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  [Dossier]
Placement des diplômés
Secondaire professionnel / Collégial technique / Universitaire (premier cycle)

Recherche et rédaction Guylaine Boucher
Coordination Annick Poitras

En 2002, les employeurs se sont arraché les jeunes ébénistes, électriciens d’entretien, techniciens en génie civil, physiothérapeutes et biologistes, et même les diplômés en sciences politiques et en sociologie. Ils ont toutefois boudé les titulaires d’un diplôme d’études professionnelles en comptabilité, les techniciens en génie mécanique et en logistique de transport, tout comme les sortants en informatique.

C’est ce qu’indiquent les résultats de notre étude portant sur l’insertion des diplômés dans le marché du travail, que nous vous présentons dans les pages qui suivent. Cette recherche a été menée en juin 2002 auprès des services de placement des établissements d’enseignement des niveaux secondaire professionnel, collégial technique et universitaire.

Le groupe de recherche Ma Carrière (une division de Jobboom) produit cette tournée des services de placement deux fois l’an, à l’automne et au printemps. Des dizaines d’établissements sont contactés dans toutes les régions du Québec et sont invités à rendre compte de leur situation sur une base qualitative.


Placement des diplômés du secondaire professionnel
Le DEP gagne du terrain

Le bilan des commissions scolaires quant à l’intégration des diplômés du secteur professionnel est sans équivoque. Dans de nombreux domaines, l’obtention d’un diplôme d’études professionnelles (DEP) ne s’est jamais révélée aussi avantageuse.

Selon Yvon Campeau, conseiller pédagogique à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île à Montréal, les efforts de promotion effectués au cours des dernières années à l’égard de la formation professionnelle portent leurs fruits. «Pendant longtemps, les jeunes du secondaire n’allaient pas directement en formation professionnelle, parce que tout le monde préconisait le cégep et l’université. Il y a encore beaucoup de chemin à faire, mais actuellement, en raison des bonnes perspectives d’emploi que présente le DEP, l’image négative que les parents avaient de la formation de niveau secondaire se défait. Aussi, les employeurs sont maintenant plus conscients de la valeur de ce diplôme.»

Conseiller d’orientation au Centre de formation professionnelle 24-Juin, en Estrie, Jean Loignon confirme que la conjoncture économique favorable contribue également à l’intégration des diplômés. «En 2002, l’amélioration des taux de placement se remarque un peu partout. Je n’ai pas de données précises, mais même la période qui a suivi les événements du 11 septembre 2001 semble avoir été bien traversée. L’économie va bien et génère de nombreux emplois pour les diplômés de la formation professionnelle.»

Les formations qui volent la vedette
Dans l’ensemble des régions du Québec, les responsables des services de placement dans les centres de formation professionnelle confirment que les employeurs s’intéressent vivement aux diplômés du secteur du bâtiment. C’est le cas notamment en Montérégie où, selon Hélène Ayotte, conseillère en orientation au Centre de formation professionnelle Pierre-Dupuy à Longueuil, «tous les métiers chapeautés par la Commission de la construction du Québec sont en forte demande, que ce soit par exemple la charpenterie-menuiserie, le briquetage-maçonnerie ou la réfrigération».

Certaines formations liées au travail du bois et menant à l’industrie du meuble sont aussi prisées. Dans la région de Québec, au Centre de formation professionnelle de Neufchâtel, l’ébénisterie figure dans le peloton de tête. «En ébénisterie, nous n’avions que 36 diplômés pour 130 offres d’emploi, explique le directeur du Centre, Jimmy Campagna. Certains employeurs espéraient pouvoir embaucher plusieurs diplômés à la fois, voire jusqu’à 25 personnes pour une même entreprise. Ces diplômés sont convoités pour travailler le bois, construire des meubles et des armoires.» L’engouement est similaire en ce qui a trait à la formation en rembourrage artisanal.

Le Centre de formation professionnelle de Neufchâtel brandit également un taux de placement de 100 % pour ses diplômés en cordonnerie. Les propriétaires de petites cordonneries sont en effet nombreux à vouloir recruter du personnel formé. Selon Jimmy Campagna, l’absence de relève dans cette profession, le fait qu’elle soit peu connue et le faible nombre d’inscriptions dans ce programme d’études expliquent en grande partie la difficulté à combler les besoins actuels.

