Les perceptions sont parfois fort différentes de la réalité. L'emploi
dans le secteur de l'assurance de dommages, par exemple, est encore trop
souvent associé au travail du colporteur en veston à carreaux. Aujourd'hui,
les courtiers en assurance, agents et experts en sinistre sont des professionnels
du secteur financier grandement recherchés par les employeurs. Des postes
accessibles à tous et offrant d'excellentes perspectives de carrière.
Les services financiers se remettent difficilement de la déconfiture boursière
des trois dernières années. Les assureurs, dont une bonne partie des recettes
proviennent des placements en Bourse des primes des assurés, ont été frappés
de plein fouet.
Mais l'assurance est un secteur pratiquement increvable : tous ceux
qui roulent en bagnole doivent s'assurer (c'est la loi) et la plupart
des gens «couvrent» leurs biens personnels, logis et entreprises.
En 2001 seulement, les Québécois ont payé des primes d'assurance de dommages
totalisant 5,4 milliards de dollars. Faire carrière dans ce domaine, c'est
s'assurer contre le chômage!
À preuve, le secteur de l'assurance de dommages, aussi appelée assurance
générale ou IARD (Incendies, Accidents, Risques Divers), souffre aujourd'hui
d'une pénurie de professionnels quelque peu affolante. Selon un sondage
commandé par la Chambre de l'assurance de dommages (ChAD), les 176 compagnies
d'assurance présentes au Québec doivent pourvoir à au moins 4 000
postes d'agents, de courtiers et d'experts en sinistre d'ici à décembre
prochain, principalement à cause des nombreux départs à la retraite. C'est
l'équivalent de 40 % de l'effectif actuel de l'industrie!
L'industrie de l'assurance de dommages emploie 11 000 professionnels
certifiés de l'assurance agents, courtiers et experts en sinistre
dont le travail est réglementé par le Bureau des services financiers
(BSF) du Québec.
Où est la relève?
Les besoins de main-d'oeuvre sont essentiellement les mêmes partout au
Québec. Les cabinets de courtage établis en région, cependant, éprouvent
de réelles difficultés à recruter, puisqu'ils font face aux conditions
salariales supérieures qu'offrent les compagnies d'assurance situées dans
les grands centres urbains.
«Les élèves des programmes de formation en assurance sont très sollicités,
avant même qu'ils aient quitté l'école», observe Louis Cyr, vice-président
assurances et développement du Groupe Cyr, un cabinet de courtage de Saint-Eustache.
«Les dirigeants des compagnies d'assurance sont confrontés à une
réalité : ils ont tous plus de 50 ans et il n'y a pas de relève»,
souligne pour sa part Gilles Bernier, professeur et titulaire de la chaire
en assurance l'Industrielle-Alliance de l'Université Laval.
Nicolas Lussier, un jeune expert en sinistre chez Interpro, à Gatineau,
appréhende lui aussi une crise de la main-d'oeuvre. «En Outaouais,
les professionnels des bureaux d'expertise en sinistre indépendants (qui
travaillent pour les particuliers et non pour une compagnie d'assurance)
ont tous 25 ou 30 ans de métier, et sont au bord de la retraite. Dans
cinq ans, il n'y aura plus d'indépendants dans la région avec suffisamment
d'expérience. Et la relève, je ne la vois pas.»
L'assurance IARD a aussi besoin de main-d'oeuvre de toutes catégories,
parfois des plus inattendues. Par exemple, l'Union canadienne Compagnie
d'assurance (Groupe Co-operators), une compagnie à courtiers, emploie
deux... géographes! «Ce sont des postes à valeur ajoutée dans l'entreprise.
Depuis deux ans, ils font des analyses de secteurs à risque dans la province,
par exemple pour les inondations», explique Lucie Vachon, vice-présidente,
administration et ressources humaines.
«C'est le meilleur moment pour commencer une carrière dans l'assurance
de dommages. Dans les années à venir, il y aura des postes en vente, gestion,
soutien technique...», indique Olivier Bertrand, de Courtiers Unis
Assurances Michel Bertrand & Associés, de Québec. Il est aussi
vice-président de l'Association de la relève en assurance au Québec qui,
en collaboration avec la Coalition pour la promotion des professions en
assurance de dommages, multiplie les visites dans les cégeps, les salons
de l'emploi, les colloques et congrès pour vanter les mérites d'une carrière
en assurance.
