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  [L'emploi en électronique]
Voir grand, faire petit
par Steve Proulx

Avec la récente dégringolade dans le secteur des télécommunications, on aurait tendance à croire que l'industrie de l'électronique tourne au ralenti. Et pourtant... la microélectronique et, bientôt, la nanoélectronique, donnent un second souffle à ce secteur. État des lieux.


Elle était belle, la bulle des technos. Rappelez-vous ces hordes de jeunes travailleurs de la nouvelle économie regardant vers l'avenir, les cheveux au vent. Ils avaient l'étoffe de pionniers prêts à bâtir une société basée sur les nouvelles technologies et les télécommunications.

Selon un rapport sur l'industrie des produits électriques et électroniques de la région métropolitaine de Montréal (Table métropolitaine de Montréal, Emploi-Québec, janvier 2002), le secteur de la fabrication de produits informatiques et électroniques a vu la valeur de ses expéditions grimper de 5,8 milliards à 15,1 milliards de dollars entre 1995 et 2000. Mais à partir de 2001, on commence à s'apercevoir que la croissance est beaucoup plus lente que prévu. C'est le début de la fin : coupures, restructurations, chute des titres boursiers. Rien ne va plus.

L'éclatement de la bulle technologique n'a pas affecté que le monde des télécommunications; elle a aussi éclaboussé l'industrie électronique. Pour les milliers de personnes qui ont perdu leur emploi du jour au lendemain, le réveil a été douloureux.

Mais tranquillement, l'industrie se relève de la tempête et rejoint le niveau de croissance des secteurs traditionnels. «Les emplois perdus après le krach en 2001 ont été regagnés depuis», soutient Denis Beauchamp, directeur général de l'Ordre des technologues professionnels du Québec (OTPQ).

Plus que les télécoms
L'électronique a une belle carte dans son jeu : elle touche à un grand nombre d'industries. Plusieurs de ses sous-secteurs ont eu la chance de n'avoir peu ou pas été touchés par la crise des télécoms. On manque même d'employés dans certains de ces sous-secteurs. L'industrie pharmaceutique, l'industrie pétrochimique et les imprimeries utilisent de l'équipement électronique. Le secteur de l'environnement aussi se sert de plus en plus de systèmes électroniques de contrôle et de mesure.

«Il y a beaucoup d'entreprises spécialisées en électronique qui ne sont pas directement reliées aux télécoms, et où le marché ne s'est pas effondré, explique le directeur du Département de génie électrique à l'Université Laval, Paul Fortier. Pensons notamment aux secteurs de l'électronique de puissance (les semi-conducteurs, entre autres), de l'électronique de contrôle ou de l'électronique utilisée dans les transports, pour les voitures hybrides, par exemple.»

Par ailleurs, l'électronique se miniaturise, tant et si bien que l'on commence à remplacer le terme «électronique» par celui de «microélectronique». Les entreprises du secteur de la microélectronique fabriquent des composants et des systèmes électroniques qui sont à la base de l'équipement informatique, de télécommunications ou d'instrumentation. Selon un récent rapport du Comité sectoriel de la main-d'oeuvre de l'industrie électrique et électronique (CSMOIEE), cette industrie a créé plus de 300 emplois en 2002. Il n'existe pas de statistiques pour 2003, mais selon Geneviève Lussier, agente de développement au CSMOIEE, la tendance pourrait se maintenir. On aurait même de la difficulté à pourvoir à certains postes. «Les ingénieurs de production microélectronique, les technologues en génie physique, les assembleurs microsoudures (ceux qui soudent les circuits intégrés) et aussi les gestionnaires de projet sont difficiles à trouver. Dans ce dernier cas, on recherche souvent des ingénieurs spécialisés en gestion de projet», ajoute-t-elle.

Selon Denis Beauchamp, beaucoup d'entreprises québécoises en électronique se spécialisent dans le secteur de l'intégration : «L'intégrateur assemble les composants électroniques pour en faire un produit fini. Nous avons des membres qui prospèrent dans ce domaine, surtout en exportant leurs services.»

Et bientôt, la nanoélectronique fera son entrée au Québec. Dans ce sous-secteur de l'électronique, les composantes fabriquées ont une taille microscopique. Pour le moment, le domaine n'en est qu'à l'étape de la recherche, à l'Université Laval notamment, mais il pourrait d'ici à quelques années donner un second souffle à l'industrie électronique québécoise.