La performance en emploi des titulaires d’un DEP issus du secteur électrotechnique est aussi enviable. L’électricité de construction et l’électricité d’entretien se distinguent particulièrement. Responsable à la vie étudiante pour la formation professionnelle à la Commission scolaire de Rouyn-Noranda, Lyne Mayrand craint que le nombre de candidats en électricité d’entretien soit insuffisant pour répondre à la demande. Celle-ci provient principalement des firmes de construction privées qui recherchent activement du personnel pour œuvrer sur leurs chantiers.

Les diplômés du secteur de la santé ont aussi la cote, tant dans le secteur public (CLSC, centres hospitaliers, etc.), qu’auprès d’organismes communautaires et de firmes privées (agences de soins infirmiers, groupes d’entraide, etc.). À Shawinigan, Martine Lafond, coordonnatrice du Bureau d’emploi en formation professionnelle de la Mauricie, signale un manque flagrant de diplômés en assistance aux bénéficiaires en établissement de santé, en assistance familiale et sociale aux personnes à domicile ainsi qu’en santé, assistance et soins infirmiers. «Les employeurs doivent recruter avant que les candidats aient terminé leurs études. Présentement, nous tenons même des listes d’attente», explique-t-elle.

Comme c’est le cas aussi dans le bâtiment et le meuble, le vieillissement de la main-d’œuvre en place dans le réseau de la santé explique en grande partie les besoins éprouvés. «Les années 1990 ont été caractérisées par les restrictions budgétaires dans le réseau de la santé, explique Marthe Couture, directrice adjointe au Centre de formation professionnelle Riverside Park à la Commission scolaire Lester-B.-Pearson. Beaucoup de gens ont quitté à cette époque et les postes laissés vacants n’ont jamais été pourvus. Les besoins sont donc importants en ce moment, d’autant plus que les départs à la retraite se poursuivent.»

Après des années de performance relative, le secteur de l’alimentation et du tourisme se taille maintenant une place de choix. Selon Yvon Campeau, c’est le cas notamment en pâtisserie, en cuisine d’établissement et en cuisine actualisée. Certaines tendances régionales se dessinent également : à Montréal, le scénario tient aussi pour le programme en service de la restauration, et en Mauricie, les besoins de main-d’œuvre en boucherie seraient alarmants. Pour l’ensemble des diplômés, les principaux employeurs demeurent les petites entreprises : restaurants, boulangeries et épiceries de quartier.

Le secteur manufacturier est tout aussi prometteur. À la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys à Montréal, Francine Bernier, responsable du Service d’aide au placement, affirme que les diplômés des programmes de mécanique de machines fixes et mécanique industrielle de construction et d’entretien tirent bien leur épingle du jeu. Toujours en industrie, certains créneaux sont particulièrement attrayants, notamment celui des matériaux composites (mise en œuvre des matériaux composites ) et celui de l’imprimerie, que ce soit pour les formations en impression et finition ou reprographie et façonnage.

Elles maintiennent le cap
Plusieurs spécialisations ont maintenu leur performance en 2002. Les formations liées à l’entretien d’équipement motorisé, dont mécanique automobile, carrosserie et mécanique de véhicules lourds, sont du nombre. La formation en soudage-montage demeure aussi bon joueur, à l’instar des diplômes menant au travail de bureau, soit secrétariat, secrétariat médical (attestation de spécialisation professionnelle [ASP]) ou secrétariat juridique (ASP).

Contre toute attente, le secteur des soins esthétiques se refait une beauté. En esthétique, la spécialisation en épilation à l’électricité (ASP) ou des connaissances en massothérapie présentent toutefois un net avantage sur le plan de l’employabilité. Dans le Bas-Saint-Laurent, «de telles spécialisations ont permis une augmentation du taux de placement pour les diplômés du secteur», note Clément Gallant, agent de placement au Centre de formation Rimouski-Neigette. L’accroissement du nombre de clients explique l’intérêt accru des propriétaires de salons de beauté pour les diplômés du secteur professionnel.

Freinées dans leur élan
D’autres formations ont cependant connu de mauvais jours en 2002, entre autres celles liées au secteur de l’aéronautique, qui a traversé une importante crise au lendemain des événements du 11 septembre 2001. Les diplômés en techniques d’usinage ont été affectés. «L’un des plus importants employeurs dans ce secteur est Bombardier. Comme toutes les pièces d’avions produites doivent être usinées, la demande de machinistes était très élevée. Après les attentats, Bombardier a mis à pied de 400 à 500 travailleurs. Heureusement, le ralentissement n’a pas été très long et n’a affecté nos diplômés que jusqu’en décembre 2001. Depuis, l’embauche reprend lentement», affirme Jimmy Campagna du Centre de formation professionnelle de Neufchâtel.

