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  [Formation | Emploi]
Les heures d'ouverture des commerces
Une journée de 25 heures

par Léa Roboam

Les horaires d'ouverture des commerces sont devenus un véritable casse-tête pour les commerçants comme pour les employés. Travailler de plus en plus d'heures? Ceux qui sont en faveur répondent que le client est roi, ceux qui s'y opposent font valoir qu'il y a des limites. Un sujet épineux.

Tout commerçant le sait : pour prospérer et réussir dans le milieu, il ne faut pas compter ses heures. Service à la clientèle oblige, le commerce de détail impose de travailler quand le client ne travaille plus.

Mais la vague des grandes surfaces, qui affichent des horaires élargis, et le nombre croissant de commerces ouverts 24 heures, poussent le concept des heures d'ouverture vers de nouveaux sommets.

Le débat à ce sujet - qui refait surface épisodiquement depuis des temps immémoriaux - s'est cristallisé l'an dernier. En août, le groupe Cadillac Fairview soulevait un tollé en imposant aux locataires de ses centres commerciaux des horaires étendus à 21 heures les lundis, mardis et mercredis soir (et non plus seulement les jeudis et vendredis) et une ouverture le dimanche dès 10 heures jusqu'à 18 heures.

«En matière de gestion des ressources humaines, harmoniser la vie privée avec les exigences du service à la clientèle devient un peu plus complexe.»
- Charles Durand, vice-président des opérations, maison Simons
Un autre géant des centres commerciaux, Ivanhoé Cambridge - qui appartient à 100 % aux contribuables québécois par la Caisse de dépôt et placement -, emboîtait le pas à peu près au même moment pour ensuite revenir, partiellement, sur sa décision. Aujourd'hui, Cadillac Fairview maintient ses nouveaux horaires et se félicite des retombées «très positives» de sa politique, affirme Agnès Velenosi, directrice du marketing régional, qui ajoute toutefois que le groupe ne souhaite pas faire d'autres commentaires sur la question... Le débat serait-il clos?

Pas aux yeux des commerçants et des employés! Charles Durand, vice-président des opérations au sein de la Maison Simons, explique pourquoi son groupe s'oppose à la décision de Cadillac Fairview. «Si nous reconnaissons qu'il y a un certain besoin du marché [quant aux heures d'ouverture prolongées], ce besoin n'est pas encore clairement identifié. Par ailleurs, nous avons à coeur le bien-être de nos employés. Nous avons donc estimé que ce n'était pas une démarche profitable pour l'entreprise.»

«Les horaires représentent une nouvelle forme d'imposition, croit Daniel Beaupré, Ph. D. en gestion et professeur à l'Université du Québec à Montréal. Les gens sont contraints à faire plus d'heures et ceux qui ne peuvent pas assumer ce rythme sont forcés de quitter leur poste... Pour ceux qui acceptent ces horaires élargis, travailler le soir veut dire fermer la caisse, équilibrer les chiffres. Cela représente plus de stress pour l'employé. Passer de vendeur à gérant n'est pas à la portée de tout le monde. Cela ne fait que complexifier la gestion des ressources humaines.»




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  • La matière grise
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