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  [Formation | Emploi]

En symbiose
Le nombre de couples au volant de mastodontes routiers est inconnu. Mais le phénomène ne passe pas pour autant inaperçu. «Il y a plusieurs couples au Centre, observe Mélanie Labelle, conseillère en formation et adjointe à la direction du CFEL. Souvent, c'est un camionneur d'expérience qui a suggéré à sa femme de suivre le cours pour qu'elle puisse l'aider dans son métier.

«Il y a de plus en plus de couples sur les routes parce que les gens se rendent compte qu'il n'y a pas que la maison et la famille. Ils veulent être ensemble mais voir autre chose que leur petit patelin, avance Mélanie Labelle. S'ils sont capables de s'endurer 24 heures sur 24, pourquoi pas?»

Outre une vie de couple très intense, les camionneurs amoureux réalisent d'intéressants gains financiers, car ils cumulent deux paies sans devoir assumer de dépenses supplémentaires. Ils peuvent aussi rouler plus longtemps sans contrevenir à la réglementation fédérale sur le camionnage, qui impose des journées de 15 heures : 13 heures sur la route et 2 heures en service, c'est-à-dire en disponibilité (voir le texte Conflits d'horaires). Ils peuvent donc faire davantage de livraisons, et ainsi presque doubler les revenus. C'est d'autant plus intéressant lorsque le camionneur est propriétaire de son véhicule, qui est alors rentabilisé plus facilement.

«À deux, on n'est jamais over dans son temps, on a toujours du temps libre pour rouler, explique Benoit Foucault. Et quand l'un est fatigué, l'autre peut prendre la relève.»

lorsqu'ils avalent les kilomètres sur les autoroutes du continent, les routiers n'ont pas le sentiment de bosser, mais bien de voyager. Leur labeur est ailleurs...
La clé du succès : complicité et complémentarité des deux partenaires. Benoit, par exemple, confiait la paperasse à sa compagne. «Moi, les papiers, je n'aime pas ça, je ne suis pas très à l'ordre... Elle mettait de l'ordre là-dedans. On se complétait bien.»

«Avant qu'Annie ait son permis de conduire, j'ai fait des voyages avec d'autres conducteurs, mais ça ne fonctionnait pas, se remémore Jean-Guy. Tu veux arrêter pour prendre une douche, l'autre veut pas... Tu veux manger dans le camion, l'autre veut aller au restaurant... Ça devenait contraignant.

«Dans un camion, il faut avoir les mêmes habitudes, les mêmes idées, il faut penser pareil, poursuit-il. Autrement, c'est sûr que ça va accrocher. On vit dans une "boîte" toute la journée, on n'a pas d'espace, on ne peut pas se sauver. Si on veut bouder, on n'a pas loin où aller!»

Il doit bien exister des désavantages au travail en couple, non? «Je ne vois que des avantages, répond Jean-Guy. On s'entend tellement bien, dit-il. Depuis qu'on fait du camionnage, on ne s'est jamais chicané.»




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