En Montérégie, en plus des diplômés en techniques d’usinage, les sortants en mécanique de tôlerie aéronautique, en montage de structures en aérospatiale, en montage de câbles et de circuits en aérospatiale et en montage mécanique en aérospatiale ont aussi subi l’onde de choc.

Autre phénomène conjoncturel, les titulaires d’un DEP en soutien informatique ont été nettement moins prisés en 2002. À Montréal, quatre des cinq commissions scolaires actives en formation professionnelle affirment avoir senti une baisse marquée des offres d’emploi dans ce secteur.

Enfin, en administration, la formation en comptabilité semble aussi avoir perdu de la vitesse en 2002, à tout le moins dans la région de Québec et en Mauricie. «Après avoir été complètement modifié, le programme de DEP en comptabilité est mal connu et, par conséquent, boudé par les employeurs», signale Martine Lafond, en Mauricie.


Secondaire professionnel
Les diplômés en forte demande


Alimentation et tourisme

  • Boucherie
  • Cuisine actualisée
  • Cuisine d’établissement
  • Pâtisserie

Bâtiments et travaux publics

  • Briquetage-maçonnerie
  • Charpenterie-menuiserie
  • Dessin de bâtiment
  • Entretien général d’immeubles
  • Mécanique de machines fixes
  • Plomberie-chauffage
  • Réfrigération

Bois et matériaux connexes

  • Ébénisterie
  • Finition de meubles
  • Rembourrage artisanal
  • Électrotechnique
  • Électricité de construction
  • Électricité d’entretien

Santé

  • Assistance aux bénéficiaires en établissement de santé
  • Assistance dentaire
  • Assistance familiale et sociale aux personnes à domicile
    À noter que le bilinguisme est considéré comme un atout, surtout en région urbaine.
  • Assistance technique en pharmacie
  • Santé, assistance et soins infirmiers

Secondaire professionnel
Les diplômés boudés
  • Comptabilité
  • Électromécanique de systèmes automatisés
  • Mécanique de tôlerie aéronautique
  • Montage de câbles et de circuits en aérospatiale
  • Montage de structures en aérospatiale
  • Montage mécanique en aérospatiale
  • Soutien informatique
  • Techniques d’usinage

Placement des diplômés du collégial technique
DEC technique : le relais démographique

Ça ne fait plus aucun doute : la main-d’œuvre québécoise est vieillissante et de nombreuses offres d’emploi résultent de ce phénomène démographique. La course à relais est déjà amorcée et les diplômés du collégial technique sont bien outillés pour reprendre le flambeau.

Au cours des deux dernières années, nous avons connu une nette amélioration du taux de placement de nos titulaires d’un diplôme d’études collégiales (DEC) en formation technique, même dans des secteurs auparavant moins performants. L’année scolaire 2001-2002 a d’ailleurs été parmi les plus florissantes, affirme Gaëtan St-Pierre, responsable du Service d’aide à l’emploi au Cégep de Rivière-du-Loup. Le vieillissement de la main-d’œuvre commence vraiment à se faire sentir. Dans certains secteurs d’activité, la pénurie de travailleurs n’est plus très loin.»

Jennifer Tremblay, responsable du Service de placement au Collège François-Xavier-Garneau à Québec, partage cet avis. Dans cet établissement, 2002 a été une excellente année pour les diplômés. «Après les événements du 11 septembre 2001, nous avons eu un léger ralentissement de la demande, mais en peu de temps, les choses ont repris et aujourd’hui nous vivons la situation inverse : dans plusieurs programmes d’études, nous n’avons plus de diplômés à recommander.»

Les grandes gagnantes
Si le bilan est en général positif, certaines formations volent tout de même la vedette, notamment dans le secteur des services sociaux, éducatifs et juridiques. Au Collège de Sherbrooke, par exemple, les diplômés en techniques d’éducation en services de garde, en techniques d’éducation spécialisée et en techniques de travail social ont été nettement favorisés en 2002, selon Lise Fréchette, porte-parole du Service de placement.

