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Le temps des aveux
Les sept péchés du travailleur

recherche et rédaction : Jean-Sébastien Marsan
coordination : Martine Roux / photos : Luc Lavergne / illustrations : Kevin Durocher

Rares sont ceux qui n'ont pas, ne serait-ce qu'une seule petite fois, fait entorse à l'éthique de la vie au travail, voire au simple savoir-vivre. Tournée des faiblesses ou des bassesses les plus fréquentes en milieu de travail.

Voler des rouleaux de papier hygiénique. Écrire des courriels intimes. Subtiliser quelques dollars. Plancher sur des projets personnels. Qui n'a jamais commis une petite lâcheté en entreprise?

«Comportements de déviance organisationnelle», disent les spécialistes de la psychologie du travail. En langage profane, appelons cela des péchés, puisque rares sont ceux qui peuvent dormir sur leurs deux oreilles après avoir fraudé le patron ou trahi un collègue. S'il existe un enfer pour les travailleurs, ses flammes brûlent pour tous ceux qui ont commis un jour l'irréparable.

À la demande du magazine Jobboom, des travailleurs délinquants - d'un jour ou de toujours - ont accepté de libérer leur conscience. Évidemment, ils dévoilent leurs travers sous le couvert de l'anonymat : tous les prénoms sont fictifs et les entreprises ne sont pas identifiées. Notre classement en «sept péchés» n'a aucune prétention scientifique... ou morale. Après avoir nettoyé nos oreilles et trié les friponneries en tous genres, nous avons rassemblé les «entorses» les plus courantes. Les voici.

La cyberdépendance
Dans les milieux de travail, l'utilisation d'Internet à des fins personnelles est monnaie courante. Ce vice est confessé par la majorité des travailleurs sondés pour ce dossier.

Certains sont carrément accros. Sophie, employée dans une centrale syndicale, amorce chaque journée de travail par une séance de correspondance personnelle d'une demi-heure, voire 45 minutes. «Quand j'arrive le matin au travail, c'est la première chose que je fais, je ne vais même pas faire pipi. Je me garroche sur mon ordi pour voir si j'ai des mails!

«C'est obsessionnel, ça ressemble presque à une toxicomanie, avoue-t-elle. Je n'ai pas Internet à la maison pour ne pas devenir compulsive.»

Au travail, Sophie répond systématiquement à ses courriels personnels. «J'ai l'impression que c'est une forme de dépendance affective reportée sur les relations par courriel. Comme si j'avais tout le temps besoin d'être en lien avec le monde. Ce n'est pas très heureux comme constat...»

La jeune femme n'a jamais été inquiétée par ses supérieurs. «Tant que je fais ce que je dois faire dans les temps voulus, que je ne mets personne dans le trouble, ça va. Mais je suis consciente que l'utilisation du e-mail au travail, c'est du temps que je ne donne pas à l'employeur, c'est du vol.»




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