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[Cahier
spécial: Les services financiers] Fric
alors!par Stéphanie Fillion
Avec la débâcle des marchés boursiers, le dégonflement de la bulle technologique, le ralentissement économique qui frappe l'Amérique du Nord et, bien sûr, à la suite des attentats du 11 septembre, les services financiers en ont pris pour leur rhume en 2001 Fusions, restructurations et rationalisations se sont succédé, créant une vive incertitude dans le milieu. Néanmoins, on n'a pas vécu dans ce domaine autant de mises à pied «préventives» que celles que l'on a connues dans d'autres secteurs économiques, même si une certaine épuration y a été observée. De nombreuses occasions d'emplois sont d'ailleurs à saisir. Les départs à la retraite ont déjà commencé et continueront à libérer des postes, et la génération des baby-boomers est toujours avide de produits financiers pour maximiser le rendement de ses placements. Les possibilités d'emploi sont multiples pour ceux qui possèdent une solide formation et souhaitent se démarquer dans un contexte de marché baissier. Du côté des assurances, la question de la relève est au centre des préoccupations de l'industrie. Souffrant d'un problème d'image, ce secteur connaît en effet une véritable pénurie de travailleurs qualifiés. Devant le manque criant de candidats, plusieurs stratégies ont été mises en uvre pour attirer les jeunes. Quant aux services comptables, ils poursuivent sur leur lancée et font figure de «force tranquille». Les CA, CMA et CGA ignorent encore la signification du mot «chômage», et leur expérience est toujours très recherchée par les cabinets et les entreprises. Ainsi, en dépit de l'incertitude économique, le vaste domaine des services financiers continue d'offrir son lot d'emplois. Un secteur à investir! Emmanuelle Gril
[Cahier spécial: Les services financiers] Survol du secteur des services financiers par Sylvie St-Jacques En dépit des bouleversements des derniers mois et des mauvaises nouvelles économiques, le secteur des services financiers recommence à respirer. Selon certains experts, la reprise économique pointerait déjà à l'horizon. De bonnes perspectives d'emploi refont surface, en bonne partie à cause des départs à la retraite prévus pour les prochaines années.
Les besoins importants de main-d'uvre dus aux départs à la retraite sont au cur des préoccupations de ce secteur. Selon l'étude Le marché du travail au Québec, rendue publique en octobre 2001 par Emploi-Québec, d'ici à 2004, près de neuf postes sur dix seront générés par le remplacement de la main-d'uvre dans les secteurs des affaires, de la finance et de l'administration. Parmi les professionnels qui seront les plus recherchés, se trouvent les analystes financiers, les agents en placement et les courtiers en affaires immobilières. Statistique Canada évalue à 153 400 le nombre de Québécois qui travaillent dans les secteurs de la finance, de l'assurance et des affaires immobilières. La Commission des valeurs mobilières du Québec (CVMQ) encadrait 5 824 courtiers en 2000. Depuis sa création en 1989, l'Institut québécois de planification financière a diplômé plus de 4 800 personnes. Selon l'Association des banquiers canadiens, les banques emploient, quant à elles, 32 900 employés au Québec. Premier employeur privé de la province, la Fédération des caisses Desjardins du Québec compte, à elle seule, 38 000 employés, dont plus de 28 000 dans le seul réseau des caisses.
Bien que plusieurs emplois de nature transactionnelle aient été supprimés dans les banques et dans les caisses, les employés qui se sont tournés vers la formation continue ont pu conserver leur emploi. «La capacité d'adaptation est une qualité très recherchée dans le domaine parce que notre secteur évolue constamment», rapporte Joëlle Noreau. À l'échelle du Canada, les institutions ont tout de même supprimé 1 600 emplois au cours de la dernière année dans les secteurs de la finance, de l'assurance et des valeurs mobilières. Le dégraissage a débuté bien avant la chute des marchés boursiers, résultat des restructurations et des fermetures de succursales. À cet égard, le Québec est allé plutôt à contre-courant, puisqu'une augmentation de 7 800 emplois a été observée dans les institutions financières de la province en 2001.
