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[Formation | Emploi]
Assurance de personnesRoulement à bile par Jean-François Perreault Elle est finie l'époque où l'on cachait ses économies dans ses bas de laine ou au fond du matelas pour parer aux imprévus de la vie : en cas de pépins, les assureurs de personnes veillent au grain.
«Les gens ont leur santé de plus en plus à cour. Voyez en librairie le nombre de livres consacrés à la nourriture saine et au cancer!»
Les gains du privéEn 1997, le gouvernement québécois mettait sur pied son régime d'assurance médicaments. Aussi étonnant que cela paraisse, celui-ci n'a pas entravé la croissance du marché des assurances de personnes au cours des dernières années. Au contraire, la part du secteur privé dans les dépenses totales de santé au Québec est passée de moins de 18 % en 1979 à près de 29 % en 2003, signale le site Emploi-Avenir Québec. Deux importants facteurs nourrissent cette croissance, soit le vieillissement de la population et son inquiétude face au système de santé. Les gens ont peur que le gouvernement diminue davantage sa participation financière dans les soins de santé. «Les compagnies d'assurances s'adaptent aux temps modernes, affirme Claude di Stasio, vice-présidente adjointe aux affaires québécoises de l'ACCAP. On propose maintenant des produits davantage liés aux conséquences de maladies graves qu'à la mortalité.» Un avis partagé par Michel Fortin, vice-président Ventes et Marketing chez Standard Life. «Les gens ont leur santé de plus en plus à cour. Voyez en librairie le nombre de livres consacrés à la nourriture saine et au cancer! Les gens sont aussi conscients que le gouvernement ne sera pas toujours là pour subvenir à leurs besoins.» Le vieillissement de la population stimule également un bel essor des produits d'assurances qui visent la retraite. C'est d'ailleurs grâce à ce créneau que l'industrie est appelée à poursuivre sa croissance. Dans un compte-rendu sur le secteur des services financiers, le ministère des Finances du Canada signalait déjà en 2002 que les produits de retraite, notamment les rentes, les régimes enregistrés d'épargne-retraite et les fonds enregistrés de revenu de retraite connaissaient une croissance rapide. «Par exemple, en 1970, les rentes – produits de retraite collectifs et individuels – ne constituaient que 19 % du revenu-primes des compagnies d'assurances comparativement à 53 % en 2000», explique-t-on dans le site du ministère. Les baby-boomers sont aussi très nombreux à vouloir augmenter leurs revenus de retraite. Ils seraient aussi plus aventureux que les générations précédentes. «Ils cherchent de plus en plus de produits qui comportent une certaine part de risques. On assiste entre autres à l'apparition de nouveaux produits de rentes, dont une petite partie est fixe et l'autre est investie en Bourse. Les gains ne sont pas complètement garantis. Il y a 20 ans, ça aurait été impensable. Auparavant, on préférait les produits à rendement plus faible, mais qui assuraient un revenu beaucoup plus stable.» Victimes de leur succès? Comme c'est le cas dans tous les secteurs des services financiers, l'assurance de personnes évolue rapidement, la technologie y jouant un rôle prépondérant. Par exemple, en naviguant dans Internet, les consommateurs ont maintenant accès aux produits d'assurances offerts au pays ou à l'étranger et peuvent choisir ceux qui répondent le mieux à leurs besoins. C'est ce qui explique les doutes d'Emploi-Avenir Québec face aux perspectives des conseillers en sécurité financière, et ce, malgré la forte croissance de l'industrie. Ils pourraient devenir les victimes de ce succès. «De plus en plus de consommateurs utilisent Internet pour s'informer sur les produits d'assurance individuelle. Si peu d'entre eux achètent directement des produits d'assurance par Internet, ils passent de moins en moins de temps avec les conseillers en sécurité financière, puisqu'ils ont déjà une bonne idée des produits qu'ils veulent lorsqu'ils communiquent avec eux», souligne-t-on. Ce changement dans le comportement du consommateur pourrait donc favoriser les sociétés d'assurances au détriment des représentants qui travaillent à leur compte. Pour sa part, Michel Fortin rappelle que les débouchés sont plus intéressants dans les entreprises et les divisions qui se spécialisent dans les produits d'assurances destinés aux retraités. |
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