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Un portrait noir et blanc «On pourrait peindre un portrait très sombre de ces travailleurs, mais [...] certains sont là parce qu'ils aiment les horaires flexibles ou le contact avec le public.»Question de bonheur La plupart des employés consultés par le Magazine Jobboom aiment ce qu'ils font. Et, même quand leur travail ne les inspire pas, tous se sentent fort utiles à la société. «C'est noble de nourrir les gens, dit simplement Hamid, un homme de 41 ans qui trime pour 10 $ l'heure comme cuisinier à la foire alimentaire d'un centre commercial. J'aime quand les clients sont heureux, quand je vois que je leur fais plaisir.» De son côté, l'infographe Sabine Lemouzy reçoit 9 $ l'heure pour réaliser des publicités imprimées pour une filiale de la maison d'édition Hachette. «J'aime cela parce que c'est un travail créatif et que personne ne me dit quoi faire toutes les minutes. Et puis, c'est un boulot important : il donne aux gens le goût de lire», raconte cette fille rieuse de 26 ans qui aimerait bien gagner plus de sous pour aller visiter sa famille en France. Les conditions de travail des petits salariés ne seraient pas trop mauvaises non plus. Certes, tous ne vivent pas le parfait bonheur. Mais la situation serait beaucoup moins sombre que celle décrite par Barbara Ehrenreich dans le livre L'Amérique pauvre : comment ne pas survivre en travaillant (Grasset, 2004). Dans cette longue enquête, la journaliste américaine a occupé incognito les boulots de vendeuse, de serveuse, de femme de ménage et d'aide-soignante. Elle a notamment découvert que certains employeurs exigeaient un test de dépistage de drogue avant l'embauche ou que certaines de ses collègues devaient aller au travail même si elles étaient malades ou blessées. On serait loin de cela au Québec. Ici, d'abord, les gens démunis reçoivent plus d'aides gouvernementales qu'aux États-Unis. En outre, l'organisme Au bas de l'échelle, qui défend les droits des travailleurs non syndiqués, n'a pas eu vent d'entreprises québécoises exigeant des tests de dépistage de drogue à leurs petits salariés. D'ailleurs, la loi les interdit, sauf exception. Enfin, les employés qu'a rencontrés le Magazine Jobboom se sentent généralement respectés par leurs patrons et peuvent facilement manquer une journée ou un après-midi de temps à autre. «Ça ne pose pas de problème, particulièrement si on avertit à l'avance, dit Patrick Levert. On travaille moins ce jour-là et plus le lendemain.» «Au Québec, les mauvaises conditions de travail sont moins liées au salaire qu'au secteur économique ou à la non-syndicalisation», résume Dominique Savoie, directrice du service de recherche de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ). |
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