Il reste que l'industrie a surtout besoin de professionnels de l'assurance :
agents, courtiers et experts en sinistre. Or, les cégeps ne diplôment
qu'environ 200 personnes chaque année en assurance IARD, faute de popularité
des programmes. Les carrières en assurance souffriraient d'une trop mauvaise
image auprès des élèves, qui y voient encore des emplois de vente sous
pression et de sollicitation de porte en porte, mallette à la main.
Pourtant, les courtiers, les agents et les experts en sinistre sont des
professionnels du secteur financier, embauchés dans des postes facilement
accessibles à tous, offrant de bonnes conditions de travail et perspectives
de carrière. Ils n'ont plus à sonner aux portes des résidences pour trouver
leurs clients! Les produits d'assurance sont devenus populaires, voire
essentiels, et ce sont les personnes en quête d'assurance qui contactent
elles-mêmes les assureurs et courtiers.
Pour pallier la disette de diplômés, les compagnies d'assurance forment
elles-mêmes leurs recrues. «Souvent, on embauche les jeunes ayant
un diplôme d'études collégiales dans une autre discipline et on fournit
une formation à l'interne de six semaines», indique par exemple
Johanne Richard-Hinse, directrice principale des ressources humaines aux
Assurances Générales des Caisses Desjardins.
Deux réseaux d'emploi
Les professionnels de l'assurance de dommages se trouvent dans deux réseaux
d'emploi différents, soit celui des courtiers en assurance et celui des
compagnies ou mutuelles d'assurance.
Regroupés en cabinet ou travaillant seuls, les courtiers magasinent les
produits de plusieurs assureurs pour ensuite les offrir aux assurés, dont
ils sont les mandataires. Le service est personnalisé, de la vente à l'indemnisation
en passant par les modifications aux contrats. Le Regroupement des cabinets
de courtage d'assurance du Québec estime le nombre de cabinets de courtage
à environ 800, où ouvrent quelque 4 000 courtiers.
Un courtier peut se spécialiser dans un domaine particulier : l'assurance
de bateaux, de camions, d'entreprises de tel ou tel secteur, dont il doit
connaître à fond les caractéristiques. Avec la déréglementation des marchés
financiers, une concurrence accrue de même que des assurés plus exigeants,
le courtier s'est transformé en conseiller et nombre de cabinets offrent
aussi divers produits financiers : certificats de dépôt, fonds communs
de placement, hypothèques, placements, planification financière et successorale,
REÉR collectif et individuel, etc.
Un emploi de gratte-papier, le courtage? Dans l'immeuble où loge Dale-Parizeau
LM à Montréal, de 150 à 160 personnes s'activent dans une ambiance plus
proche de celle d'une équipe de football que d'un bureau d'austères actuaires.
Cravates et tailleurs ne sont pas obligatoires. Le travail d'équipe est
de rigueur.
Plusieurs courtiers chez Dale-Parizeau LM ont commencé leur carrière immédiatement
à la fin de leurs études collégiales ou universitaires et ils n'ont jamais
quitté l'entreprise. «Cette année, j'engage dix jeunes dont le job
est d'observer comment fonctionne la boîte, juste pour qu'ils baignent
dans le milieu et qu'ils y prennent goût», explique Robert LaGarde,
président et chef de la direction. On ne peut comprendre le travail dans
le domaine de l'assurance qu'en s'y frottant, fait valoir ce quinquagénaire
formé... en droit!
Le salaire de base est d'environ 25 000 $, mais un courtier peut
toucher des commissions, occuper des postes de gestion, vendre son cabinet
au moment opportun, etc. En 1997, Robert LaGarde et son collègue Jean-Charles
Massicotte, salariés de Dale-Parizeau, ont acheté l'entreprise
d'où le «LM» ajouté à la raison sociale, pour LaGarde et Massicotte.
Leur chiffre d'affaires, cinq ans plus tard : 110 millions de dollars.
Contrairement au courtier, l'agent est employé d'une compagnie d'assurance
et ne propose donc que les produits de son employeur. Dans le milieu,
on le surnomme le «direct».
La recette des «directs» : centres d'appels, conquête
de parts de marché grâce à d'importantes campagnes publicitaires, rabais
sur les prix et les frais d'administration et soumission par Internet.
