Malgré les récents soubresauts de la nouvelle économie,
les services-conseils en technologie de l'information ont réussi
à maintenir le cap sur la croissance. Au cours des dernières
années, le Québec n'a pas ménagé ses efforts
pour attirer ou maintenir certains joueurs majeurs de cette industrie.
Résultat : les CGI, Cognicase, DMR et LGS, géants du service-conseil,
contribuent au rayonnement de la province alors qu'une pléthore
de petites entreprises suit le courant.
Les guichets automatiques, les boîtes vocales, les parcomètres
électroniques, le site Web de votre librairie préférée
où vous vous procurez les dernières nouveautés :
derrière ces technologies de la vie quotidienne que l'on tient
pour acquises, il y a d'imposantes équipes d'informaticiens qui
ont mis en commun leur savoir-faire afin de nous les rendre accessibles
et faciles à utiliser. Ces informaticiens sont le plus souvent
les employés d'entreprises de services-conseils en technologie
de l'information (TI).
L'industrie des services-conseils en TI roule
à haute vitesse au Québec : les principales entreprises
du secteur s'attendent à vivre une croissance moyenne de 10 %,
chaque année, d'ici à 2007. Principalement concentrée
dans la région de Montréal, cette industrie repose sur des
joueurs de taille, tels DMR - son premier fleuron, la nouvelle star Cognicase,
le géant CGI et l'américaine IBM, avec sa filiale montréalaise
LGS. Hormis ces grands, on retrouve aussi un vaste bassin de PME spécialisées.
Le travail n'a pas manqué au cours des dernières années
dans cette industrie. Par exemple, de 3 600 employés en 1997, CGI
compte aujourd'hui quatre fois plus de salariés. Cognicase affiche
des revenus de 400 millions de dollars et emploie près de 4 000
personnes après une dizaine d'années d'existence seulement.
Foisonnement de fusions
Malgré la croissance phénoménale du secteur, c'est
le tsunami de fusions et d'acquisitions entre ses principaux acteurs qui
retient surtout l'attention. Trente entreprises sont passées sous
l'égide de CGI au cours des 15 dernières années,
dont huit en 2001 seulement! Au cours des 24 derniers mois, IBM a acquis
SGS (devenue LGS), alors que EDS, une multinationale de 130 000 employés
qui compte une division montréalaise, a multiplié les acquisitions.
Cognicase a aussi orienté sa stratégie de croissance vers
l'acquisition de petites entreprises spécialisées dans divers
créneaux.
«De façon générale, on a assisté à
une consolidation de ces entreprises, après l'apparition de nombreux
joueurs dans ce secteur au cours des dernières années»,
résume Pierre Lecavalier, vice-président formation et service
aux membres au Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM).
Cette vague de mariages entre les acteurs de l'industrie a cependant
ralenti la croissance de l'emploi. L'acquisition de STS, une entreprise
spécialisée en solutions technologiques pour le commerce
de détail, par la multinationale britannique NSB, en 2001, a mis
fin aux embauches massives à répétition des dernières
années. Devenue STS/NSB, l'entreprise établie à Montréal
depuis 30 ans emploie maintenant quelque 900 personnes et gère
les stocks, les relations entre les différents points de vente
et le service après-vente de Holt Renfrew, Nike et Chanel, notamment.
L'après-bogue
Indépendamment des fusions, le marché des services-conseils
en technologie de l'information n'est plus le même depuis le changement
de millénaire.
Après avoir grassement profité des mises à jour
des systèmes informatiques en prévision du bogue de l'an
2000 à la fin des années 1990, les sociétés
de services-conseils ont dû prendre un virage, et vite, pour éviter
d'être à leur tour victimes du bogue, en quelque sorte!
Elles ont réussi à relever le défi : ce sont désormais
l'impartition et le commerce électronique qui font tourner la roue.
«Le phénomène d'impartition amène beaucoup
d'eau au moulin», confirme Sylvie Gagnon, directrice générale
de TECHNOCompétences (Comité sectoriel de main-d'uvre
en technologies de l'information et de la communication).
L'impartition est ce qui a permis à de nombreuses entreprises
et institutions de faire face à l'envahissante quincaillerie informatique
dont elles disposent maintenant : elles confient la tâche à
des entreprises de services-conseils, qui gèrent pour elles leurs
parcs informatiques. Ainsi, de nombreux informaticiens ont subitement
changé d'employeur, sans changer d'emploi!