Idem au Cégep du Vieux Montréal. «La création des centres de la petite enfance, les départs à la retraite dans le secteur public et l’ouverture de plusieurs postes dans le secteur communautaire expliquent en grande partie la demande grandissante», avance Sylvie L’Espérance, technicienne en information dans cet établissement. Selon les observations de Gaëtan St-Pierre, même le nombre d’emplois offerts aux diplômés en techniques d’intervention en loisir serait à la hausse. Ces postes à temps plein sont surtout disponibles au sein d’organismes communautaires : clubs sociaux, terrains de jeux, etc.

Au Collège François-Xavier-Garneau, on remarque que les diplômés en techniques d’intervention en délinquance et en techniques policières sont plus recherchés qu’auparavant. «En 1996, le taux de placement pour les sortants en techniques d’intervention en délinquance était de 37,5 %, relate Jennifer Tremblay. On parlait alors de fermer le programme. En 2001, il était de 92 % et la demande se maintient en 2002. Les pénitenciers, tant fédéraux que provinciaux, sont en plein recrutement en raison des mises à la retraite et les diplômés en intervention en délinquance sont les seuls à être véritablement formés pour travailler dans ces milieux.»

Pour leur part, les diplômés en techniques policières pourvoient à des postes aussi laissés vacants par de nouveaux retraités. «Les dernières statistiques faisaient état d’un taux de placement de 95 %; il devrait se maintenir pendant encore quatre ou cinq ans», prévoit Jennifer Tremblay.

Les médias en font grandement état : le secteur de la santé recherche activement du personnel. Ainsi, les diplômés en soins infirmiers, en techniques d’hygiène dentaire, en techniques de réadaptation physique et en technologie de radio-oncologie, pour ne nommer que ceux-là, sont très estimés. «Les besoins du réseau de santé sont tellement grands que, dans la majorité des cas, on manque de candidats pour répondre aux offres», explique Lise Fréchette du Collège de Sherbrooke.

Par ailleurs, le secteur du bâtiment et des travaux publics a connu en 2002 l’une de ses meilleures années. Au Cégep régional de Lanaudière, Serge Turcotte, responsable du Service à l’emploi, affirme qu’en technologie du génie civil, le nombre de diplômés est insuffisant pour satisfaire à la demande : «Les annonces effectuées par les gouvernements en matière de construction et d’infrastructures, routes ou autres, créent beaucoup d’emplois.»

Au Collège de Sherbrooke et au Cégep de Jonquière, les sortants en techniques d’écologie appliquée et en techniques d’aménagement du territoire font aussi bonne figure. «En aménagement, plusieurs offres d’emploi nous sont parvenues des municipalités. En fait, nous manquons tout simplement de candidats pour répondre à toutes les offres», affirme à ce sujet la responsable du Service de placement du Cégep de Jonquière, Lise Côté.

Le grand secteur de l’administration demeure intéressant pour les diplômés en techniques administratives* — particulièrement ceux ayant opté pour une spécialisation en finance ou en marketing. Sur la Côte-Nord, malgré une conjoncture économique relativement stable, la demande de diplômés en techniques de bureautique demeure élevée, surtout dans les petites et les moyennes entreprises, avance Lucille Gagné, responsable du placement au Cégep de Sept-Îles. À Québec, la proximité des bureaux de la fonction publique et le vaste recrutement amorcé de ce côté permettent aussi aux travailleurs administratifs de trouver aisément un emploi.

Le secteur pharmaceutique et biotechnologique est aussi actif sur le plan de l’embauche. Au Cégep de Jonquière, par exemple, un mois à peine après la fin des cours, «presque tous les sortants en techniques de génie chimique et techniques de chimie analytique avaient trouvé un emploi», remarque Lise Côté.

Des hauts et des bas
Tout n’est cependant pas rose. Conséquence des événements du 11 septembre 2001 et du bref ralentissement économique qui a suivi, les formations menant au secteur manufacturier ou dans les entreprises de technologie de pointe ont connu un recul. Selon Lucie Lahaie, responsable du Bureau de liaison avec l’entreprise du Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, «la demande a notamment diminué en techniques de génie mécanique et en technologie de l’électronique». Les titulaires d’un DEC en entretien d’aéronefs et en construction aéronautique ont aussi fait face à un accueil plutôt mitigé.

Victime du marasme dans lequel baignent de nombreuses entreprises technologiques, le secteur de l’informatique a connu un ralentissement important. Au Cégep de Jonquière, par exemple, cinq fois moins d’offres d’emploi ont été proposées aux diplômés en techniques de l’informatique en 2002, comparativement à l’année précédente. Cette baisse se remarque aussi au Cégep régional de Lanaudière.