En fait, l'électronique est un vaste domaine, et les possibilités de formation qui y mènent le sont tout autant.

Les formations professionnelles permettent d'occuper un emploi en maintenance, dépannage, réparation ou installation d'appareils ou de systèmes électroniques. Les diplômés deviennent installateurs de réseaux de télécommunications, réparateurs d'appareils électroniques ou réparateurs de micro-ordinateurs, par exemple. D'autres travailleurs de l'industrie possèdent une formation universitaire en électronique (comme le génie électrique) et une spécialisation dans un secteur en particulier (réseautique, réparation de micro-ordinateurs, etc.).

Par contre, c'est la formation collégiale en électronique qui accueille le plus d'adeptes. Les élèves y reçoivent une formation de base autant théorique que pratique. Les diplômés de niveau collégial peuvent occuper des emplois de technologues en entretien, réparation ou installation d'équipements industriels, de techniciens de systèmes ordinés, entre autres.

Les perspectives d'emploi dans le domaine sont larges puisque les spécialistes en électronique peuvent même être appelés à travailler dans une organisation qui n'est pas directement reliée à l'industrie, comme c'est le cas du technicien en réparation et entretien d'appareils dans un hôpital, par exemple.

Nouvelles technologies, nouvelles formations
Du VHS au DVD, de la télévision analogique à la numérique, sans parler des ordinateurs qui deviennent désuets quelques mois à peine après leur mise en marché... Les innovations débarquent à un train d'enfer dans cette industrie et les centres de formation doivent sans cesse s'adapter aux nouvelles technologies.

Le ministère de l'Éducation a mis à jour en septembre les programmes de diplôme d'études professionnelles (DEP) Réparation d'appareils électroniques audiovidéo et Installation et réparation d'équipement de télécommunication pour mieux répondre aux besoins de l'industrie. À l'horaire : beaucoup de pratique et de concret.

Dans les locaux du Centre de formation professionnelle Émile-Legault, qui offre ces programmes, on trouve toute une jungle de produits électroniques éventrés qui deviennent le terrain de jeu des élèves! «Ils travaillent à des projets concrets, dit Ghyslaine Legault, conseillère pédagogique au Centre. Par exemple, un groupe monte présentement un réseau d'ordinateurs qui sera utilisé en classe.» Le Centre offre aussi une attestation d'études professionnelles (ASP) intitulée Réparation de micro-ordinateurs et introduction à la réseautique. Selon Ghyslaine Legault, les salaires des diplômés de ces programmes oscillent autour de 10 $ l'heure.

Du côté universitaire, on a aussi modifié les programmes pour répondre aux demandes du marché du travail. «Ces dernières années, nous avons intégré au baccalauréat en génie électrique une séquence de quatre cours de design qui visent à amener les étudiants à suivre une démarche de gestion de projet. Auparavant, ils réalisaient un travail de fin d'études, mais nous n'avions pas de cours pour les habituer à travailler en équipe et à gérer des projets», explique Paul Fortier, de l'Université Laval. Lors de ces cours de design, les étudiants réalisent une série de projets concrets et travaillent avec des outils de pointe comme... des blocs Lego Mindstorms!


Les principales formations


Diplômes d'études professionnelles (DEP)
Réparation d'appareils électroniques audiovidéo
Réparation et installation d'appareils électroniques domestiques
Installation et réparation d'équipement de télécommunication

Attestation de spécialisation professionnelle (ASP)
Réparation de micro-ordinateurs

Attestations d'études collégiales (AEC)
Assembleur et installateur de systèmes électroniques
Dépannage de systèmes électroniques
Électricité et électronique de maintenance
Technologie des systèmes électroniques domestiques

Diplômes d'études collégiales (DEC)
Technologie de conception électronique
Technologie de l'électronique
Technologie de l'électronique industrielle
Technologie des systèmes ordinés

Baccalauréats
Génie de la production automatisée
Génie électrique

Pour plus de détails sur ces formations, consultez :

l'Inforoute FPT
www.inforoutefpt.org

le Répertoire des programmes et des cours de l'enseignement collégial du ministère de l'Éducation du Québec
www.meq.gouv.qc.ca/ens-sup/ens-coll/Cahiers/cahiers.asp

et les sites du carnet.

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