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  [Comment plaire aux recruteurs]
Ils craquent pour...
par Sandra O’Connor

L’intervieweur ne dispose souvent que de quelques minutes pour jauger un employé potentiel. Votre défi, c’est de savoir ce qui lui fera s’exclamer : «Bienvenue chez nous!»

Voici ce que six recruteurs recherchent – ou fuient comme la peste – chez un candidat à l’emploi. À retenir.


[Service social]

> Constance Lechman, directrice des Services sociaux
> Centre universitaire de santé McGill, Montréal

J’aime…
- d’excellentes compétences interpersonnelles – elles sont essentielles;
- le désir d’apprendre;
- l’ouverture d’esprit face à des situations extraordinaires;
- la maîtrise de soi;
- la flexibilité et l’adaptabilité;
- le bilinguisme.

Je n’aime pas…
- quelqu’un qui évite les contacts humains;
- l’indécision. Un candidat s’est déjà présenté à l’entrevue seulement pour voir si le job pourrait l’intéresser... Pas fort;
- qu’une personne soi-disant bilingue refuse de parler anglais;
- entendre dire : «Ça ne fait pas partie du job!»;
- qu’un candidat d’expérience ne puisse résoudre une mise en situation.

Surprenez-moi!
L’interviewé pourrait me remettre un de ses écrits (travail scolaire, essai, article publié, etc.), histoire de démontrer ses connaissances du milieu et ses capacités de rédaction.

L’employé idéal…
… possède des compétences interpersonnelles admirables. Nous recherchons une belle attitude, pas un CV à tout casser.


[Hôtellerie]

> Yvon Bélanger, directeur des ressources humaines
> Groupe Dufour Hôtels et Croisières, Québec

J’aime…
- un dévouement indéfectible envers le client;
- le bilinguisme – essentiel dans ce secteur;
- la disponibilité;
- l’écoute et une approche proactive;
- la bonne humeur;
- un langage précis, distingué et respectueux;
- une apparence soignée.

Je n’aime pas…
- qu’on me demande a priori : «Ça paye combien, c’est combien d’heures, pis j’ai combien de vacances?»;
- les «T’sé veux dire, ouain, ben là, là...» aux 10 secondes;
- le désintérêt face au client;
- le négativisme;
- le verbomoteur non constructif;
- un cuisinier incapable de me dire comment préparer une salade grecque!

Surprenez-moi!
J’aimerais bien qu’un chef me présente un menu en guise de CV.

L’employé idéal…
… pense d’abord et avant tout à son client.


[Publicité]

> Martin Merlino,vice-président-directeur général
> Publicis Montréal

J’aime…
Nous avons élaboré, avec l’agence montréalaise La Tête Chercheuse, une grille comportant des critères spécifiques pour notre philosophie d’entreprise :
- le côté rebelle bien élevé : la créativité, l’ingéniosité et la débrouillardise;
- la curiosité envers les autres;
- le courage – nos projets, parfois difficiles, demandent des «jusqu’auboutistes»;
- l’autonomie, la responsabilité, la lucidité;
- les compétences relationnelles.

Je n’aime pas…
- les je-sais-tout;
- le candidat qui prend 30 minutes pour expliquer pourquoi nos campagnes lui ont déplu, sans proposer de solution;
- les gens mous qui attendent trop de l’extérieur.

Surprenez-moi!
Notre but, c’est de vendre des marques. Celui qui arrivera à se transformer en marque, qui essaiera de se vendre comme un produit, aura de bonnes chances d’embauche. Tout comme le créatif qui présentera un projet de campagne pour un client.

L’employé idéal…
… va me faire regretter de ne pas l’avoir embauché il y a un an.


[Environnement]

> Claude Laliberté, chef de service
> Laboratoire des pollutions industrielles (division du Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec), Laval

J’aime…
- les fonceurs, les audacieux qui défendent leurs idées;
- les visionnaires à l’esprit ouvert et à l’imagination débordante;
- le don de vulgarisation, par exemple un chimiste capable d’expliquer clairement ses fonctions à un gestionnaire.

Je n’aime pas…
- les chiens de poche;
- les gens qui tournent autour du pot, qui relancent une question par une autre;
- avoir l’impression que le candidat est ailleurs;
- ceux pour qui tout est «à condition que».

Surprenez-moi!
Un candidat pourrait me surprendre en m’invitant chez son ancien employeur pour me montrer ce qu’il y faisait.

L’employé idéal…
… est dynamique. Oui, vous pouvez frapper du poing sur mon bureau pour exprimer vos convictions!


[Design industriel]

> Bernard Juneau, directeur général
> GiD Design Industriel, Sainte-Foy

J’aime…
- la capacité d’analyse;
- la maîtrise de connaissances pointues;
- la créativité;
- l’autonomie et un bon sens des responsabilités;
- l’humilité, la franchise, le naturel.

Je n’aime pas…
- les «divas» incapables de faire des compromis ou de s’intégrer à une équipe;
- l’arrogance;
- les portfolios surfaits;
- le butinage technologique (s’emballer pour toutes les nouveautés);
- l’artifice et le tape-à-l’œil.

Surprenez-moi!
… mais pas trop! En essayant de surprendre, on prend le risque de déranger. Je préfère un ton naturel aux feux d’artifice lors des présentations de portfolios.

L’employé idéal…
… fait correctement et honnêtement un bon boulot. C’est à la base d’une relation à long terme.


[Édition]

> Gaétan Forcillo, vice-président opérations
> Québec Amérique, Montréal

J’aime…
- entendre dire : «J’aime ce que je fais.» Excellent point de départ;
- le don de soi;
- le désir d’apprendre, d’innover et de créer sa place dans l’entreprise;
- l’esprit d’équipe;
- l’assiduité.

Je n’aime pas…
- le manque d’ouverture;
- qu’on utilise son expérience comme instrument de revendication;
- celui qui a tout fait et qui veut réorganiser la compagnie.

Surprenez-moi!
Les surprises, c’est bien, mais attention! Un candidat photographe s’est déjà présenté avec des photos de nus... d’une employée de la boîte! Ç’a jeté un froid...

L’employé idéal…
… consacre tout son cœur et tout son talent à son travail.


À faire
Etre vêtu convenablement, se renseigner sur l’entreprise avant et pendant l’entrevue, être dynamique et à l’écoute, et montrer un intérêt réel pour l’emploi – sans forcer la dose.

À proscrire
L’hésitation face à l’emploi proposé, la mollesse, l’indifférence, l’arrogance crasse et le syndrome «statue de sel» devant l’intervieweur.

Pas de panique!
Les recruteurs sont conscients de la nervosité qu’occasionne une entrevue. Les mains moites et les voix vacillantes, c’est normal! Assurez-vous simplement de répondre aux questions avec clarté et honnêteté.


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