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Si les entreprises environnementales sont aujourd'hui reconnues pour leur savoir-faire, elles ont traversé le désert au cours de la dernière décennie. Entre 1995 et 2000, les gouvernements provincial et fédéral ont procédé à d'importantes mises à pied. Les deux ministères de l'Environnement, par exemple, ont réduit leurs budgets de 40 % en 1996, rappelle Robert Ouellet, directeur général du Comité sectoriel de main-d'oeuvre de l'environnement (CSMOE). «Mais depuis 2001, les gouvernements ont adopté différents règlements, entre autres sur le plan des matières résiduelles, de l'eau et de la décontamination des sols, ce qui a eu un effet positif sur la croissance des entreprises.»

Aujourd'hui, l'industrie de l'environnement bénéficie de perspectives favorables. À l'échelle mondiale, elle croît de 12 % dans les pays en émergence (comme la Chine ou le Mexique) et de 15 % dans les pays en développement (comme la plupart des pays d'Afrique ou d'Amérique latine), indique le rapport La filière industrielle de l'environnement au Québec, publié par le ministère du Développement économique et régional, en 2003. Au Québec, les domaines qui devraient connaître la plus forte croissance au cours des prochaines années sont ceux de la gestion de l'eau et des matières résiduelles. La gestion des sols contaminés et de la qualité de l'air, de même que les énergies vertes (comme l'éolien et le solaire), devraient aussi se développer avec force, selon les prévisions gouvernementales.

Les progrès et la croissance de l'industrie sont surtout attribuables à une prise de conscience à la fois dans la population et auprès des autorités.
L'industrie québécoise se démarque entre autres dans les domaines des services d'analyse environnementale et du génie-conseil, notamment grâce à des entreprises reconnues mondialement, telles les sociétés d'ingénierie SNC-Lavalin et Dessau-Soprin. Elle est aussi réputée pour son expertise dans l'évaluation des impacts environnementaux et dans le traitement des eaux, des matières résiduelles et des sols contaminés.

Comme elle doit composer avec des réglementations gouvernementales comptant parmi les plus sévères au monde, entre autres en matière de traitement des eaux et des sols, l'industrie québécoise s'est développée solidement sur les plans technologique et humain. Aussi est-elle très bien perçue à l'échelle mondiale. «Il reste quand même beaucoup de travail à faire», souligne Emmanuelle Landry, directrice des communications chez GSI Environnement, une entreprise sherbrookoise spécialisée en gestion des matières résiduelles (de la collecte de résidus à la mise en marché d'écoproduits) et en réhabilitation de sites contaminés. «Par exemple, le gouvernement du Québec a fixé un objectif de gestion de 60 % des matières résiduelles (récupération et traitement) pour 2008, et nous ne gérons que 40 % de ces matières actuellement. Le potentiel de développement est donc énorme.»

Les progrès et la croissance de l'industrie sont surtout attribuables à une prise de conscience à la fois dans la population et auprès des autorités, estime Michel Montpetit, directeur du Centre universitaire de formation en environnement de l'Université de Sherbrooke, un des établissements à offrir de la formation dans ce domaine. Les entreprises de tous les secteurs se préoccupent aussi de plus en plus des questions environnementales, remarque-t-il. «On constate d'ailleurs une tendance très forte, dans le secteur industriel, à embaucher des professionnels de l'environnement, indépendamment des réglementations que les entreprises doivent respecter.»

Enviro-Accès, un organisme québécois qui soutient les entreprises et les projets innovateurs pouvant contribuer à l'amélioration de la qualité de l'environnement et au développement durable, est un témoin privilégié de ce phénomène de conscientisation. «Par nos interventions, nous amenons les entreprises à réaliser qu'elles peuvent effectuer des économies en prévenant la pollution ou en réduisant leur consommation d'énergie et de ressources naturelles, explique Manon Laporte, présidente et directrice générale. Cela a des répercussions sur l'emploi dans tous les secteurs de l'activité économique. Par exemple, en 2002-2003, les mesures environnementales implantées dans 109 entreprises ont permis la création de 240 nouveaux emplois dans différents secteurs.»




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