C'est ce qui est arrivé lors de l'impartition du service des ressources
humaines de la Banque CIBC à la firme EDS, il y a quelques mois.
«Deux cents employés de ce service sont devenus des employés
d'EDS», note Guy Martin, directeur régional des ressources
humaines régions Québec et Atlantique, chez EDS.
EDS a aussi décroché en juillet 2001 le plus important
contrat d'impartition confié par le gouvernement du Québec
à une firme de consultation. Le projet GIRES prévoit ainsi
la refonte des systèmes informatiques qui gèrent les services
financiers, des ressources humaines, des ressources matérielles,
des ministères et des organismes de l'État québécois.
Loin d'être en reste, CGI signait l'an dernier un énorme
contrat de 1,2 milliard de dollars avec le Mouvement Desjardins pour le
même type de mandat.
Un nombre grandissant de multinationales choisissent ainsi de se concentrer
sur ce qu'elles produisent - voitures, vêtements, produits financiers,
etc. - en confiant à des firmes de services-conseils tout ce qui
ne concerne pas directement leur production, comme la gestion de la paie,
du système informatique et des ressources humaines. Et ce n'est
pas terminé. Guy Martin croit que la croissance dans le marché
de l'impartition se maintiendra pour au moins cinq ans.
Cet optimisme est partagé par CGI dont l'impartition a représenté
70 % des activités au cours des cinq dernières années.
«Plusieurs de nos clients choisissent de nous confier certaines
activités qui leur coûteraient beaucoup plus cher si elles
étaient réalisées à l'interne», souligne
Eileen Murphy, directrice des relations avec les médias chez CGI.
Selon Guy Martin, le commerce électronique sera la prochaine tendance
lourde de l'industrie. EDS travaille déjà au développement
et à la mise en place de portails d'entreprises et prend en charge
les aspects transactionnels et informationnels des sites de commerce électronique
de ses clients.
Visionnaires recherchés
Avec tous les développements qui remuent l'industrie, Sylvie Gagnon
juge que les perspectives d'emploi dans ce domaine sont fort encourageantes.
Selon TECHNOCompétences, il faudrait déjà 1 200
analystes informatiques et plus de 1 000 programmeurs pour répondre
aux besoins les plus pressants de l'industrie.
Selon le CRIM, la demande d'ingénieurs informaticiens, d'analystes
en informatique, de programmeurs et de directeurs des systèmes
et des services informatisés croîtra de 23,7 % d'ici
à 2004 au Québec.
Qui cherche-t-on en particulier? Des gestionnaires de projet capables
de prévoir l'avenir
«On recherche notamment des conseillers
qui sont en mesure d'aiguiller la haute direction sur les choix technologiques
et les orientations à prendre, pour développer des produits
ou des façons de gérer un parc informatique», mentionne
Pierre Lecavalier, du CRIM.
Guy Martin, de EDS, s'attend à une croissance des activités
de 10 % annuellement pour les prochaines années. Pour répondre
à cette demande, EDS recherche notamment des conseillers d'expérience
en gestion de projet, qui ont la capacité de mener à terme
des mandats complexes. Une expertise dans la gestion d'application d'entreprises
(SAP, Oracle, J.D. Edwards, pour ceux qui s'y connaissent
) est la
qualification la plus prisée par la compagnie.
Chez STS/NSB, «on recherche surtout des spécialistes de
l'implantation et du développement, ainsi que des gens qui possèdent
une expérience du commerce de détail», indique Tracy
Fairchild, directrice des communications et du marketing. En effet, avec
l'implantation généralisée d'Internet dans les entreprises
et les foyers, les services d'analyse de comportement des consommateurs
devraient, selon elle, connaître une croissance significative.
En perpétuel recrutement, CGI recherche particulièrement
des intégrateurs de SAT, Peoplesoft et Oracle financier. Ces spécialistes
en systèmes intégrés de gestion ont notamment pour
mandats l'implantation, la gestion de projet, l'analyse des processus
et la mise au point technique des logiciels. Les experts dans la conception
de «l'orienté objet (OO)», une méthode qui offre
une nouvelle technique de conception et de développement des systèmes
d'information, ont aussi la cote dans l'industrie. Coordonnatrice du Service
de recrutement pour l'entreprise, Julie Trudeau ajoute que «la demande
est également constante pour les spécialistes des langages
Java, WebLogic, et de tout ce qui entoure le commerce électronique».
De toute évidence, l'industrie se prépare pour sa prochaine
grande mutation : faire de la toile la grande place marchande tant promise!
