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  [Formation | Emploi]
Des retraités employés de commerces
La matière grise

par Léa Roboam

Le commerce de détail engage de plus en plus de retraités. Leur disponibilité et leur expérience diversifiée, même celle acquise pendant la pratique d'un hobby, deviennent des atouts pour les commerçants.

La retraite, cela se prépare, nous rappellent sans cesse banquiers et assureurs. Or, des employés qui ont atteint ou dépassé l'âge de la retraite se retrouvent de plus en plus comme vendeurs dans les magasins. Est-ce à dire qu'ils ont raté la planification de leur retraite? Pas nécessairement.

Parmi les retraités qui choisissent de reprendre le tablier, deux catégories se distinguent : ceux qui préfèrent travailler à temps partiel plutôt que de s'ennuyer à la maison et ceux qui, faute de revenus suffisants, ont besoin d'un emploi pour joindre les deux bouts.

Dans les deux cas, ils doivent se soumettre aux horaires de l'industrie. Libérés des obligations familiales, sans jeunes enfants à la maison, sont-ils plus «souples» que leurs cadets pour accepter des rotations difficiles? «Pas toujours, répond Daniel Beaupré, Ph. D. en gestion et professeur à l'Université du Québec à Montréal. Les retraités ne sont pas prêts à tout, surtout si leurs besoins financiers ne sont pas criants.»

Cependant, les retraités comblent plusieurs cases dans l'horaire, surtout là où les étudiants sont moins disponibles. «Les retraités, plus libres, peuvent combler des trous pendant la semaine, alors que les étudiants sont en cours», dit Martine Langlois, directrice de la Fédération de l'âge d'or du Québec, Mouvement des aînés du Québec.

Des employeurs voient d'un très bon oeil cette main-d'oeuvre d'aînés motivés et qualifiés, intéressés par ce qu'ils vendent.
Ainsi, les retraités ne constituent pas une main-d'oeuvre concurrente à celle des étudiants dans la lutte pour les emplois du commerce de détail. «Il existe beaucoup d'emplois à temps partiel, qui offrent de 15 à 20 heures de travail par semaine. Il y a de la place pour tout le monde», affirme Patricia Lapierre, directrice générale du Comité sectoriel de main-d'oeuvre du commerce de détail.

De toute façon, la nature de l'offre d'emploi guide d'ailleurs l'âge du personnel recherché. «Dans certains secteurs, comme dans la vente de vêtements pour jeunes, les retraités ne sont pas à leur place», illustre Patricia Lapierre.

Des employeurs voient d'un très bon oeil cette main-d'oeuvre d'aînés motivés et qualifiés, intéressés par ce qu'ils vendent. «Certains de nos membres commerçants se penchent même sur des solutions pour faciliter l'entrée d'une main-d'oeuvre en deuxième carrière, rapporte Patricia Lapierre. Le commerce de détail est un bon secteur pour les personnes d'expérience, car elles peuvent choisir de vendre un produit qui les passionne. Un plombier qui aura exercé ce métier pendant des années sera tout à fait à sa place dans une quincaillerie pour conseiller le client.»

Home Depot développe actuellement une politique de recrutement ouverte aux personnes d'expérience ayant des habiletés en rénovation. Les commerces accueillant des personnes âgées doivent cependant envisager des mesures qui tiennent compte des limites de ces employés, physiques notamment. Le Comité sectoriel a créé un groupe de travail pour étudier cette question.

Car, s'ils souhaitent rester actifs, les retraités ne veulent surtout pas se tuer à la tâche!


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