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[Formation | Emploi]
Du plomb dans le crayon
par Jean-François Perreault
L'absence de fabricants automobiles au Québec n'est pas une raison suffisante pour abandonner l'idée de gagner sa vie en dessinant des voi-tures. À preuve : le Lavallois Luc Chartrand a conçu un bolide en passe de rivaliser Lamborghini et Ferrari!
Luc Chartrand a toujours rêvé de devenir constructeur automobile. C'est bien parti : depuis bientôt six ans, il planche à temps plein sur le design et la conception de la Locus, un bolide capable de rivaliser avec la plupart des automobiles sportives de prestige.
«Si on me donnait les moyens financiers, j'aurais la capacité d'accoter Lamborghini», affirme Luc Chartrand, qui rêve déjà de produire pas moins de 400 exemplaires par année de sa supercar de luxe à diffusion limitée, qui n'est encore qu'un prototype. Ambitieux? Déjà six clients – des Québécois – figurent à son carnet de commandes.
Luc Chartrand connaît bien le design automobile. Depuis une bonne vingtaine d'années, dans son petit atelier lavallois, il sculpte et moule des répliques en fibre de verre, assemblées par la suite sur des châssis d'automobiles d'occasion. Il s'est taillé une solide réputation dans ce domaine avec ses reproductions de Porsche, Cobra, Ferrari et Lamborghini qu'il a réalisées pour des producteurs cinématographiques et pour des particuliers. «Montre-moi une photo ou un modèle et je suis capable de sculpter à peu près n'importe quelle carrosserie de façon identique», raconte-t-il. C'est ainsi que son bolide a commencé à prendre forme, au fil des ans.
Sa Locus a de quoi faire rêver. C'est un véhicule à trois places dans lequel le conducteur s'installe au centre, ce qui permet une conduite beaucoup plus précise. Le moteur est un V8 en aluminium de 8,2 litres de GM, comme d'autres pièces d'ailleurs, grâce à une entente avec le fabricant.
Le concepteur cherche maintenant le financement nécessaire à la mise en marché de sa Locus, ce qui implique une série de tests au centre d'essais de Blainville, où son bébé sera malmené, frigorifié, surchauffé, écartelé et finalement précipité sur un mur de béton. Luc Chartrand ne s'en émeut pas; il tient à ce que son véhicule réponde aux normes de l'industrie afin de le commercialiser à l'échelle de la planète. Un premier modèle – une version artisanale – devrait se retrouver sur nos routes dès l'été prochain, mais sa date de sortie a déjà été repoussée à plusieurs reprises. Cette fois-ci, sera-t-il prêt?
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