La diversification, le cumul de licences et les connaissances générales de la planification financière sont des critères favorisant la réussite des professionnels en valeurs mobilières. «On peut être un expert dans un domaine et un généraliste dans l'ensemble. À ce moment-là, on peut diriger les clients vers d'autres spécialistes», indique Jean-Marc Bouchard. Hormis les emplois du domaine des ventes, le secteur des valeurs mobilières comporte plusieurs postes d'ordre administratif ou d'adjoint aux ventes. La certification pour négocier des actions et des obligations est très recherchée chez les adjoints, parce qu'il est interdit d'acheter des titres sans être agréé. Selon Jean-Marc Bouchard, l'engouement du public pour les valeurs mobilières a une forte corrélation avec la performance du marché. «Durant les sept dernières années, on a connu une croissance économique sans précédent. Le public a investi massivement dans les fonds de placement, les actions et les comptes sur marge. Lors du dégonflement technologique, plusieurs investisseurs ont été échaudés et certaines personnes se sont retirées du marché.» Ainsi, selon certains observateurs, la pression associée à la débâcle boursière aurait motivé certains courtiers à quitter le secteur, devenu plus stressant et moins rémunérateur.
L'obtention d'une certification universitaire est désormais obligatoire pour l'exercice de cette profession et la reconnaissance de certains diplômes équivalents est également possible. «Les gens qui travaillent dans cette industrie ont souvent une formation très solide et complète», indique Michel Marcoux, président de la firme Avantages Services Financiers. Dans le secteur, les programmes de formation et de perfectionnement prolifèrent. «Les gens d'expérience dans ce domaine se font plus rares», souligne par ailleurs Michel Marcoux. Pour plusieurs, la planification financière fait l'objet d'une seconde carrière qui leur permet de tirer profit du réseau de contacts qu'ils ont établi au fil des ans. «Pour ceux qui évoluent dans le marché depuis un certain temps, cela peut être plus facile de se faire un nom. Ces gens qui sont parfois plus conservateurs et qui détiennent de l'expérience sont très recherchés par les firmes», soutient-il. À l'heure actuelle, le principal défi de cette profession réside dans la formation de personnel qualifié pouvant répondre aux besoins grandissants pour ce type d'expérience. «Auparavant, les gens allaient voir leur banquier qui leur vendait un certificat de dépôt. En ce moment, les obligations d'épargne ont des taux d'intérêt d'environ 2 %, et la retraite représente une période de la vie beaucoup plus longue. De plus en plus, on a besoin de gens compétents, parce qu'on ne peut plus se permettre de ne pas investir à la Bourse», considère Michel Marcoux. [En détail] Selon les données du Bureau des services financiers (BSF), l'organisme qui veille à la protection du public en ce qui a trait à la distribution de produits et de services financiers, 35 000 Québécois sont certifiés pour occuper l'une ou l'autre des huit disciplines qu'il encadre. Ces disciplines sont les suivantes :
[De l'éprouvette à la calculette] Stéphane Lapointe, 30 ans Stéphane Lapointe possède déjà une feuille de route exemplaire qui révèle une propension à la rigueur et à la diversité. Depuis trois ans, il mène de front une double carrière, à titre d'employé pour la firme Lafond & Associés et de planificateur financier autonome. Parallèlement, il a effectué des études dans les domaines de l'investissement, de l'assurance et de la planification financière. «J'ai des fonctions hybrides. Je veille à produire et à analyser toutes les planifications financières des courtiers embauchés chez Lafond & Associés. En parallèle, je développe ma propre clientèle», résume Stéphane. Bourreau de travail sans doute, mais surtout jusqu'au-boutiste, il en est déjà au deuxième chapitre de sa vie professionnelle, puisque au début de la vingtaine, il a effectué une maîtrise en chimie! Désormais directeur des services de planification financière chez Lafond & Associés, Stéphane entend contribuer à l'accroissement du volume de cette entreprise tout en élargissant sa propre clientèle. Bien que ce double statut laisse présager plusieurs nuits blanches dans les prochaines années, il s'est toutefois donné les moyens d'assurer sa croissance professionnelle sans y laisser sa peau! «Mon réseau de contacts travaille pour moi. Ce qui est important à mes yeux, c'est d'avoir une clientèle ciblée. D'année en année, mon chiffre d'affaires grossit rapidement. Quand on s'implante bien et qu'on sait bien cerner les besoins des clients, on ne peut pas faire autrement que de réussir.» [Cahier spécial: Les services financiers] Les finances et le ralentissement économique par Sylvie St-Jacques Au lendemain des événements de septembre dernier, les indices boursiers ont chuté et les compagnies d'assurances ont crié à la catastrophe. Pourtant, quelques mois plus tard, la Bourse est ressuscitée et, selon certains, la récession pourrait bientôt être chose du passé.
