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[À la une]
La procrastination
De l'utilisation d'Internet à des fins personnelles à la tentation de la paresse intégrale, il n'y a qu'un pas.
Vanessa est bibliothécaire. Dans une des institutions où elle a travaillé, elle a succombé à la tentation de lire de longs passages des livres à cataloguer, des ouvrages qui ne devaient rester que quelques minutes entre ses mains.
«Je devais effectuer un traitement bibliographique correspondant à un format, à des normes de description, mettre une cote, parfois traduire en français un traitement qui a déjà été fait en anglais, etc., décrit-elle. J'étais supposée en faire plusieurs dans une journée, je ne devais pas perdre mon temps. Des fois, je tombais sur des livres tellement intéressants que je me mettais à les lire!»
Une description de tâches floue peut encourager la fainéantise. Par exemple, dans un autre de ses emplois en bibliothèque, Vanessa a été laissée à elle-même. «Mon travail n'était pas bien défini, je n'avais pas de directives, d'objectifs, d'évaluations. Je m'ennuyais. J'écrivais des courriels à mes amis. J'aurais pu faire ça toute la journée et je ne crois pas que bien du monde s'en serait aperçu. Garder sa motivation et son professionnalisme dans un contexte comme celui-là, c'était difficile.»
Remettre à plus tard le travail de ce jour est un comportement fréquemment cité par nos témoins. Marie-Soleil a bossé au service de marketing d'une entreprise d'édition. «J'étais très bonne pour remettre les choses au lendemain, dit-elle. Mais je m'arrangeais toujours pour respecter les délais imposés.» En apportant du travail à la maison, par exemple? «Oui... Faut vraiment être niaiseuse!» lance-t-elle en riant d'elle-même.
Julie, ex-employée d'une entreprise de sondages, a osé simuler la productivité. «Je composais le numéro de poste d'un collègue à quelques chaises de moi et on causait longuement en donnant l'apparence d'être en train de sonder. J'ai fait ça plusieurs fois.»
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