accueil-jobboom accueil-jobboomecrivez-nous
à la uneextraitscarnet webarchivesressources
on sait ce que l'avenir vous réserve

présentation du magazine

 
tarifs publicitaires


emplois général
emplois comptabilité / finances
emplois génie
emplois soutien administratif
emplois technologies de l'information
emplois ventes / service à la clientèle
Votre carrière

retour au sommaire
  [L'industrie de l'imprimerie]
Besoins pressants
par Alec Castonguay

Le Québec compte à lui seul deux des plus importants imprimeurs au monde (dont le plus gros!) ainsi qu'une pléiade de PME spécialisées en impression. Mais l'industrie manque de main-d'ouvre : la moyenne d'âge des travailleurs actuels progresse vite et la relève se fait rare. Les imprimeurs appellent les jeunes à la rescousse.


Le travail des imprimeurs est visible partout autour de nous. Les romans et magazines que nous lisons, la publicité dans nos boîtes postales, les sacs à pain tranché, les inscriptions sur les t-shirts griffés, etc. « L'imprimé est utilisé tellement couramment qu'on oublie qu'il y a du monde qui travaille pour confectionner tout ça. Juste pour imprimer une boîte de céréales, il faut faire appel à une quinzaine de métiers différents », souligne Ghyslaine Marcotte, coordonnatrice de projet au Comité sectoriel de main-d'ouvre des communications graphiques du Québec (CSMO-CGQ).

Pour continuer à fonctionner, l'industrie de l'imprimerie a grandement besoin de renfort. Plusieurs postes sont en pénurie chronique de main-d'ouvre. Avec une moyenne d'âge de près de 44 ans, le vieillissement des employés s'accélère dangereusement. « Il y a tellement d'entreprises en imprimerie qu'il manque de monde partout », explique Gilles Hivon, copropriétaire de l'imprimerie Debesco, à Granby.

La tarte est effectivement tranchée mince au Québec. Près de 1 400 imprimeurs se partagent le marché, employant 39 000 personnes. Quebecor World - le >premier imprimeur commercial au monde - et Imprimeries Transcontinental se partagent 50 % de la production québécoise.

Postes vacants
La pénurie sévit surtout pour les postes d'estimateurs et de chargés de projet, d'opérateurs en finition et en reliure, de pressiers, de représentants d'imprimerie et de vendeurs. D'autres métiers présentent aussi certaines disponibilités, comme les aides-pressiers, les infographistes et les techniciens en préimpression. « Le manque de main-d'ouvre est difficile à chiffrer », juge Ghyslaine Marcotte. On estime cependant que pour les métiers d'estimateur ou de chargé de projet, il y aurait plus de 200 postes vacants. Selon le CSMO-CGQ, les salaires dans l'industrie tournent autour de 32 000 $ par année.

C'est en dehors des grands centres que la pénurie frappe le plus durement. « À l'extérieur des grands centres, il faut carrément prendre des gens sans expérience et les former à l'usine. On n'a pas le choix », explique Pierre Vermette, directeur général ressources humaines pour le groupe d'usines F de Quebecor.

Dans un contexte de concurrence féroce, les imprimeurs doivent de plus composer avec la nature cyclique de ce marché, où alternent des périodes de production intensives et des périodes plus calmes. Un phénomène qui accentue les problèmes de pénurie de main-d'ouvre. « On a besoin de tout notre personnel en même temps, dit Gilles Hivon, mais quand ça ralentit, les employés vont se chercher du travail dans un autre domaine et ils ne reviennent pas toujours. »

Pour pourvoir aux postes vacants et garder leur personnel durant les creux de production, les entreprises mettent en place certains incitatifs. Chez Intramedia, à Boucherville, on offre par exemple des horaires de trois jours de 12 heures par semaine. On tente aussi de bonifier l'offre salariale pour embaucher lorsqu'on a des besoins criants, mais « dans le milieu, la rémunération n'est pas un gros enjeu », soutient Pierre Lacelle, directeur général d'Intramedia, qui emploie 150 personnes. « Les salaires se ressemblent d'un endroit à l'autre. »

Où sont les élèves?
Seulement deux cégeps, le Collège Ahuntsic et le Cégep Beauce-Appalaches, offrent un diplôme d'études collégiales pour les métiers reliés au domaine de l'impression. Au Cégep Beauce-Appalaches, les élèves en gestion de l'imprimerie ont la possibilité d'effectuer deux stages rémunérés en alternance travail-études. Leur formation les mène principalement vers des postes de représentants au service à la clientèle, d'estimateurs et de chargés de projet.