Néanmoins, l'incertitude a résolument gagné le secteur des valeurs mobilières à partir de septembre 2001, qui était par ailleurs déjà fébrile depuis la débâcle boursière amorcée en 2000. On n'y a cependant pas vécu autant de mises à pied «préventives», qui ont été le lot de certains secteurs économiques. «Quand ça va bien, les investisseurs entrent dans le marché, et quand ça va mal, ils en sortent, résume Jean-Marc Bouchard. Si le marché va mal, il y a moins de travail pour les conseillers, et il est possible que certains postes soient éliminés.»
Plus catégorique, Joëlle Noreau, économiste à la Fédération des caisses Desjardins du Québec, explique que le secteur des valeurs mobilières a subi plusieurs bouleversements en 2001, lesquels ont été amorcés par la chute des indices boursiers en février 2000. Les attentats du World Trade Center ont donc accentué un mouvement baissier bien installé. «Ce n'est pas étonnant qu'après un an, voyant que l'activité boursière diminuait et que les rendements n'étaient plus là, on ait entendu parler de mises à pied dans les institutions financières et chez les courtiers», remarque-t-elle.
«La Bourse est toujours le reflet de ce que les gens estiment que sera l'économie dans un an, affirme Michel Marcoux, président de la firme Avantages Services Financiers. Maintenant que l'on sait qu'on est en récession, on sait aussi qu'on va en sortir dans deux ou trois trimestres», poursuit-il. Sans toutefois détenir de statistiques appuyant ses estimations, Michel Marcoux doute que plusieurs pertes d'emplois aient été subies dans le secteur de la planification financière. Du côté des conseillers financiers, les événements ont, selon lui, eu un impact sur les besoins de main-d'uvre en accélérant une épuration du milieu. «Certains ont peut-être quitté l'industrie parce que l'insécurité et même la panique de certains clients ont été difficiles à supporter, explique-t-il. Mais ceux qui ont beaucoup d'expérience et qui ont vécu d'autres crises ont certainement réagi moins fortement.» [Temps maigres] Selon le Wall Street Journal, les travailleurs de Wall Street ont vu leur prime de fin d'année amputée de 30 % en 2001, alors que les firmes de courtage new-yorkaises ont effectué d'importantes baisses de salaires et des réductions de leurs dépenses. Les cabinets de Wall Street ont tout de même remis des primes de l'ordre de 10 milliards de dollars à leurs 165 000 employés, comparativement à 14,4 milliards de dollars distribués à 178 000 employés en 2000. Dans un contexte où la reprise économique se fait attendre, des entreprises comme American Express et Merrill Lynch ont, quant à elles, choisi de ne pas augmenter les salaires de leurs employés d'ici à la moitié de l'année 2002. (Source : The Wall Street Journal, décembre 2001) [Des emplois à Gaspé] C'est à Gaspé que la Fédération des caisses
Desjardins du Québec installera son tout nouveau Centre de gestion
Desjardins des prêts étudiants. Il créera du même
coup près de 100 emplois dans cette région du Québec. (Source : www.desjardins.com) [Cahier spécial: Les services financiers] L'emploi dans le domaine de l'assurance par Sylvie St-Jacques Les cabinets de courtage, les institutions financières et les agents de distribution directe sont à la recherche de main-d'uvre qualifiée en assurances. Pour les diplômés de ce secteur, les taux de placement sont enviables et les salaires, plus que concurrentiels.
