dévalorisé la formation donnée en entreprise et on a plutôt choisi de favoriser la formation donnée par les établissements d'enseignement», dit-elle. Le gouvernement des dernières décennies n'en a pas fait une priorité pour autant. En faisant le choix des écoles, la province a voulu protéger ses compétences en matière d'éducation face à "l'invasion" du gouvernement fédéral dans le domaine. Le milieu de l'éducation a ainsi réussi à monopoliser la formation professionnelle. Pendant ce temps, dans de nombreux pays et dans certaines provinces canadiennes, on continuait à faire de la formation en entreprise. La culture de la formation en entreprise s'est donc perdue ici au fil des années et une dépendance envers le milieu scolaire s'est créée.»

Un sérieux virage a toutefois été pris il y a une vingtaine d'années. «On s'est alors rendu compte qu'il fallait faire de la formation en entreprise, mais, entre-temps, on a perdu trente ans d'expertise, souligne Diane Bellemare. Résultat : les entreprises n'ont pas de culture de formation et le milieu de l'éducation a toujours la mainmise sur la formation professionnelle. Tout est à bâtir.»

En 1995, l'instauration de la Loi favorisant le développement de la formation de la main-d'oeuvre, ou loi du 1 % (qui oblige les entreprises dont la masse salariale est de 250 000 $ ou plus à investir annuellement 1 % de cette somme dans la formation), a donné des ailes à la formation continue. Mais le gouvernement a assoupli cette loi en janvier 2004 en soustrayant de leur obligation les entreprises dont la masse salariale est inférieure à un million, déplore Paul Bélanger. Bien qu'officiellement le gouvernement Charest ait plutôt invoqué l'inefficacité de la mesure législative, cette décision visait à répondre aux doléances des PME et du Conseil du patronat, estime-t-il. Selon Diane Bellemare, la loi du 1 % a surtout entraîné une bureaucratie gouvernementale qui alourdit le travail des PME. «Toutes les énergies étaient mises dans l'application de la loi et non dans le développement d'une stratégie de formation continue.»

Et si le difficile décollage de la formation continue prenait source chez les travailleurs, peu motivés à suivre des cours ou manquant de temps? Plusieurs spécialistes n'y croient pas. «Les besoins existent, c'est plutôt le soutien financier et l'offre qui sont déficients et incomplets», dit Paul Bélanger. De plus, l'offre de formation ne cible qu'une partie des travailleurs, poursuit-il. «La majorité de la formation subventionnée est offerte aux chômeurs et aux salariés. Il n'y a presque rien pour les personnes non incluses dans ces catégories, comme les travailleurs autonomes.» Enfin, des travailleurs sont pénalisés s'ils étudient à temps partiel. «Dans les cégeps, la formation à temps partiel est payante alors que la formation à temps complet est gratuite, affirme Paul Bélanger. C'est un non-sens.»

Tout n'est pas noir au royaume de l'éducation des adultes, loin de là. Depuis l'adoption de la loi du 1 %, «de réels progrès ont été accomplis du côté des entreprises dont la masse salariale est de un demi à un million de dollars, remarque Paul Bélanger. Plusieurs de ces entreprises ont embauché un spécialiste pour planifier la formation et ont haussé leurs budgets à ce chapitre. De plus, certaines grandes entreprises (dont la masse salariale est supérieure à un million de dollars) qui ne faisaient toujours pas de formation se sont mises à y investir du temps et de l'argent.»

Chez Emploi-Québec, on travaille d'ailleurs à soutenir la création de services de ressources humaines dans les PME et à les structurer. «Une fois ces services créés, il sera plus facile pour ces entreprises de développer des activités de formation continue, souhaite Johanne Bourassa, directrice des mesures et services à Emploi-Québec. Afin de permettre aux PME de faire de la formation sans complications et à peu de frais, le Fonds national de formation de la main-d'oeuvre (qui relève de la Commission des partenaires du marché du travail, un forum québécois de concertation pour l'emploi) a aussi créé en 2002 11 projets pilotes de mutuelles de formation. Ces mutuelles oeuvrent dans des domaines aussi variés que le tourisme, le secteur des librairies et le plastique.




  • Formation discontinue
  • Des milliards, mais pas de miracles
  • La formation quoi?
  • Pour que ça clique!



  • carnet web
     
    Accueil Jobboom
     

     


    Commentaires: lemagazine@jobboom.com
    Copyright 1996-2006 Canoë inc., Tous droits réservés
    Jobboom est une division de Canoë inc.