Patient et ambitieux
Mathieu Pitre, 23 ans
Chef d'équipe des techniciens, Computer Sciences Corporation (CSC)
Chez Pratt & Whitney, le client de CSC où Mathieu Pitre travaille
en permanence, l'entretien du système informatique requiert la
présence continue de techniciens. «Je m'occupe surtout de
l'installation, des déploiements, des antivirus, des courriers
électroniques et des mises à jour de logiciels», résume-t-il.
La gestion des employés et les rendez-vous avec le client font
également partie de son quotidien.
Jeune, Mathieu a privilégié l'informatique comme choix
de carrière parce qu'il s'agit d'un domaine en mouvement où
l'on doit faire preuve de logique. Son diplôme d'études collégiales
en poche, CSC est devenu il y a trois ans son premier employeur. Il affirme
que la dynamique de travail y est agréable, bien que la pression
atteigne parfois des degrés élevés. «Les gens
sont amicaux, fonctionnels et toujours prêts à aider.»
Quel que soit le milieu de travail, Mathieu croit que la patience est
primordiale. «L'informatique est un domaine où il faut prévoir
tous les problèmes possibles, qui se résolvent rarement
en claquant des doigts.»
Enfin, avis à ceux qui souhaitent réussir dans le domaine
des technologies : pour y arriver, il ne faut jamais, selon lui, «s'asseoir
sur ses connaissances». Ambitieux, alors qu'il en est encore à
ses débuts, Mathieu Pitre sait déjà qu'il bifurquera
vers la gestion. En attendant sa chance, il continue toujours d'apprendre,
soit par des cours à l'université ou en passant du temps
à la maison devant son PC.
Jusqu'où ira-t-elle?
Sophie Beauchemin, 38 ans
Directrice principale services mondiaux, LGS
«Jusqu'où irez-vous?» Le slogan officiel d'IBM, la
société mère de LGS, est devenu le leitmotiv de Sophie
Beauchemin. De simple technicienne qu'elle était il y a 10 ans
chez IBM, elle occupe maintenant l'un des postes les plus haut gradés
chez le géant en services-conseils.
Aujourd'hui directrice principale services mondiaux, elle a d'abord occupé
des postes techniques en début de carrière, avant de se
diriger vers les ventes, puis de bifurquer vers la gestion.
Chez LGS, elle propose des solutions mobiles et sans fil aux clients
de l'entreprise. Par exemple, elle a dirigé des mandats de développement
d'ordinateurs «prêts-à-porter» à peine
plus gros qu'un uf pour les techniciens d'une grande entreprise.
«On doit avant tout comprendre l'environnement du client et arrimer
la technologie avec ses objectifs dans le but d'augmenter son chiffre
d'affaires et sa productivité ou de développer de nouvelles
clientèles.»
Pour Sophie Beauchemin, les perpétuels changements technologiques
permettent d'être à l'affût des nouveautés.
Elle démoli d'ailleurs en deux coups de cuiller à pot le
mythe de l'informaticien vautré derrière son écran.
«En services-conseils, à l'image de 99 % des emplois
en technologie, on travaille beaucoup en équipe, autant à
l'interne que chez les clients.» Bien que titulaire d'un diplôme
d'études collégiales en programmation, elle recommande aux
jeunes de se doter d'un diplôme universitaire. «Dans le contexte
économique actuel, le volume de candidats est très grand
et il faut se démarquer.»
[Questions d'argent]
En 2001, la rémunération hebdomadaire moyenne dans l'industrie
des technologies de l'information était évaluée à
850 $. Les spécialistes les mieux rémunérés
étaient les concepteurs de systèmes informatiques et de
services connexes, avec un salaire hebdomadaire moyen de 950 $. À
l'opposé, les travailleurs du secteur de la fabrication de matériel
de communication et les éditeurs de logiciels gagnaient respectivement
825 $ et 775 $ par semaine.
(Source : Statistique Canada, Évolution
de la rémunération hebdomadaire moyenne excluant le temps
supplémentaire par sous-secteurs des TIC - Québec, 1991-2001.)
[Bientôt une certification professionnelle]
Une certification professionnelle sera bientôt nécessaire
pour être reconnu comme informaticien. De plus en plus de programmes
universitaires en informatique au Québec sont chapeautés
par une accréditation professionnelle attribuée par le Bureau
canadien d'accréditation des programmes en ingénierie (BCAPI).
