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[Mode
d'emploi]
L'abc
de la formation continue
par
Julie Bourbonnière
Selon Gisèle Vachon, conseillère d'orientation, la formation continue
touche à peu près tout le monde : les salariés, les sans-emploi qui
désirent réintégrer le marché du travail, les chômeurs et même les retraités.
Les besoins de chaque personne dépendent directement de ses préférences,
du contexte d'emploi dans lequel elle évolue, de son ambition et des besoins
de l'entreprise pour laquelle elle travaille.
Tout apprentissage peut être considéré comme de la formation continue.
Ainsi, toute formation menant à l'obtention d'un diplôme d'études professionnelles,
d'un diplôme d'études collégiales, d'un baccalauréat, d'une attestation
de spécialisation professionnelle, d'une attestation d'études collégiales,
d'un certificat, etc., entre dans la catégorie «formation continue».
De même, les colloques et les ateliers de formation offerts par les associations
professionnelles et privées peuvent également fournir des acquis intéressants
au travailleur. La formation continue est donc un concept extrêmement
vaste.
Pour qui?
La formation continue s'adresse en général à deux types de clientèles,
analyse Carmen Sicilia, conseillère d'orientation. «Certaines personnes
veulent se perfectionner et acquérir de nouvelles compétences. D'autres
étudient pour le plaisir parce qu'elles ont de l'intérêt pour un domaine
précis, mais sans avoir nécessairement le goût ou le temps d'entreprendre
une longue formation.» C'est le cas des personnes qui suivent des
cours de nutrition dans l'optique d'apprendre à mieux se nourrir sans
avoir forcément l'ambition d'exercer une nouvelle profession dans ce domaine.
«Entre 37 et 42 ans, poursuit Carmen Sicilia, la plupart des travailleurs
vivent une remise en question. Ils réfléchissent à ce qu'ils ont fait
jusque-là et à ce qu'ils désirent accomplir ensuite. Certains décident
de changer de carrière, d'autres de terminer des études restées en plan.»
La plupart des personnes qui retournent aux études recherchent des formations
flexibles, leur permettant de concilier travail, cours et obligations
familiales. Par conséquent, les entreprises et les établissements d'enseignement
doivent s'efforcer de répondre aux besoins des travailleurs.
«Les compétences les plus recherchées par les employeurs et par
les employés sont celles qui touchent à la gestion des ressources humaines,
la santé et la sécurité au travail, l'informatique et l'acquisition d'une
langue seconde», souligne, pour sa part, Gisèle Vachon. Les formations
qui visent l'acquisition de ces compétences sont les plus nombreuses actuellement.
Elle ajoute que les entreprises ouvrant dans des domaines techniques et
technologiques par exemple, l'aérospatiale, la robotique et l'informatique
offrent systématiquement de la formation continue à leurs employés.
De plus, dans les secteurs concurrentiels sur les marchés internationaux,
tels que l'aéronautique et les technologies de l'information, la formation
continue est grandement valorisée, en raison du degré élevé de spécialisation
technique qui caractérise ces milieux.
Apprentissage virtuel
Plusieurs options s'offrent aux employeurs qui souhaitent avoir recours
à la formation continue : un formateur agréé qui supervise un groupe
de travailleurs sur place, la formation à distance, les cours particuliers,
etc.
De plus en plus en vogue, la «formation en ligne» ou e-learning,
repose sur l'usage d'Internet ou d'autres techniques de communication
interactives, telles que le cédérom avec ou sans lien Internet, la téléconférence,
la vidéoconférence. On est bien loin des méthodes classiques d'enseignement!
Les entreprises de technologie de pointe ont généralement recours à la
formation en ligne, mais les entreprises plus traditionnelles s'en servent
aussi fréquemment dans le cadre de l'apprentissage du fonctionnement de
logiciels et de tâches informatisées.
Cette méthode présente de nombreux avantages, explique Hervé Pilon, directeur
du service-conseil chez Big Knowledge, une firme spécialisée dans la formation
bureautique et technique et les solutions d'apprentissage virtuel. «La
formation est accessible partout et en tout temps. Elle s'adapte au style
d'apprentissage de chacun; de plus, grâce à l'interactivité, elle favorise
la participation des élèves tout en les familiarisant avec les différentes
sources d'information dans Internet.»
En outre, cette nouvelle approche pédagogique permet d'offrir une formation
centrée sur l'apprenant et de donner accès à une grande diversité de cours
et d'établissements d'enseignement, sans que la personne ait à se déplacer.
Pour les entreprises, le plus gros avantage réside dans la réduction des
coûts liés à la formation et aux frais de déplacement, ajoute Hervé Pilon.
Les systèmes de communication utilisés, que ce soit l'intranet d'une entreprise
ou le site Internet d'un établissement de formation, offrent également
une diffusion rapide et uniforme de l'information à tous les apprenants.
Ils permettent aussi de mesurer l'évolution des connaissances acquises,
la participation des élèves et l'efficacité du programme de formation
grâce à des tests réalisés auprès de ces derniers.
«Bien que les coûts de conception d'un programme de formation aient
nettement diminué, peu d'entreprises décident de délaisser la formation
traditionnelle au profit du e-learning. On conseille aux entreprises
d'utiliser des formes d'apprentissage mixtes ou hybrides», remarque
Hervé Pilon.
En effet, même si les avantages à mettre en place des programmes de formation
virtuelle sont nombreux, ces programmes nécessitent aussi des connaissances
de base en informatique de la part des apprenants.
De plus, l'implantation d'un programme de formation exige qu'une firme
spécialisée procède à l'analyse exhaustive des besoins de formation de
l'entreprise et des ressources financières dont elle dispose, ce qui génère
des dépenses additionnelles.
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