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  [Formation | Emploi]
Où sont les gars?

Les postes d'adjoints ou de soutien administratif n'attirent toujours pas les hommes, qui ne représentent que 2 % du personnel de secrétariat au Québec. Et ce n'est pas près de changer.

Au Département des techniques de bureautique du Collège de Sherbrooke, Marc-Antoine Fortin détonne. Ce jeune élève de 23 ans est le seul gars de sa classe. Cependant, n'allez pas croire qu'il étudie pour devenir secrétaire. Ce qui motive ce gérant de bar, c'est le volet consacré à la gestion. Il veut aussi apprendre à maîtriser l'ensemble des outils de bureautique.

Le stéréotype de l'homme qui s'occupe de la gestion – et de la femme qui lui sert d'adjointe – a la couenne dure. Les hommes qui s'inscrivent à des programmes de formation en bureautique sont rarissimes. Geneviève Young, présidente de l'Académie de formation éducative de Sainte-Thérèse, remarque qu'ils sont attirés par l'apprentissage des outils informatiques, mais rebroussent chemin dès qu'ils s'aperçoivent que les cours s'adressent principalement aux secrétaires.

Pourtant, les hommes sont bienvenus dans ce domaine, au dire des agences de placement. Parlez-en à Henri Chalifour, réceptionniste au Musée des civilisations de Québec. Compositeur de musique électronique à ses heures, c'est par accident qu'il a atterri à ce poste, qui implique de légères tâches de secrétariat. «Ça a surpris beaucoup de femmes, mais je n'entends que des commentaires positifs à ce sujet, d'autant plus que le personnel du Musée est composé en bonne partie de femmes.» Il ne fait pas grand cas de son statut. «C'est tellement moins exténuant que pourrait l'être la restauration, par exemple, et ça me permet de garder contact avec le public.»

Henri Chalifour est conscient que dans certains milieux de travail où la clientèle est essentiellement masculine, sa présence pourrait être perçue différemment, car on préfère encore voir une dame occuper cette chaise. D'autant plus qu'il n'hésiterait pas à accepter d'autres responsabilités traditionnellement réservées aux femmes. C'est l'exception qui confirme la règle!(J.-F. P.)


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