Puisqu'il s'agit de gros joueurs disposant de moyens financiers supérieurs
aux petites firmes de courtage, la concurrence pour l'embauche de main-d'oeuvre
qualifiée est féroce. La plus importante firme de courtage de la province,
Dale-Parizeau LM, emploie environ 300 personnes, contre près de 2 000
pour Assurances Générales des Caisses Desjardins... Cette dernière embauche
d'ailleurs régulièrement : 240 nouveaux salariés en 2001 et environ
200 en 2002. L'âge moyen des agents y est de 30 ans.
«Il n'y a pas de pression pour vendre et c'est facile de gagner
entre 30 000 et 35 000 $ par année, après seulement deux ans
en poste», déclare Maryse Bossé, agente chez BELAIRdirect à Montréal,
l'un des principaux employeurs chez les assureurs directs.
Ambiance de travail agréable, horaires flexibles : Maryse Bossé dit
avoir trouvé l'emploi idéal. À 27 ans, cette bachelière en enseignement
a reçu une formation de trois mois chez son employeur avant de pouvoir
pratiquer comme agent. «Je ne me souviens pas de m'être réveillée
un matin en me disant que je n'avais pas envie d'aller travailler. La
plupart des agents sont arrivés ici par hasard et ils restent par amour!»
Spécialiste des sinistres
Le travail de l'expert en sinistre consiste à établir les faits et circonstances
d'un incendie, d'un vol, d'une inondation, d'un accident, etc. L'expert
visite les lieux, recueille les déclarations de l'assuré, des policiers,
des pompiers et des ambulanciers (s'il y a lieu) afin d'estimer l'ampleur
des dommages, puis il rédige son rapport et négocie le règlement du sinistre
auprès de l'assuré.
À l'instar des courtiers et agents, la profession s'exerce en deux milieux
différents. Certains experts sont au service des assurés; communément
appelés «experts publics», ils se rémunèrent à un pourcentage
du règlement des dossiers. D'autres experts travaillent pour les assureurs,
soit directement chez l'un d'eux, soit au sein d'une firme d'experts en
sinistre indépendants qui fait de la sous-traitance pour une compagnie
d'assurance.
Dans certains cas, l'expert doit aimer vivre intensément... «Cet
après-midi, je serai sur un terrain de golf avec deux clients et un avocat,
dit Nicolas Lussier, expert en sinistre chez Interpro, à Gatineau. Peut-être
qu'au troisième trou, mon téléphone va sonner, que je serai alors appelé
à aller constater un déversement de produits contaminés et que je ne dormirai
pas pendant les deux prochains jours!»
L'expert en sinistre intervient souvent en situation de crise, après un
incendie par exemple. Où dormira l'assuré? Comment joindre les membres
de sa famille? A-t-il une copie de son contrat d'assurance, une liste
de ses biens? «L'expert doit être autonome et avoir un grand sens
des responsabilités : on est seul avec l'assuré, il faut savoir quoi
faire puisqu'on n'est pas supervisé», explique Lucie Preneveau,
experte générale senior, services techniques-Québec chez la firme d'experts
indépendants Crawford Expertises Canada (Montréal). Elle est aussi vice-présidente
de l'Association des experts en sinistre indépendants du Québec.
Chose certaine, l'expert en sinistre doit savoir faire preuve de tact.
«Je travaille présentement sur le cas d'une personne âgée qui a
glissé dans un centre commercial et qui s'est fracturé une hanche, explique
Lucie Preneveau. Quand je la rencontre, je dois avoir conscience que je
communique avec une dame âgée : je m'ajuste à son rythme, je lui
pose des questions qu'elle doit comprendre, je l'informe de ses droits.»
«On dit qu'un expert en sinistre est psychologue, comptable, avocat,
notaire, etc., et cette description n'est pas tout à fait fausse, ajoute-t-elle.
Malheureusement, on est aussi perçu comme la personne qui coupe les indemnités
versées à l'assuré.»
C'est ce qu'on appelle les risques du métier.
L'assurance mondialisée
Le marché de l'assurance IARD (Incendies, Accidents, Risques Divers) est
dominé par une douzaine de groupes, fruits de fusions et d'acquisitions
d'entreprises, et qui sont fréquemment contrôlés par des sociétés étrangères.
Par exemple, Groupe ING Canada, filiale locale d'un géant néerlandais,
est le numéro un de l'assurance de dommages au Québec, après avoir absorbé
plusieurs assureurs québécois (Groupe Commerce, BELAIRdirect, Nordique,
etc.). Le siège social mondial du Groupe AXA Canada, troisième joueur
en importance dans la province, a pignon sur rue à Paris.
