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  [Formation | Emploi]

Conditions difficiles
Les Véronneau jouiraient d'un bonheur parfait si ce n'était des conditions de travail à la baisse, déplorent-ils. «J'aime toujours le camionnage, mais ce n'est plus comme c'était, confesse Jean-Claude. Je ne dis pas qu'on était mieux traités avant, mais on avait moins de contraintes. Ce qui manque, aujourd'hui, c'est le respect envers les camionneurs.»

Selon lui, l'allongement des heures de travail (voir le texte Conflits d'horaires) et l'alourdissement des tâches rendent la vie du camionneur plus difficile. Un exemple : «Dans le domaine de l'alimentation, le chauffeur doit maintenant décharger lui-même tout le stock qui est dans sa van, déplore Jean-Claude. Avant, ce n'était pas à nous de faire ça. S'il y a quatre ou cinq sortes de produits alimentaires dans un même chargement, il faut maintenant les démêler et les placer dans l'entrepôt pour que la compagnie puisse vérifier la cargaison.»

«Il y a 30 ans, ce n'était pas le même stress, ajoute Micheline. Aujourd'hui, les camionneurs font des burnouts, ils sont épuisés.»

Le comble, selon les Véronneau, demeure le manque de civisme sur les routes québécoises. «Des automobilistes partent de la troisième voie pour venir sur la première. Ils nous coupent pour prendre une sortie d'autoroute, dénonce Micheline. Un camion, ça ne peut pas s'arrêter sur un dix cennes, surtout quand il traîne 80 000 livres de marchandises.»

Malgré les hauts et les bas de la vie de routier, l'attrait des périples à deux et en «18 roues» demeure intact. Le camionnage, c'est une passion qui remonte souvent à l'enfance. Benoit, par exemple, a grandi avec un oncle camionneur qui l'a initié à la mécanique de véhicules lourds. Jean-Claude, pour sa part, évoque sa «maladie de la route» : «Je ne suis pas capable de travailler dans une shop, entre quatre murs.»

Et qui prend mari prend pays, même s'il y en a plusieurs. Des pays, s'entend...




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