Toutefois, même si les programmes sont peu nombreux, on ne se bouscule pas au portillon. « Nous avons de la difficulté à attirer des candidats en techniques de l'impression et en gestion de l'imprimerie », admet Gabrielle Théroux, coordonnatrice de l'enseignement technique au Collège Ahuntsic.

Pour contrer ce phénomène incompréhensible - compte tenu des perspectives de carrière plus qu'honorables qu'offre l'imprimerie - le milieu instaurera dès l'an prochain un système de bourses pour les élèves du collégial. « En échange de la réussite de tous leurs cours, les élèves des deux cégeps recevront une bourse de 1 000 $ par année, pendant deux ans », explique Alain Ainsley, conseiller pédagogique au Cégep Beauce-Appalaches.

Les autres programmes d'études concernant le domaine de l'impression se donnent au niveau secondaire, en formation professionnelle. Par exemple, le Centre de formation Compétences 2000, à Laval, offre deux programmes, soit Procédés infographiques et Imprimerie. Dans la métropole, l'École d'infographie et d'imprimerie de Montréal du Centre Calixa-Lavallée s'est dotée cette année d'équipements d'imprimerie des plus sophistiqués, dignes de ceux avec lesquels travailleront les diplômés une fois sur le marché.

Là aussi, la clientèle se fait rare. Au Centre de formation professionnelle de Rochebelle, à Québec, le programme en imprimerie pourrait facilement accueillir 30 % plus d'élèves. Mais où sont-ils? « Beaucoup de parents ont une mauvaise opinion de la formation professionnelle et n'encouragent pas les jeunes à s'inscrire », estime Chantal Langlois, conseillère d'orientation à ce centre. « Les conseillers d'orientation du milieu scolaire semblent aussi mal connaître le domaine de l'imprimerie, déplore Denis Benoît, directeur adjoint au Centre de formation Compétences 2000. Il faudrait organiser pour eux des visites industrielles, pour leur permettre de constater que les jeunes peuvent très bien y réussir leur vie. »

« Les adolescents pensent que l'imprimerie, c'est sale, et qu'ils vont travailler dans l'encre à en être beurrés jusqu'aux oreilles, ajoute Ghyslaine Marcotte. Il y a longtemps que ce n'est plus comme ça. Dans beaucoup d'usines, on pourrait presque manger par terre tellement c'est propre! » Le CSMO-CGQ augmente d'ailleurs de plus en plus sa visibilité durant les journées portes ouvertes des établissements scolaires, question de faire mieux connaître aux élèves les belles perspectives de carrière dans le secteur.

Gilles Hivon, de l'imprimerie Debesco, a la chance d'avoir de la relève dans sa propre famille! Sa fille étudie en gestion de l'imprimerie, au Collège Ahuntsic. « Elle va avoir de la job en masse! » Ainsi que tous ses confrères et consours d'études, à n'en pas douter.


Place aux infographistes

La numérisation des procédés d'impression qui secoue les imprimeries depuis le milieu des années 1990 est en train de faire mourir quelques métiers. C'est le cas des pelliculeurs et des typographes. La plupart des postes en préimpression demandent aujourd'hui des qualifications en informatique. « Les infographistes et les graphistes ont pris beaucoup de place », souligne Ghyslaine Marcotte, coordonnatrice de projet au Comité sectoriel de main-d'ouvre des communications graphiques du Québec (CSMO-CGQ).

Alors que les graphistes titulaires d'un baccalauréat conçoivent les projets, les infographistes s'occupent de la partie plus technique qui consiste à l'arrangement des couleurs, le montage des documents, etc.

Ces métiers, malgré une demande soutenue, ne manquent pas d'employés. L'énorme offre de formation (l'infographie s'étudie dans presque tous les cégeps de la province) combinée à la popularité des programmes maintiennent un équilibre dans le marché.

« Bien des gens qui étudient en graphisme ne se doutent pas qu'ils vont finalement travailler dans le milieu de l'imprimerie, raconte Ghyslaine Marcotte. Beaucoup se voient en création de sites Web ou de logos dans des compagnies de publicité, mais ces personnes peuvent aussi ouvrer à proximité des presses. » C'est d'ailleurs dans ce segment d'emploi que les femmes sont les plus présentes en imprimerie. Industrie manuelle traditionnellement composée d'hommes (encore aujourd'hui, près de 66 % de la main-d'ouvre est masculine), l'imprimerie laisse plus de place aux femmes avec la numérisation des procédés.


carnet web
 
Accueil Jobboom
 

 


Commentaires: lemagazine@jobboom.com
Copyright 1996-2006 Canoë inc., Tous droits réservés
Jobboom est une division de Canoë inc.