Dans les modestes bureaux d'Au bas de l'échelle, un groupe
populaire qui défend les droits des travailleurs non syndiqués,
le téléphone sonne un peu plus souvent qu'à l'habitude.
C'est en bonne partie à cause d'une nouvelle employée, Françoise
David.
L'ancienne présidente de la Fédération des femmes du
Québec a repoussé les avances répétées des
formations politiques pour épouser, en février dernier, la cause
des éclopés du nouveau marché du travail. Sa mission :
mener la campagne publique qui fait la promotion d'une réforme en profondeur
de la Loi sur les normes du travail.
Cette loi, adoptée en 1979, est devenue obsolète dans un contexte
de mondialisation, s'insurge-t-elle. La nouvelle bataille de Françoise
David n'est pas étrangère à ses convictions féministes
: au Québec, parmi les 1,8 million de travailleurs non syndiqués,
60 % sont des femmes. Plusieurs d'entre elles, gardiennes ou domestiques
dans des résidences privées, touchent à peine le salaire
minimum.
Égale à elle-même, la pasionaria est bien décidée
à gagner cette lutte contre la précarisation du travail. «Ça
concerne 1,8 million de personnes!»