Le Mouvement Desjardins a obtenu en 1987 le droit du gouvernement du Québec
de vendre de l'assurance directement dans les caisses populaires. Ses
ventes sont passées de moins de 100 millions de dollars en 1988 à plus
de 900 millions en 2001. Assurances Générales des Caisses Desjardins est
aujourd'hui le «direct» numéro deux, derrière le Groupe ING
Canada.
Depuis 1992, les banques à charte fédérale (réglementées par Ottawa, contrairement
aux caisses populaires qui relèvent de Québec) ont le droit d'acquérir
des compagnies d'assurance, mais doivent les exploiter en filiales indépendantes.
Assurances générales Banque Nationale et Assurances RBC (Banque Royale),
entre autres, ont mordu dans le marché traditionnel de l'IARD.
Autrefois omniprésentes, les mutuelles d'assurance se font désormais plus
discrètes, mais elles continuent à jouer un rôle important. Telle une
coopérative, une mutuelle appartient à ses titulaires de polices. Le Groupe
Promutuel, parmi les mieux connus, compte 34 mutuelles réparties dans
toutes les régions du Québec.
Les professions en bref
L'agent d'assurance est l'employé d'un assureur. C'est un as du
service à la clientèle : il conseille le client potentiel sur la
police d'assurance qui répondra à ses besoins, vérifie, modifie et renouvelle
le contrat de l'assuré, répond à ses demandes, propose de nouvelles protections.
L'agent est appelé à faire beaucoup de saisie et de traitement des données
à l'ordinateur et à travailler fréquemment au téléphone. Sa tâche ne se
limite pas à la vente de produits d'assurance, mais cela n'empêche pas
un mordu de la vente de s'y consacrer à fond s'il le désire.
Le courtier est un intermédiaire au service de l'assuré, à qui
il offre les produits de différentes compagnies d'assurance. Il doit donc
faire preuve d'une connaissance poussée de l'industrie. Son service aux
assurés est personnalisé : il informe le client à propos des risques
couverts par les différents produits d'assurance, lui explique le contrat,
les modifications et les renouvellements, la procédure à suivre en cas
de sinistre et de réclamation, etc. Autonome et entreprenant, le courtier
peut devenir actionnaire du cabinet qui l'emploie, voire fonder sa propre
entreprise.
L'expert en sinistre, au service d'un assureur ou d'une firme indépendante,
complète le travail des agents et des courtiers. Pour chaque sinistre
(vol, incendie, inondation, accident, etc.), il effectue son enquête auprès
des assurés, témoins et autres intervenants (les policiers, par exemple).
Il évalue les dégâts, rédige un rapport, négocie le règlement du dossier.
C'est une profession de terrain, de relations interpersonnelles.
Des employeurs en manque de CV
Un excellent outil pour les chercheurs d'emploi, le Répertoire des employeurs
potentiels en assurance de dommages de la Chambre de l'assurance de dommages
contient plus de 400 coordonnées dans les 17 régions administratives du
Québec. Les employeurs y sont classés selon les professions (agent, courtier,
expert en sinistre). Le Répertoire indique, pour chaque entreprise, le
nom du responsable des ressources humaines et, bien sûr, toutes les coordonnées.
On peut le consulter dans le site Internet de la Chambre, à l'adresse
suivante : www.chad.qc.ca/fr/recrutement/liste.htm
Formation continue
La formation continue pour les agents, courtiers et experts en sinistre
est obligatoire depuis le 1er septembre 2001. Le professionnel doit effectuer
30 heures ou unités de formation continue (UFC) aux deux ans. Plus précisément,
il s'agit de :
> 20 heures (ou 20 UFC) en administration ou en technique d'assurance,
sur une ou plusieurs des thématiques suivantes : économie, comptabilité
et finance, gestion d'entreprise, assurance des particuliers ou des entreprises,
gestion des risques, expertise de sinistre, mécanique du bâtiment, techniques
d'enquête, prévention des sinistres;
> 4 heures sur l'aspect juridique : lois et règlements relatifs à l'assurance
de dommages, déontologie et pratique professionnelle en assurance de dommages,
droit civil, lois et règlements relatifs à la protection des renseignements
personnels;
> 6 heures de développement professionnel (service à la clientèle, pratique
professionnelle) ou autres.
La Chambre de l'assurance de dommages doit accréditer les activités de
formation continue, qu'il s'agisse d'ateliers en entreprise, de cours
en salle de classe, de formation à distance, de séances de formation,
de séminaires, etc.
