Pour les commerçants, le mois précédant le temps des fêtes est LA
période idéale pour réaliser les profits tant convoités. Pour faire face
à la demande, ils doivent cependant, dès septembre, embaucher du personnel
supplémentaire! Noël 2003 n'échappera pas à cette règle aussi vieille
que le père Noël lui-même.
Entre la mi-novembre et la fin de décembre, c'est la folie furieuse dans
les magasins. Les allées bondées et les files d'attente à la caisse témoignent
du phénomène annuel entourant les célébrations de Noël et du Nouvel An.
L'année dernière, au Canada, les ventes de biens se sont chiffrées à deux
milliards de dollars, seulement pour cette période. La hausse de la clientèle
est particulièrement importante dans les bijouteries, les boutiques de
jouets, de vêtements, d'équipements électroniques et chez les disquaires.
Et malgré les événements qui ont légèrement ébranlé l'économie au cours
de la dernière année, dont le SRAS, Noël 2003 s'annonce tout aussi prometteur
pour les commerçants que celui de l'an dernier. «Je ne vois aucun
facteur qui pourrait affecter de façon négative la consommation pour la
période qui s'en vient», constate Gaston Lafleur, président du Conseil
québécois du commerce de détail.
Pour servir cette horde de consommateurs, les détaillants doivent procéder
à l'embauche de personnel supplémentaire, et ce, avant même le défilé
du père Noël. Selon le Conseil québécois du commerce de détail, une augmentation
moyenne de 15 à 30 % du personnel est remarquée dans les magasins
du Québec dès la dernière semaine de septembre. «C'est dans les
grandes surfaces, les magasins à rayons et les magasins-entrepôts qu'on
embauche le plus, affirme Gaston Lafleur. Mais compte tenu de leur grand
nombre, les petites boutiques sont aussi des employeurs importants.»
Chez Farfelu Curiosité, une boutique spécialisée en matériel de fête et
d'objets-cadeaux de Montréal, le personnel double en raison de l'achalandage
et des risques de vols. Dans les magasins Archambault, où l'embauche de
Noël commence à la fin de septembre, le nombre de personnes engagées varie
d'une succursale à l'autre. À la succursale Berri, située au centre-ville
de Montréal, on procède à l'embauche d'une vingtaine de personnes expressément
pour la période des fêtes, indique Caroline Grondin, conseillère en dotation
et responsable du recrutement, de la sélection et de l'embauche pour le
disquaire-libraire.
Jeunes et débrouillards
Les personnes recrutées pour la période des fêtes sont majoritairement
des jeunes désireux de se faire de l'argent de poche, tout en intégrant
le marché du travail. Ils ont aussi en commun une bonne attitude envers
le service à la clientèle. «Nous recherchons des personnes possédant
une belle personnalité, souriantes et capables de garder l'oil ouvert
pour prévenir le vol. Elles doivent aussi aimer le travail d'équipe et
ne pas être compétitives», mentionne Jean-Pierre Szaraz, gérant
de Chez Farfelu Curiosité.
Pour un commerce spécialisé, comme Archambault, la connaissance du produit
est également une nécessité. «Nous voulons un mélomane et non seulement
quelqu'un qui s'intéresse à la musique populaire de masse», explique
Caroline Grondin. Pour s'assurer du niveau de compétences des postulants,
l'entreprise exige que chaque personne qui se présente au comptoir, curriculum
vitae en main, fasse une brève description par écrit de ses acquis. Pour
le reste, explique la responsable de l'embauche, «les nouveaux employés
ont la chance d'avoir une petite formation sur l'entreprise et sur les
outils de travail. On jumelle aussi la nouvelle personne avec un ancien.»
Pour oeuvrer dans le commerce de détail, particulièrement en période des
fêtes, le candidat choisi doit par ailleurs être prêt à travailler de
longues heures. Plus on se rapproche de Noël et plus les journées de 12
heures sont fréquentes. Le nouveau personnel travaille d'ailleurs presque
toujours lors des journées les plus achalandées de l'année, soient du
21 au 24 décembre ainsi que le 26 décembre. De façon générale, les employés
travaillent une vingtaine d'heures par semaine. À leur demande, leurs
horaires peuvent cependant aller en diminuant ou en augmentant.
Quant au processus d'embauche, les commerces utilisent majoritairement
les petites annonces dans les journaux, les affiches en vitrine et les
outils de recherche d'emploi dans Internet pour trouver le personnel nécessaire.
Pour les candidats, la présentation directe au comptoir et le coup de
fil sont par contre recommandés pour augmenter les chances d'être embauché.
Le plus grand défi des employeurs reste de trouver des travailleurs qualifiés,
dont la disponibilité concorde avec l'horaire de travail. Pour Jean Richard,
directeur adjoint au magasin Canadian Tire de Saint-Hyacinthe, procéder
à l'embauche du personnel supplémentaire pour la période des fêtes est
«un véritable casse-tête». «La période d'examens cause
problème, les jeunes sont moins disponibles et le public est très exigeant
envers les nouveaux employés.»
Pour se faciliter la tâche, plusieurs commerçants réengagent les mêmes
employés d'année en année. Il est rare, cependant, qu'une embauche temporaire
se transforme en carrière dans le même magasin. Toutefois, les commerçants
rencontrés sont unanimes : une personne dévouée et dynamique augmentera
ses chances de se faire remarquer et de se tailler une place au sein de
l'entreprise.
Normes du travail : gardez l'oeil
ouvert!
Il n'existe pas de normes spécifiques pour les emplois temporaires propres
à la période des fêtes. Les normes du travail sont cependant de rigueur.
Voici quelques-uns des éléments à prendre en considération, tant pour
les employés que pour les employeurs.
> Les heures supplémentaires au-delà de la semaine normale de 40 heures
entraînent une majoration de 50 % du salaire horaire habituel, excluant
les commissions.
> L'employé entre au travail à l'heure prévue et, bras croisés, attend
qu'on lui donne de l'ouvrage? Puisqu'il est mis à la disposition de son
employeur sur les lieux du travail, il doit être payé.
> Pour une période d'essai ou de formation, le salarié doit recevoir son
salaire habituel pour toutes les heures consacrées à cette formation.
Les frais raisonnables engagés, tels que les frais de déplacement, sont
aussi remboursables.
> L'employeur doit accorder une période de 30 minutes sans salaire pour
le repas au-delà d'une période de travail de cinq heures consécutives.
Si l'employé n'est pas autorisé à quitter son poste de travail, cette
période doit être rémunérée.
> Les 25 décembre et 1er janvier sont des jours fériés, chômés et payés.
Les employés qui travaillent en ces jours de fête doivent être payés au
taux horaire normal. Mais en plus du salaire régulier pour ces journées,
l'employeur doit accorder une indemnité ou un congé compensatoire. Pour
un salarié régulier, cette indemnité correspond à 1/20 du salaire gagné
au cours des quatre semaines précédant le congé. Pour les employés payés
à commission, l'indemnité correspond à 1/60 du salaire gagné au cours
des 12 semaines précédant le congé.
> Peu importe le nombre d'heures travaillées, une personne au service
de son employeur sur son lieu de travail est couverte par la Commission
de la santé et de la sécurité du travail (CSST).