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  [Formation | Emploi]

Concilier travail et famille
Si certains commerces perdent en profitabilité à cause des heures d'ouverture prolongées, ce sont d'abord les employés qui casquent lorsque le magasin ne ferme plus.

«En matière de gestion des ressources humaines, harmoniser la vie privée avec les exigences du service à la clientèle devient un peu plus complexe», résume Charles Durand.

Car, pour les employés, travailler le soir et les fins de semaine ne favorise pas la vie de famille. Quand on sait que la main-d'oeuvre dans le commerce de détail est très largement féminine, on mesure l'importance de la conciliation travail-famille et son impact sur la gestion du personnel. «Travailler le soir, encore faut-il pouvoir se le permettre, fait observer Daniel Beaupré. Si les employés doivent payer une gardienne pour s'occuper des enfants pendant qu'ils travaillent, le coût supplémentaire que cela engendre sera-t-il couvert par leur salaire?»

«Je ne vois mes enfants que lorsque je m'accorde une demi-journée de congé», raconte Eloy Malpica, gérant d'un dépanneur ouvert tous les jours de 7 heures à 23 heures. «Quant aux vacances, impossible d'en prendre!» Et même s'il peut se faire remplacer au besoin, Eloy, qui travaille de 7 heures à 15 heures ou de 15 heures à 23 heures selon le jour, regrette de ne pas pouvoir passer plus de temps avec sa famille.

Le respect de la vie de famille était aussi au centre du conflit à la Société des Alcools du Québec (SAQ). Éric Forget, délégué régional de Montréal pour le Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ), rappelle que, par cette grève, les employés de la SAQ voulaient défendre les acquis et trouver une meilleure conciliation travail-famille. «Actuellement, les membres du personnel à temps plein travaillent du jeudi au lundi et du mercredi au dimanche. Ils ne voient jamais leur famille la fin de semaine.»

«Les gens sont contraints à faire plus d'heures et ceux qui ne peuvent pas assumer ce rythme sont forcés de quitter leur poste.»
- Daniel Beaupré, Université du Québec à Montréal
HEURES D'OUVERTURE
LUNDI DE 9 H À 9 H
MARDI DE 9 H À 9 H
MERCREDI DE 9 H À 9 H
JEUDI DE 9 H À 9 H
VENDREDI DE 9 H À 9 H
SAMEDI DE 9 H À 5 H
DIMANCHE DE 9 H À 5 H


Le syndicat souhaitait une réorganisation des journées du lundi au vendredi, du mardi au samedi et du dimanche au jeudi qui règlerait le problème de l'employeur et permettrait aux employés d'avoir des congés durant la fin de semaine. À la fin du conflit, ce qu'a plutôt obtenu le syndicat, c'est l'abolition par attrition des postes de fin de semaine pour les employés à temps plein. Éric Forget affirme que la SAQ n'est pas le seul employeur concerné. Il constate une dégradation générale des conditions de travail dans le commerce de détail à cause des horaires de plus en plus contraignants pour les employés. «Je veux bien admettre que les ventes se font les fins de semaine, mais il y a des limites. Nous avons droit à une qualité de vie, nous ne sommes pas des machines!»

Les employés du commerce sont-ils condamnés à choisir entre vie privée et vie professionnelle? Chose certaine, plus l'entreprise est grande et plus elle a d'employés, meilleures seront les possibilités d'accommoder les horaires entre tous les membres du personnel.

Dominic Desmarais a été emballeur dans une grosse épicerie à Sherbrooke pendant ses études. Il se souvient que, parce que les employés étaient nombreux et tous étudiants, beaucoup de flexibilité était possible. «Nous nous organisions entre nous selon les besoins et possibilités de chacun.»

«Dans les grandes chaînes, les plages horaires sont assez flexibles pour assurer un dimanche ou un samedi aux deux semaines, confirme Gaston Lafleur, président-directeur général du Comité québécois du commerce de détail (CQCD). Le défi de la conciliation travail-famille ne concerne pas que le commerce de détail. C'est vrai aussi pour les hôpitaux, la restauration, les services de santé, les cinémas et même les bureaux.»




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  • La matière grise
  • Les métiers du commerce de détail



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