Pour en savoir plus : www.chad.qc.ca/fr/pratique/formation.htm
Le saviez-vous?
> L'assurance est née en Angleterre, dans les pubs anglais. Les clients
gageaient sur les chances qu'avaient les navires d'arriver à bon port.
Si les navires et leur cargaison ne se rendaient pas, l'argent amassé
servait à payer les pertes subies par les transporteurs. (Source :
Chambre de l'assurance de dommages du Québec.)
> Au Québec, les premières compagnies d'assurance ont vu le jour dès le
régime français des XVIIe et XVIIIe siècles. Les francophones se sont
rapidement approprié un pan du secteur bien que la finance dans son ensemble
ait longtemps été un bastion anglophone. Les mutuelles d'assurance incendie
ont été constituées dans les années 1830. La Fédération des mutuelles-incendie
du Québec, fondée en 1956, est devenue l'actuel Groupe Promutuel. Jusqu'à
la Seconde Guerre mondiale, l'État était absent du domaine de l'assurance.
Il en occupe aujourd'hui une part significative avec l'assurance emploi,
l'assurance automobile, l'assurance maladie, etc.
> Tout peut s'assurer, à condition qu'une compagnie d'assurance accepte
d'en prendre le risque. Par exemple, Dale-Parizeau LM a développé pour
l'Association des restaurateurs du Québec une assurance-empoisonnement
alimentaire. Les membres de l'Association sont protégés contre les pertes
financières provoquées par un ou plusieurs cas d'intoxication alimentaire,
réels ou imaginaires! «En effet, la protection s'applique aussi
lorsqu'un média annonce une intoxication, même si cette accusation n'est
pas fondée», précise l'Association dans son site Internet.
> Le taux de placement des sortants en assurance (environ 96 % selon
la Coalition pour la promotion des professions en assurance de dommages)
est supérieur à celui de la plupart des autres programmes d'administration
au collégial.
> Des changements réglementaires majeurs se pointent à l'horizon. Le 13
décembre 2001, un groupe d'experts mandatés par la ministre d'État à l'Économie
et aux Finances d'alors, Pauline Marois, a déposé un rapport sur l'encadrement
du secteur financier. Il est notamment question de regrouper sous un même
toit la Commission des valeurs mobilières, le Bureau des services financiers
(BSF) et l'Inspecteur général des institutions financières du Québec.
Un projet de loi (no 107) visant à créer une Agence nationale d'encadrement
du secteur financier a été adopté en décembre 2002. Les professionnels
de l'assurance sauront à quelle autorité obéir en février 2004, date prévue
pour l'inauguration de l'Agence. D'ici là, le BSF continue d'exercer son
autorité tout en participant à un bureau de transition.
Les voies de l'assurance
Le Bureau des services financiers (BSF) du Québec, qui réglemente l'industrie
de l'assurance de dommages, n'exige pas de diplôme particulier pour pratiquer
l'une ou l'autre des trois professions certifiées en assurance. Il demande
des agents, courtiers et experts en sinistre un diplôme d'études collégiales
(DEC) ou l'équivalent, soit 13 années de scolarité, peu importe le domaine
d'études. Le BSF peut aussi reconnaître une expérience professionnelle
d'au moins six ans dans l'industrie, même si le candidat n'a pas terminé
son secondaire.
Par contre, certains employeurs prisent fort une formation collégiale
en assurance et le taux de placement des diplômés est d'environ 96 %.
La voie classique, celle du DEC en techniques administratives, option
assurance, est offerte dans 52 cégeps et 9 collèges privés subventionnés,
dont le Collège O'Sullivan, le seul à donner le programme en anglais.
Ce parcours scolaire compte deux années de tronc commun et une spécialisation
d'un an en assurance. Mais ce parcours demeure peu populaire : en 2000-2001,
seulement 96 diplômes ont été remis.
Un nouveau DEC, baptisé Conseil en assurances et en services financiers,
est offert depuis août 2002 au Cégep de Sainte-Foy. Il sera donné dès
cet automne aux cégeps suivants : de Lévis-Lauzon, Montmorency, de
Sorel-Tracy, du Vieux Montréal et Séminaire de Sherbrooke. Au Cégep de
Sainte-Foy, les 65 élèves inscrits à la première année du programme ont
déjà reçu 130 offres de stage! «On n'est pas capable de répondre
à la demande des employeurs», admet Johanne Giguère, coordonnatrice
du programme.