Dans un proche avenir, tous les programmes le seront. Cependant, les informaticiens
n'ont toujours pas décidé de l'ordre professionnel qui les
représentera. Deux options sont étudiées : joindre
les rangs de l'Ordre des ingénieurs du Québec ou créer
leur propre ordre professionnel.
(Source : Philippe Gabrini, directeur du Département d'informatique,
Université du Québec à Montréal.)
[Formation perpétuelle]
Les diplômés en informatique ont intérêt à
ne pas avoir les salles de cours en horreur. Ils seront appelés
à renouveler ponctuellement leurs connaissances tout au long de
leur carrière. À titre d'observateur de l'industrie, le
Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM) dispense des
sessions de formation mises à jour selon les tendances actuelles
et anticipées. «Nous formons plus de 5 000 spécialistes
en informatique chaque année, dans des domaines très pointus»,
mentionne Pierre Lecavalier, vice-président, formation et service
aux membres. Les cours sont donnés par des experts de l'industrie
et peuvent compléter la formation initiale. «Les cégeps
et les universités forment des étudiants qui, une fois arrivés
sur le marché du travail, possèdent de bonnes connaissances
générales mais ne maîtrisent pas tous les langages
utilisés par les entreprises. Ils viennent alors chez nous pour
se doter de ces connaissances d'appoint.»
Pour Guy Martin, directeur régional des ressources humaines régions
Québec et Atlantique chez EDS, la compétence et la performance
constituent la meilleure sécurité d'emploi. La formation
continue a d'ailleurs pris une envergure considérable dans l'entreprise
et les employés sont fortement encouragés à renouveler
régulièrement leurs connaissances. «Il leur devient
alors facile d'exercer dans les différents projets», explique
Guy Martin. Les employés d'EDS peuvent s'inscrire aux formations
de «l'université virtuelle» de la multinationale, qui
met à leur disposition pas moins de 7 000 programmes pouvant
être suivis en tout temps. Depuis la création de cette structure
de e-learning à la fin de 2000, les employés d'EDS ont en
moyenne participé à six jours de formation chacun.
[La formation en TI]
Un secteur, plusieurs chemins
par Guylaine Boucher et Sylvie St-Jacques
Plusieurs chemins mènent à l'exercice d'une profession
en technologie de l'information (TI). Puisqu'elles préparent à
des emplois dans un secteur où l'innovation est le nerf de la guerre,
les formations en informatique sont toutes branchées sur la réalité
de l'industrie. La formation continue occupe aussi une place de choix
dans cet univers où il y a toujours plus avant-gardiste que soi
Au cours des dernières décennies, un grand nombre d'institutions
collégiales ont développé des programmes de techniques
en informatique. Dès la fin du secondaire, les aspirants informaticiens
peuvent choisir un programme collégial qui leur permettra d'intégrer
le marché du travail en trois ans.
Le programme du Cégep de Sainte-Foy, par exemple, comporte deux
grandes voies de sortie : la formation technique en informatique de gestion,
qui mène au marché du travail, et le DEC/bac, qui implique
la poursuite des études pendant deux ans à l'université.
Les techniciens qui entrent directement sur le marché du travail
à la fin de leur DEC occupent au début des postes de programmeurs
ou de développement de logiciel, alors que certains feront du conseil
technique et de l'analyse.
Au Cégep de Sainte-Foy, la sixième et dernière session
est consacrée à un stage en entreprise. Les élèves
y passent quatre jours par semaine. Le jumelage entre les besoins des
entreprises et les élèves est pris en charge par l'institution
collégiale. «Beaucoup d'organisations engagent par la suite
les stagiaires», affirme Jean-Pierre Saint-Pierre, professeur et
coordonnateur du Département d'informatique au Cégep de
Sainte-Foy.
Du côté des institutions collégiales privées,
le Collège O'Sullivan offre des formations menant à un diplôme
d'études collégiales (DEC) ou à une attestation d'études
collégiales (AEC) bilingues dans les domaines de l'informatique
de gestion, de la programmation Internet et de la gestion de réseaux.
Au Collège Marsan, où l'on propose aussi une attestation
d'études collégiales, le programme d'informatique comporte
cinq volets : programmeurs analystes, réseaux et télécommunications,
multimédia, développement de sites Web et commerce électronique
ainsi que soutien informatique.