Les domaines de l'assurance de personnes et de l'assurance de dommages embauchent des experts aux compétences bien distinctes et qui détiennent des formations propres à leur champ d'activité. La première catégorie regroupe les assurances vie, collectives et invalidité, alors que les assureurs de dommages couvrent les automobiles, l'habitation et la responsabilité civile ou professionnelle. Les experts en sinistre, qui sont également répertoriés parmi les experts en assurance de dommages, sont chargés d'enquêter sur les circonstances d'un sinistre (incendie, vol, accident, pertes matérielles, etc.), d'en évaluer les dommages et d'en négocier le règlement. «Au Québec, l'entrée en vigueur de la Loi sur la distribution des produits et services financiers en 1999 a fortement marqué ces professions, parce qu'elle a introduit le concept de multidisciplinarité», explique Josée Casaubon, directrice des relations publiques au Bureau des services financiers (BSF), un organisme qui veille à la protection du public dans ce domaine. Par conséquent, les professionnels de l'assurance de la nouvelle génération sont appelés à occuper des fonctions hybrides, qui demandent une formation plus poussée que celle que possédaient leurs prédécesseurs.
«Le milieu souffre d'un problème d'image : les gens associent les professionnels de l'assurance au vendeur qui fait du porte-à-porte avec sa mallette», déplore Suzie Pellerin, directrice des communications de la ChAD. Selon elle, l'industrie n'a pas préparé sa relève et se retrouve aujourd'hui dans une situation où les besoins de main-d'uvre sont criants. De plus, des modifications législatives ont vu le jour en 1999 pour imposer la certification obligatoire des professionnels du secteur de l'assurance, une tendance qui devrait modifier le profil des travailleurs de ce domaine. Le manque de main-d'uvre a même donné lieu à des situations où certaines compagnies d'assurances se retrouvent avec des clients «orphelins», faute de représentants. Avec les prochains départs à la retraite d'une importante proportion des courtiers actuellement en fin de carrière, cette pénurie pourrait d'ailleurs s'accentuer au fil des années.
Mathieu Dufresne, responsable des ressources humaines pour le cabinet Inovesco à Joliette, constate d'ailleurs qu'il n'est jamais enseveli sous une avalanche de CV lors des appels de candidatures pour pourvoir des postes dans cette entreprise «La plupart des courtiers ont déjà des emplois, il faut donc aller les dénicher chez d'autres employeurs. On compte surtout des chercheurs d'emploi passifs qui attendent une meilleure occasion. La plupart des gens qu'on embauche nous ont été recommandés», explique Mathieu Dufresne. En ce qui concerne la relève, le cabinet reçoit à l'occasion des stagiaires, mais la demande est loin d'être astronomique. «Certaines techniques collégiales en assurances comportent des groupes de moins de 10 étudiants. Ce n'est pas ainsi que les quelques milliers de postes vacants seront pourvus dans les prochaines années!», observe-t-il. «Dans des régions comme la nôtre, la clientèle est déjà bâtie, poursuit Mathieu Dufresne. Les jeunes qui arrivent n'ont pas à faire autant de sollicitation, ce qui peut être attrayant. Les programmes de mentorat pourraient également inciter la relève à se diriger dans le courtage.»
Même son de cloche du côté de Desjardins Sécurité Financière (jusqu'à récemment Assurance Vie Desjardins-Laurentienne), qui est actuellement en période de recrutement. «Un total de 400 postes de conseiller en sécurité financière est à pourvoir d'ici à la fin de 2002. À ce jour, 250 diplômés collégiaux occupent déjà ces fonctions, et on en cherche encore 150», souligne Gilles Savard, directeur principal ressources humaines et relations de travail chez Desjardins.
