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  [Formation | Emploi]
Camionneurs recherchés
Plus qu'une bonne conduite

Traditionnellement, le métier de camionneur était ouvert à tous. Il suffisait de posséder un permis de conduire valide. Aujourd'hui, les employeurs sont plus exigeants et peinent à recruter. La solution passe par la formation.

Le métier de conducteur de camion est l'occupation rémunérée la plus répandue chez les Canadiens de sexe masculin, selon le dernier recensement (2001), avec 263 000 personnes. Et l'industrie est en constante expansion. En principe, conduire un camion de marchandise est à la portée du premier venu qui possède un permis de conduire valide (de classe 1 ou 3). Il n'y a pas de formation obligatoire, ni de réglementation ou d'association professionnelle qui impose des barrières à l'entrée.

Pourtant, selon le Comité sectoriel de main-d'oeuvre de l'industrie du transport routier au Québec (Camo-route), quelque 3 870 conducteurs de camion devront être embauchés entre août 2004 et août 2005 pour répondre aux nouveaux besoins et faire face aux départs à la retraite. Le manque de conducteurs serait particulièrement criant dans le transport longue distance. Plus de 78 % des

entreprises spécialisées dans le transport outre-frontière ont déclaré des difficultés à recruter.

Malgré ces perspectives alléchantes, les débutants arrivent difficilement à se trouver du travail. Qu'est-ce qui cloche?

«La quantité de chauffeurs est là, c'est la qualité qui manque, explique Marc Lamontagne, conseiller en planification de carrières à l'École du routier professionnel du Québec. Les compagnies de transport exigent toujours deux ans d'expérience ou de 400 à 600 heures de conduite, mais les candidats ne veulent pas tous obtenir un diplôme d'études professionnelles (DEP).» À l'École du routier, le DEP en conduite de camion dure 31 semaines, à temps plein, et permet justement d'accumuler ces précieuses heures d'expérience au volant.

Selon Camo-route, seulement 41,1 % des routiers ont reçu une formation avant d'obtenir leur permis de conduire. «Ceux qui n'ont suivi qu'un cours de conduite de base se cognent le nez sur des compagnies de transport qui leur disent : "Un camion, ça vaut 200 000 $. On ne veut pas mettre n'importe qui au volant"», affirme Marc Lamontagne. Selon lui, les entreprises ont raison. Les candidats devraient tous obtenir un DEP. C'est 180 heures de théorie et l'équivalent de deux années d'expérience sur le marché du travail.

Dans l'industrie, les difficultés de recrutement ne se limitent pas aux conducteurs. Les entreprises ont du mal à embaucher des mécaniciens d'équipement lourd qui se chargent de la prévention, de la réparation et de l'entretien des camions. Des répartiteurs, qui assurent le lien entre l'entreprise, les conducteurs de camion et les clients, sont aussi recherchés. L'industrie emploie également des spécialistes en logistique du transport (réception, expédition, entreposage, emballage, distribution, etc.), des manutentionnaires et du personnel administratif. (J-S.M.)


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