Autre filière, l'attestation d'études collégiales (AEC) Assurance de dommages
est offerte aux cégeps de Jonquière, de Drummondville, de Sorel-Tracy,
Beauce-Appalaches, au Cégep@distance ainsi qu'au Séminaire de Sherbrooke.
Cette formation de courte durée (10 mois) attire surtout des adultes souhaitant
se recycler dans l'assurance.
Après leur formation, les candidats à la profession doivent réussir les
examens obligatoires du BSF. Ces examens portent sur les notions de droit,
l'activité de représentant, l'analyse des produits, etc.
Par la suite, ils doivent réaliser un stage de 45 jours en emploi. Pendant
cette période, les stagiaires doivent faire vérifier et autoriser toutes
leurs transactions par un supérieur. Certains stages peuvent même s'effectuer
outre-mer, grâce à la mondialisation de cette industrie. L'an prochain,
AXA Canada organisera des stages à Paris en collaboration avec le Cégep
de Sainte-Foy et une université française.
Récemment, le BSF a mis en place un régime d'apprentissage en milieu de
travail (RAMT). Les cours sont alors offerts par une institution d'enseignement
ou par les entreprises elles-mêmes, avec l'approbation du BSF. Cette formation
doit durer 450 heures pendant un maximum de trois ans, et est suivie des
examens du BSF. Au cours de sa première année (de mars 2002 à mars dernier),
le RAMT a permis à environ 150 personnes d'obtenir un permis de pratique.
Où étudier l'assurance de dommages
au collégial?
Techniques administratives, option assurance (diplôme d'études collégiales) :
- Campus Notre-Dame-de-Foy
- Cégep André-Laurendeau
- Cégep Beauce-Appalaches
- Cégep d'Alma
- Cégep de Baie-Comeau
- Cégep de Chicoutimi
- Cégep de Drummondville
- Cégep de GranbyHaute-Yamaska
- Cégep de Jonquière
- Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue
- Cégep de la Gaspésie et des Îles
- Cégep de La Pocatière
- Cégep de Lévis-Lauzon
- Cégep de Limoilou
- Cégep de Maisonneuve
- Cégep de Rimouski
- Cégep de Rivière-du-Loup
- Cégep de Rosemont
- Cégep de Saint-Félicien
- Cégep de Saint-Hyacinthe
- Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu
- Cégep de Saint-Jérôme
- Cégep de Saint-Laurent
- Cégep de Sainte-Foy
- Cégep de Sept-Îles
- Cégep de Sherbrooke
- Cégep de Sorel-Tracy
- Cégep de Trois-Rivières
- Cégep de Victoriaville
- Cégep de Valleyfield
- Cégep Édouard-Montpetit
- Cégep John Abbott
- Cégep Lionel-Groulx
- Cégep Marie-Victorin
- Cégep Montmorency
- Cégep régional de Lanaudière à l'Assomption
- Cégep régional de Lanaudière à Joliette
- Cégep régional de Lanaudière à Terrebonne
- Centre d'études collégiales de Carleton
- Centre d'études collégiales des Îles-de-la-Madeleine
- Champlain Regional College
- Collège Bart
- Collège d'affaires Ellis
- Collège Dawson
- Collège de Bois-de-Boulogne
- Collège de Lévis
- Collège François-Xavier-Garneau
- Collège Gérald-Godin
- Collège Heritage
- Collège LaSalle
- Collège Mérici
- Collège O'Sullivan de Montréal inc.
- Collège Shawinigan
- École commerciale du Cap inc.
- Séminaire de Sherbrooke
- Vanier College
Conseil en assurances et en services financiers (diplôme d'études collégiales) :
- Cégep de Lévis-Lauzon
- Cégep de Sainte-Foy
- Cégep de Sorel-Tracy
- Cégep du Vieux Montréal
- Collège Montmorency
- Séminaire de Sherbrooke
Assurance de dommages (attestation d'études collégiales) :
- Cégep@distance (Collège de Rosemont)
- Cégep Beauce-Appalaches
- Cégep de Drummondville
- Cégep de Jonquière
- Cégep de Rimouski
- Cégep de Saint-Hyacinthe
- Cégep de Sainte-Foy
- Cégep de Sept-Îles
- Cégep de Sorel-Tracy
- Cégep du Vieux Montréal
- Cégep régional de Lanaudière
- Collège Montmorency
- Collège de l'Outaouais
- Séminaire de Sherbrooke
(Pour plus de détails sur les formations, consultez les liens du carnet
Web)