Au Québec, le pionnier de la distribution directe en assurance de dommages est Belair Direct. Ses activités sont principalement concentrées à Anjou où le siège social de l'entreprise a élu domicile et a établi un centre d'appels qui dessert une majorité de sa clientèle. Les agents de Belair Direct ont au minimum un diplôme d'études collégiales et bénéficient d'une formation de neuf semaines qui précède leur embauche permanente. Selon Julie Dubien, directrice des ressources humaines chez Belair Direct, l'esprit d'équipe est essentiel à l'entretien d'un climat de travail stimulant. «Les gens se connaissent et partagent souvent les mêmes horaires de travail», indique-t-elle. Elle souligne que, comme ailleurs, Belair Direct n'a pas échappé au casse-tête entourant la pénurie de main-d'uvre en assurance de dommages. Grâce à des programmes de recrutement plus développés, la dernière vague d'embauche de l'entreprise a quand même été fructueuse avec 70 nouveaux agents à l'automne 2001. «On recrute non seulement pour remplacer des personnes qui quittent l'entreprise, mais aussi parce qu'il y a plusieurs mouvements et promotions à l'interne», explique la directrice. [Un domaine à démythifier] Karine Verreault, 25 ans Depuis six ans, Karine Verreault fait son chemin comme courtier d'assurances générales dans le cabinet familial Assurances Provencher Verreault. Mais contrairement à ce qu'on pourrait croire, son choix n'a pas toujours été aussi clair. «Au début, je ne voulais pas me diriger vers ce domaine, parce que c'était trop évident!», se souvient-elle. Après une incursion infructueuse en technique de design industriel, Karine a décidé de suivre les cours préparatoires aux examens du défunt Conseil de l'assurance de dommages. Elle a par la suite réussi les examens de déontologie de l'Association des courtiers d'assurances. Critique envers son milieu professionnel qui, selon elle, n'a pas investi tous les efforts nécessaires en vue d'assurer sa succession, Karine déplore les préjugés qui sont encore associés à l'assurance. «J'encourage les jeunes à foncer et à découvrir les possibilités de ce domaine.» Elle poursuit aujourd'hui son perfectionnement en suivant des cours du soir à l'université et, dans cinq ans, elle prévoit prendre la présidence du cabinet. Encore novice dans un univers fortement peuplé de vétérans qui approchent de la retraite, Karine considère que le principal défi de son industrie réside dans le renouvellement des mentalités. «Par exemple, des compagnies plus anciennes commencent à s'ouvrir aux jeunes et essaient de développer l'utilisation des technologies. C'est encourageant!» [Assurer la relève] La pénurie de main-d'uvre qui préoccupe le secteur de l'assurance a donné lieu à la naissance de l'Association de la relève en assurance du Québec (ARAQ). Celle-ci souhaite, entre autres, créer un réseau de contacts solides pour les jeunes qui désirent faire une carrière en assurances et prévoit servir d'intermédiaire pour les employeurs qui recherchent des candidats qualifiés. L'ARAQ travaille également en étroite collaboration avec les établissements scolaires du milieu et a un pied-à-terre à l'Université Laval afin d'avoir une plus grande visibilité auprès des diplômés universitaires. Par ses actions, l'ARAQ s'est donné pour mandat d'aider la relève en assurances et en services financiers à être plus productive et concurrentielle dans le marché de l'assurance de dommages et de l'assurance de personnes. Elle compte aussi travailler à l'amélioration de la perception de l'image du marché de l'assurance. En outre, depuis décembre 2001, une nouvelle organisation a vu le jour : la Coalition pour la promotion des professions en assurance de dommages. Elle vise à intéresser davantage de candidats aux carrières offertes par l'industrie de l'assurance de dommages et à revaloriser l'image des professionnels uvrant dans ce domaine. La Coalition permettra la mise en commun des ressources financières et des efforts de l'ensemble de l'industrie de l'assurance de dommages, afin d'enrayer la pénurie de personnel qualifié dans le domaine. [Cahier spécial: Les services financiers] Les services comptables par Sylvie St-Jacques Qu'ils s'appellent CA, CGA ou CMA, les professionnels de la comptabilité sont tous très recherchés, autant par la grande entreprise que par les cabinets privés. Dans ce secteur où une grande proportion de la main-d'uvre est vieillissante, on courtise les diplômés avec des salaires alléchants et d'intéressantes possibilités d'avancement.
