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  [Formation | Emploi]
Trois rivières, deux courants

La Mauricie est une région privilégiée par la nature. Quatre-vingt-cinq pour cent de son territoire est couvert de forêts et le ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs y dénombre plus de 3 200 lacs et réservoirs naturels. En fait, la Mauricie tient sa renommée de la majestueuse rivière Saint-Maurice et de ses effluents qui ont joué un rôle fondateur non seulement pour le territoire, mais pour tout le Québec.

En 2001-2002, la forêt mauricienne a procuré du travail à 5 000 travailleurs forestiers qui ont alimenté 65 usines de transformation primaire dans la région. Elle est également un important joueur dans l'offre touristique au Québec : c'est en Mauricie que se retrouvent régulièrement les amateurs de chasse, de pêche, de villégiature, de motoneige, de canot-camping. Outre le parc national de la Mauricie, la région recèle un grand nombre de pourvoiries, camps privés, zones d'exploitation contrôlée (ZEC), réserves fauniques et parcs régionaux.

Premier pôle québécois de production énergétique au début du XXe siècle, la Mauricie possède aujourd'hui une puissance électrique de 1 738 mégawatts, ce qui représente 5 % de la puissance totale installée au Québec.

Malgré tout, la Mauricie est une région dont le coeur bat à deux vitesses, selon que l'on vit au sud ou au nord. Au sud, Trois-Rivières connaît un regain industriel. Entre 1999 et 2003, selon l'Institut de la statistique du Québec, la valeur moyenne des permis de construction octroyés dans cette ville a gagné 18,6 %, avec une performance remarquée dans les secteurs industriel (44,6 %), institutionnel (24,6 %) et résidentiel (17,6 %).

Par contre, le nord de la Mauricie éprouve toujours de sérieux problèmes d'exode de ses travailleurs. De sorte que les nouvelles constructions se font plutôt rares. Du côté de La Tuque, toujours entre 1999 et 2003, la valeur moyenne des permis de construction a baissé de 17 %, touchant durement les secteurs commercial (-46,3 %), industriel (-21,8 %) et institutionnel (-21,5 %).

En novembre 2004, le taux de chômage global en Mauricie se situait à 10,3 %, demeurant l'un des plus élevés du Québec. Un an plus tôt, il était à 11,5 %. Mais ce léger regain de l'emploi pourrait n'être que temporaire. «Depuis 2001, la région a perdu 1 000 emplois dans le seul secteur du textile et ça va continuer, puisque c'est un secteur qui périclite, constate Marthe Landry, directrice du Centre d'orientation vers l'emploi le Pont, à Trois-Rivières. Il faut s'attendre à pire, car la concurrence des pays asiatiques fait mal aux usines de meubles et il ne reste que deux papetières. Il faut tout rebâtir et ça se répercute inévitablement sur l'emploi.» D'ailleurs, le taux de chômage de la région augmentait à 10,8 % en décembre dernier. Il s'établissait par contre à 10 % dans le Trois-Rivières métropolitain. (D. P.)


  • Les grandes espérances
  • Trois rivières, deux courants
  • Des secteurs qui recrutent



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