En arts et en communications graphiques, les formations en design d’intérieur et en graphisme, entre autres, ont essuyé des revers. «Qu’on le veuille ou non, affirme Sylvie L’Espérance du Cégep du Vieux Montréal, en période d’insécurité économique, les gens ont souvent tendance à couper dans les choses plus esthétiques. L’embauche devrait toutefois reprendre.»

Enfin, pour les sortants en techniques de la logistique de transport, 2002 a été plutôt morose. «Après les attentats terroristes, la diminution des activités sur le plan du transport a été assez importante. Une certaine reprise s’est finalement fait sentir en mars et les choses semblent vouloir se replacer depuis, explique Jennifer Tremblay du Collège François-Xavier-Garneau.

«Ce qu’il est important de retenir, c’est que même si certains secteurs traînent momentanément de la patte, de façon générale, les perspectives d’emploi sont excellentes pour une majorité de diplômés du collégial», conclut-elle.

* Le programme de techniques administratives a été révisé. Depuis septembre, une nouvelle structure de programme et de nouvelles voies de spécialisation sont offertes dans certains collèges.


Collégial technique
Les diplômés en forte demande


Administration, commerce et informatique

  • Techniques administratives
    Les spécialisations en finance et en marketing sont les plus recherchées.
    Le bilinguisme est requis.
  • Techniques de bureautique
    Le bilinguisme, voire la maîtrise d’une troisième langue, sont requis.
    La spécialisation en micro-édition et hypermédia est la plus populaire auprès des entreprises, notamment les PME.

Bâtiment et travaux publics

  • Technologie de génie civil
    La mobilité de la main-d’œuvre est requise pour travailler sur les chantiers.

Environnement et aménagement du territoire

  • Techniques d’aménagement du territoire
    Les emplois sont souvent en régions éloignées; la main-d’œuvre doit être mobile.
  • Techniques d’écologie appliquée
    Les emplois sont souvent en régions éloignées; la main-d’œuvre doit être mobile.

Santé

  • Audioprothèses
  • Soins infirmiers
  • Techniques d’électrophysiologie médicale
  • Techniques d’inhalothérapie
  • Techniques d’orthèses et de prothèses orthopédiques
  • Techniques d’orthèses visuelles
  • Techniques de denturologie
  • Techniques de laboratoire médical
  • Techniques de réadaptation physique
  • Techniques dentaires
  • Technologie de médecine nucléaire
  • Technologie de radiodiagnostic
  • Technologie de radio-oncologie

Services sociaux, éducatifs et juridiques

  • Techniques d’éducation en services de garde
  • Techniques d’éducation spécialisée
    Les centres jeunesse et les centres pour personnes âgées sont les principaux employeurs.
  • Techniques d’intervention en délinquance
    Le secteur d’emploi le plus prometteur est le milieu carcéral.
  • Techniques d’intervention en loisir
    Les emplois disponibles sont en majorité à forfait ou à temps partiel.
  • Techniques de travail social
    Les diplômés trouvent du travail principalement dans les centres jeunesse et les CLSC.
  • Techniques policières
    Le passage à l’École nationale de police est obligatoire.
    Le bilinguisme est un atout important.


Collégial technique
Les diplômés boudés

  • Construction aéronautique
  • Design d’intérieur
  • Entretien d’aéronefs
  • Graphisme
  • Techniques de génie mécanique
  • Techniques de l’informatique
  • Techniques de la logistique de transport
  • Technologie de l’électronique

Placement des diplômés du premier cycle universitaire
Une bonne moyenne

Malgré l’accueil inégal qu’ils ont reçu en 2001-2002, les diplômés universitaires ont la réputation de savoir tirer leur épingle du jeu en période de turbulence économique. Si les bilans positifs sont moins unanimes que par le passé, le taux de placement de la majorité des formations tient quand même le coup.