À l'image de plusieurs formations de type «privé»,
celle du Collège Marsan est intensive et les sessions débutent
à plusieurs périodes de l'année. La durée
des programmes peut varier de 12 à 16 mois et les élèves
passent en moyenne 25 heures par semaine en classe. Mauvaise nouvelle,
toutefois, pour les sortants du secondaire qui seraient intéressés
par cette option : le Collège Marsan n'accepte que ceux qui ont
une expérience du marché du travail.
L'université aussi
Plusieurs universités offrent aussi des programmes en informatique.
L'Université Laval, entre autres, propose depuis plusieurs années
un baccalauréat de trois ans en informatique. Le cheminement normal
de ses étudiants prévoit que les deux premières années
soient consacrées aux cours obligatoires. La troisième année
comporte par ailleurs un bloc de spécialisation, qui peut être
réseautique, génie logiciel, réseautique et Internet
ou système d'information.
«Nos étudiants terminent avec un baccalauréat et
une attestation de spécialisation», indique Guy Mineau, professeur
titulaire et directeur du Département d'informatique de la faculté
des sciences et de génie de l'Université Laval. Le profil
«coopératif» (avec stages en entreprise) s'inscrit
également dans les orientations pédagogiques du baccalauréat
en informatique. Dans ce programme, les premiers stages s'effectuent à
partir de la deuxième année et plusieurs sortants y obtiennent
leurs premières offres d'emploi.
L'Université Laval lancera par ailleurs en septembre prochain
un programme de premier cycle en génie logiciel. Plusieurs efforts
sont aussi consacrés au développement de profils internationaux
qui permettront aux étudiants de passer une année dans une
université étrangère. À leur retour au pays,
tous les crédits réalisés à l'étranger
seront reconnus par l'Université. «Une expérience
internationale sera de plus en plus recherchée par les employeurs.
Elle démontre une certaine autonomie de la part des étudiants»,
croit Guy Mineau.
À l'Université du Québec à Montréal
(UQAM), le baccalauréat en informatique et génie logiciel
a connu une grande popularité dans les dernières années.
Un léger contingentement a dû être appliqué;
les ressources enseignantes ne suffisaient plus à répondre
à la demande étudiante. «Les gens du milieu gagnent
plus d'argent dans l'entreprise privée et se montrent moins intéressés
à prendre des charges de cours», déplore Philippe
Gabrini, directeur du Département d'informatique de l'UQAM.
Chose certaine, les futurs diplômés de l'UQAM, comme ceux
de l'Université Laval, n'ont pas à craindre de se retrouver
au chômage à l'issue de leurs études; leur taux de
placement est faramineux depuis quelques années, selon les institutions
concernées. Dans les deux cas, il avoisine les 100 %!
[L'après 2001]
Ouf et re-ouf
Après la fin de l'alerte au bogue de l'an 2000, la chute des titres
technologiques à la Bourse, l'année suivante et, enfin,
les attentats du 11 septembre, les affaires reprennent progressivement
dans le secteur des technologies de l'information. Épargnés
cependant par l'éclatement de la bulle technologique sur les marchés
boursiers, les services-conseils semblent être sortis indemnes de
la quasi-récession des derniers mois.
Joueurs majeurs de l'industrie, EDS Canada et CGI estiment que la tourmente
de 2001 n'a pas bouleversé dramatiquement leurs activités.
«EDS Canada n'a connu aucun ralentissement en 2001», affirme
Guy Martin, directeur régional des ressources humaines de cette
entreprise. La multinationale aurait même réalisé
des profits records pendant cette année chaotique, et n'a procédé
à aucune mise à pied.
Selon Pierre Lecavalier, vice-président formation et service aux
membres au CRIM, les événements de l'an dernier ont surtout
échaudé les investisseurs en capital de risque. «Dans
l'industrie en général, il n'y a pas de vent de pessimisme.
Au contraire, tout le monde parle d'une reprise anticipée cet été
ou, au plus tard, à l'automne.» Sur le plan économique,
les observateurs estiment par ailleurs que la faiblesse du dollar canadien
positionne avantageusement les firmes montréalaises sur le marché
nord-américain.
Si optimistes soient-ils, les intervenants du secteur ne peuvent tout
de même pas nier le fait que les embauches sont beaucoup plus modérées
qu'à l'époque faste de la fin des années 1990. Il
est clair que les besoins de main-d'uvre sont beaucoup moins importants
qu'à la veille du passage à l'an 2000. «Il y a moins
de mandats et plusieurs entreprises ont fait des mises à pied.
Par contre, je pense que le problème de pénuries de ressources
pointues sur le plan technique demeure entier», remarque Pierre
Lecavalier.