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[À la une]
Le vol
Généralement, les travailleurs coupables de petits larcins ne cherchent qu'à satisfaire un désir personnel, à combler un besoin de gourmandise, de luxe...
Anne-Marie a occupé un emploi de pâtissière pendant ses années d'études. «J'abîmais délibérément des pâtisseries pour qu'elles prennent le chemin du plateau des desserts invendables, où les employés pouvaient se servir en cas de gourmandise. J'ai fait ça une fois ou deux», révèle-t-elle. Et comment abîme-t-on une pâtisserie? «En mettant son doigt dessus. Il faut faire un petit trou.»
Isabelle a travaillé comme animatrice culturelle dans une ferme ouverte au public. «Mon problème, c'est mon rapport à l'argent : je suis souvent alléchée quand j'en vois, reconnaît-elle. En plus, je suis étudiante et j'en ai vraiment besoin. L'été dernier, pour un spectacle, les propriétaires nous avaient laissé la caisse. Ils ne comptaient pas l'argent. Des fois, on modifiait des factures et on se mettait un billet de 20 $ dans les poches, par exemple.
«On a aussi détruit des billets de spectacle, déclare Isabelle. Supposons qu'à la fin de la journée, on avait vendu 75 billets. On déclarait 50 billets vendus. Les autres, on les détruisait et on gardait l'argent. C'est une des choses les plus croches que j'aie faites de ma vie!»
Louise, consultante, a occupé il y a quelques années un poste de gestionnaire dans une entreprise de haute technologie. «À chaque rentrée scolaire, c'était la même chose : crayons et ciseaux disparaissaient avec tout ce qui ressemblait à des fournitures scolaires, se remémore-t-elle. À Noël, c'était plutôt le ruban adhésif et tout ce qui est utile pour emballer des cadeaux! Les vols allaient même jusqu'aux rouleaux de papier hygiénique, soit les gros rouleaux destinés aux machines distributrices! On se retrouvait dans une situation où il fallait tout mettre sous clé. C'était un peu désagréable.»
La rapine est une plaie dans certains milieux. Les hôpitaux, notamment. Juliette, infirmière récemment retraitée, subtilisait allègrement des médicaments sans ordonnance (Tylenol, Gravol, etc.), des pansements, des compresses... «L'autre jour, j'avais besoin de pansements. J'ai demandé à une collègue de l'hôpital de m'en apporter à la maison», dévoile-t-elle sans repentir.
Dans l'entreprise que Louise gérait, il n'était pas rare que de menues sommes d'argent disparaissent de la petite caisse, à la réception. «Il y avait aussi des vols dans les sacs à main des employées, des vols d'argent, de cigarettes et même de souliers», se souvient la professionnelle, qui souligne que l'entreprise fermait les yeux sur ces écarts.
Un jour, un cambriolage plus imposant a cependant obligé l'employeur à réagir. «J'avais engagé une jeune femme qui travaillait dans un endroit fermé à clé où il y avait des ordinateurs, raconte Louise. Un midi, elle s'était fait dérober une somme rondelette dans son sac à main, 200 $ et quelques. Nous avons dû confronter les cinq ou six employés qui avaient accès à cet espace de travail. Ils ont tous nié.» Le coupable n'a jamais été démasqué.
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