Au Québec, d’une région à l’autre, les échos diffèrent. Alors qu’à l’Université du Québec à Hull et à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) on dit avoir reçu plus d’offres d’emploi en 2001-2002 qu’au cours des années précédentes, pour la même période, à l’Université McGill et à l’Université de Sherbrooke on accuse plutôt un recul. «En 2001 et 2002, il s’est créé beaucoup d’emplois exigeant une moins grande expertise (pouvant donc être pourvus par des titulaires d’un diplôme d’études professionnelles ou collégiales). Peu de nouveaux emplois étaient véritablement destinés aux diplômés universitaires, estime Gregg Blachford, directeur du Service de placement et des carrières à l’Université McGill. Bien que nous ayons renforcé notre présence dans les salons de l’emploi, poursuit-il, les résultats n’ont pas été aussi concluants que par les années passées.»

À l’Université de Sherbrooke, Paul-André Bergeron, responsable du Service de placement, affirme pour sa part que pour l’ensemble des disciplines, le nombre d’offres d’emploi reçues en 2001-2002 a décliné de 21 % par rapport à l’année scolaire précédente.

Les formations gagnantes
Malgré les hauts et les bas du marché de l’emploi, un certain nombre de formations ont maintenu un taux de placement comparable à celui du début des années 2000. Le secteur de la santé figure parmi les domaines les plus actifs en matière de recrutement. Le taux de placement est excellent pour plusieurs formations du secteur : soins infirmiers, médecine, pharmacie, ergothérapie, physiothérapie et orthophonie. «C’est au domaine médical que nous devons le bilan positif de notre service de placement au cours de la dernière année, explique Andrée Desroches, responsable du Service universitaire de l’emploi à l’Université de Montréal. En orthophonie seulement, nous avons reçu 170 offres d’emploi pour 42 sortants.»

Plusieurs formations issues des sciences pures et appliquées ont aussi la cote actuellement. Selon Micheline Grenier, directrice du Service de placement à l’Université Laval, ce succès est en partie attribuable au développement soutenu dans les secteurs biopharmaceutique, manufacturier et financier.

Ainsi, confirme Paul-André Bergeron de l’Université de Sherbrooke, les diplômés en génie chimique, en biochimie et en chimie «sont très recherchés par les centres de recherche privés et publics, de même que les grandes compagnies pharmaceutiques». Les industries manufacturières continuent aussi de convoiter les diplômés en génie mécanique et en génie physique.

Les sortants en génie civil ont eux aussi vu leurs perspectives d’emploi s’améliorer considérablement en 2002. Tout comme les techniciens en génie civil, ils bénéficient des nombreux investissements annoncés par les deux paliers de gouvernement en matière d’infrastructures : routes, ponts, etc.

Régis Beaulieu, conseiller au Bureau de stage et placement de l’Université du Québec à Rimouski, ajoute que la demande pour de diplômés en biologie n’a jamais été aussi élevée. «Les entreprises du domaine récréotouristique sont d’importants employeurs. Elles souhaitent offrir des services d’interprétation aux personnes qui visitent leur site ou qui participent à leurs activités et elles ont recours à des biologistes pour le faire. L’ouverture du Technocentre du Bas-Saint-Laurent a aussi créé plusieurs emplois en biologie pour ce qui a trait aux activités maritimes.»

Le secteur bancaire et les firmes d’assurances continuent de recourir aux diplômés en actuariat et en statistiques. «Le taux de placement de ces formations est élevé depuis trois ans», note André Gagnon, coordonnateur du Service de carrière et placement à l’Université Concordia.

Le secteur de l’administration est par ailleurs toujours aussi bon joueur. «Les diplômés spécialisés en finance et en marketing sont les plus recherchés», affirme Michel Bergeron, conseiller en emploi à l’Université du Québec à Chicoutimi. Dans d’autres établissements, dont l’Université du Québec à Trois-Rivières, la conseillère en information professionnelle Rachel Lemelin note que les bacheliers spécialisés en ressources humaines sont également assez bien accueillis. Les diplômés en comptabilité sont aussi sollicités, surtout ceux qui aspirent à un titre comptable — comptable agréé (CA), comptable en management accrédité (CMA) et comptable général licencié (CGA).

Des surprises
En 2002, un certain nombre de programmes d’études longtemps boudés par les employeurs refont surface. La plus grande surprise est la remontée considérable des bacheliers en sciences humaines. À l’Université Laval, Micheline Grenier confirme que les offres d’emploi destinées aux diplômés en sciences politiques, en sociologie et en histoire n’ont pas été aussi abondantes depuis belle lurette. Idem à l’Université de Montréal.

