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  [Formation | Emploi]

Noël au printemps
La très forte saisonnalité du commerce de détail est un autre facteur qui gêne la gestion des horaires. Entre les fêtes, qui génèrent un important surcroît de travail, et des périodes plus creuses en hiver, puis une nouvelle accélération en été, le commerce de détail répond à son propre calendrier.

Pendant les mois de novembre et décembre, toujours très occupés, prolonger les heures d'ouverture s'impose, mais pendant la période plus calme de janvier à avril, cela paraît moins justifié. Sauf pour certains sous-secteurs spécialisés qui vivent leur boum de Noël au printemps, comme la quincaillerie-rénovation ou l'automobile.

Plus grande est l'entreprise et plus il y a d'employés, meilleures seront les possibilités d'accommoder les horaires entre tous les membres du personnel.
Difficile dès lors de savoir qui doit rester ouvert tard et pour vendre quoi. Dans la loi qui régit les heures d'ouverture des commerces, en vigueur depuis 1992, après d'âpres débats, rien n'interdit les pratiques de Cadillac Fairview et d'Ivanohé Cambridge. Cependant, Daniel Beaupré souhaiterait que la loi soit revue, après une étude approfondie de ses impacts. Gaston Lafleur, du CQCD, prône plutôt le statu quo, considérant que la loi actuelle est un «moindre mal», qu'elle permet suffisamment de souplesse, vu la disparité des situations, selon les types de commerces et leur taille, les régions, etc.

Une affaire de coûts
Si la direction de la Maison Simons s'inquiétait pour le bien-être de ses employés, elle avait certainement aussi en tête l'impact négatif sur les finances de l'entreprise qu'impose un prolongement des heures d'ouverture.

En effet, pour les commerçants, plus d'heures d'ouverture, ça signifie plus de dépenses incompressibles. Outre l'embauche de personnel supplémentaire, l'allongement des horaires implique un accroissement des frais de fonctionnement comme l'électricité, dont la facture augmente avec les heures d'exploitation du magasin. Si les horaires prolongés n'entraînent pas de ventes supplémentaires, l'entreprise y perd nettement au change.

«Pour la plupart des détaillants, les impacts bénéfiques des heures d'ouverture prolongées ne se sont pas matérialisés, reconnaît Gaston Lafleur. Mais la question est fort complexe. Par exemple, on sait que les mégacentres ont un succès relatif avec ces horaires-là.»

En effet, aucune étude n'établit qu'il existe une clientèle assez nombreuse pour magasiner à ces périodes et qu'elle est dotée d'un pouvoir d'achat aussi élastique que les heures d'ouverture des magasins!

Daniel Beaupré jure que les horaires à rallonge dans les commerces n'ont pas lieu d'être. «Au Québec, le bassin de population est de 5 à 7 millions de personnes, contre 5 à 10 millions pour une région semblable aux États-Unis. Là-bas, cela peut être rentable, mais ici, la densité de population ne permet pas de compenser les coûts. Et puis, culturellement, notre mode de vie est moins effréné, le cocooning prend de l'ampleur, les gens aiment rester chez eux le lundi soir et se louer un film. Je comprends que le club vidéo reste ouvert jusqu'à minuit, mais l'épicier...»

Le client a-t-il toujours raison?




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