Dans l’ensemble des universités où le phénomène a été remarqué, on attribue ce revirement au vaste recrutement amorcé par les fonctions publiques québécoise et fédérale. Située à proximité des institutions du gouvernement fédéral, l’Université du Québec à Hull confirme avoir senti cette vague de fond. «Pour combler le vide laissé par les départs à la retraite, les gouvernements misent beaucoup sur la relève. Ça se reflète dans les offres d’emploi que nous recevons. La demande est très grande pour plusieurs types d’emploi : adjoints administratifs, agents de recherche, conseillers ou analystes. Les diplômés en comptabilité, en finance, en sociologie, en histoire ou en économie, entre autres, sont demandés en grand nombre», explique Chantal Bilodeau, conseillère à l’aide à l’emploi dans cet établissement.

De l’avis de Micheline Grenier, de l’Université Laval, même les étudiants de deuxième et de troisième cycle qui poursuivent des études en sciences humaines, comme la sociologie et la science politique, profitent du mouvement. «Les universités elles-mêmes sont en recrutement et cherchent à pourvoir à de nombreux postes de professeurs.»

Le vieillissement du personnel en place se fait aussi sentir dans les services sociaux. Par conséquent, les diplômés en psychologie, en travail ou service social et en criminologie profitent également d’un accroissement de la demande pour leur expertise.

Cette percée remarquable des sciences humaines s’accompagne du maintien d’un fort intérêt pour les diplômés en enseignement. Présents dans toute la province, les besoins semblent toutefois plus aigus pour les diplômés qui se destinent à l’enseignement des sciences ou d’une langue seconde au secondaire.

Des temps incertains
Conséquence des perturbations économiques qui ont eu cours en 2001 et 2002, les diplômés en technologie de l’information ont vu leurs occasions d’emploi fondre comme neige au soleil. «Les formations en génie informatique et en informatique ont subi une baisse radicale de leur taux de placement», soutient Gregg Blachford de l’Université McGill. L’éclatement de la bulle technologie explique en grande partie cette situation. Dans la majorité des établissements d’enseignement, on note que les diplômés en informatique doivent consacrer plus de temps et d’efforts que par les années passées pour obtenir un emploi. Il est aussi remarqué que les emplois offerts actuellement peuvent être à temps partiel ou à forfait, et moins bien rémunérés qu’auparavant. Somme toute, les perspectives d’emploi restent bonnes, mais elles tranchent nettement avec l’effervescence des dernières années.

Momentanément ébranlés par les événements du 11 septembre 2001, l’aéronautique et le tourisme ont aussi connu un ralentissement. À l’Université Concordia, André Gagnon parle d’une véritable saignée en ce qui concerne l’embauche des sortants en génie électrique, qui sont nombreux à travailler dans le secteur de l’aviation.

Enfin, les responsables des services de placement interrogés ont tous confirmé que les diplômés ne maîtrisant pas une deuxième langue, l’anglais notamment, éprouvaient beaucoup de difficultés à se tailler une place sur le marché du travail. Selon Micheline Grenier, l’exigence du bilinguisme est désormais bien ancrée.


Universitaire (premier cycle)
Les diplômés en forte demande


Administration

  • Comptabilité
  • Finance
  • Marketing

Sciences de la santé
Les candidats à l’emploi prêts à s’installer en région sont favorisés.

  • Audiologie
  • Biologie médicale
  • Ergothérapie
  • Médecine
  • Médecine dentaire
  • Orthophonie
  • Pharmacie
  • Physiothérapie
  • Sciences infirmières

Sciences humaines

  • Criminologie
  • Économie
  • Éducation au préscolaire et enseignement au primaire
    De nombreux postes sont à pourvoir en région, particulièrement en Abitibi-Témiscamingue, en Montérégie, dans les Laurentides et dans Chaudière-Appalaches. La mobilité de la main-d’œuvre accroît les possibilités d’emploi.
  • Enseignement secondaire et collégial
    De nombreux postes sont à pourvoir dans la majorité des régions. La mobilité de la main-d’œuvre accroît les possibilités d’emploi. Les spécialisations en enseignement des sciences (chimie, physique, mathématique) et des langues secondes (anglais, espagnol, etc.) sont particulièrement prisées.
  • Sociologie

Sciences pures et appliquées

  • Actuariat
  • Biochimie
  • Biologie
  • Chimie
  • Génie chimique
  • Génie civil
  • Génie mécanique
  • Génie physique
  • Statistiques


Universitaire (premier cycle)
Les diplômés boudés

  • Génie électrique
  • Génie informatique
  • Informatique

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