«De plus en plus, le comptable évolue vers un nouveau métier. On lui demande, par exemple, de dégager des tendances, de préparer des analyses de performance et de fournir de l'information stratégique», remarque la conseillère, qui constate aussi que les comptables sont de plus en plus nombreux à décrocher un MBA ou encore à obtenir une double formation. D'importants besoins de main-d'uvre sont actuellement constatés chez les comptables agréés (CA), souligne Angélique Malo, responsable de la promotion de la profession à l'Ordre des comptables agréés du Québec. «Le taux de placement des CA qui sortent de l'université est de 98 %», observe-t-elle. Certaines firmes éprouvent par ailleurs des difficultés à pourvoir leurs postes de stagiaires. «Quand on est CA, on peut travailler dans n'importe quelle sphère de l'économie. Et si, au bout de 10 ans, on veut changer de domaine, c'est très facile de se réorienter.» La profession est en évolution. Les cabinets comptables, qui autrefois ne se consacraient qu'à la vérification, offrent désormais divers services tels que le redressement d'entreprises, la juricomptabilité, les systèmes d'information ou l'évaluation lors de l'acquisition d'entreprises. «Souvent, les entreprises aimeraient avoir à leur bord plus de CA. Cette relative rareté donne lieu à une augmentation considérable des salaires», souligne Angélique Malo. Les résultats d'une étude menée par l'Ordre des comptables agréés révèlent que le salaire moyen pour un CA est de 80 000 $, comparativement à 74 000 $ en 1999. Un clivage entre Montréal et les régions a toutefois été observé : on y compte 5 000 $ de moins que dans le Grand Montréal. Les salaires en première année de stage sont d'environ 35 000 $, à Montréal, et de 27 000 $, dans les régions. La spécialisation est favorisée, et l'Ordre des comptables agréés développe des programmes à cet effet. «Actuellement, les professions de fiscaliste et de juricomptable sont reconnues. En suivant un cours spécifique, on peut obtenir une double compétence, explique Angélique Malo. On peut éprouver le besoin de se spécialiser, mais bien sûr ce n'est pas une obligation», précise-t-elle.
Il souligne que la demande pour des CMA est extrêmement élevée et que le chômage dans ce secteur est à peu près inexistant. Les CMA se retrouvent en majorité dans les entreprises de services, alors que plusieurs travaillent dans des compagnies industrielles et qu'une minorité se retrouve dans les cabinets. Puisque l'une des qualités les plus recherchées du CMA est sa capacité à s'adapter rapidement aux réalités changeantes du marché, on voit apparaître de nouveaux types d'emplois qu'il est appelé à pourvoir. «Avec l'émergence des technologies de l'information, de nouveaux indicateurs d'évaluation de performance se sont développés. Les CMA se démarquent dans l'exploitation de ces outils», rapporte Steven Rivest. «La gestion de changement et des inventaires, de même que l'analyse financière font également partie du vaste champ de compétences des CMA. Ils peuvent prendre en charge l'ensemble des activités d'une entreprise et donner des recommandations aux gestionnaires des différents services», souligne-t-il. À l'heure actuelle, l'âge moyen des CMA est de 37 ans, ce qui en fait une profession relativement jeune. «Nos membres se caractérisent par leur dynamisme et leur énergie», conclut Steven Rivest.
Les CGA sont des professionnels axés sur la performance financière. Leur rôle est de maximiser la rentabilité des organisations et de leur assurer un financement adéquat. Ils sont notamment experts dans le développement de stratégies financières, d'études de rentabilité sur les projets d'investissement ainsi que de systèmes de contrôles en vue de protéger l'actif d'une organisation. Jane Lecours, conseillère au service de placement de l'Ordre des CGA du Québec, affirme que les offres d'emploi destinées aux CGA pullulent, et ce, malgré le récent ralentissement économique ayant suivi les événements de septembre 2001. «Cependant, la plupart des employeurs recherchent des gens avec un peu d'expérience, ajoute-t-elle. Et avec les prochains départs à la retraite, il pourrait y avoir d'importants besoins de main-d'uvre dans les années à venir.» [Faire sa marque] Jean-François Brossard, 32 ans Jean-François Brossard qualifie son cheminement de «non orthodoxe». Comptable agréé de formation, il a uvré à titre de vérificateur dans le domaine de la finance d'entreprise pendant sept ans avant son arrivée à la Banque Nationale, il y a un an et demi. «Je trouvais important d'avoir les bons outils pour travailler de façon plus autonome.» Jean-François dessert une clientèle formée de particuliers et de compagnies de gestion. «Je compose des portefeuilles adaptés à la situation de chacun et qui comportent des titres à revenu et de croissance, des obligations et des actions», résume-t-il. Entré en poste le 13 mars 2000, soit un mois après que le Nasdaq eut touché son plancher, Jean-François a appris à évoluer et à se démarquer dans un marché baissier. «Cette tendance a créé davantage d'occasions, parce que c'est dans des moments mouvementés qu'un bon gestionnaire peut se démarquer. Lorsque les marchés explosent, les gens achètent n'importe quoi et il est difficile de se différencier.» Il considère également qu'une expérience professionnelle précédant l'exercice de cette profession permet d'avoir un réseau de contacts qui donne un bon coup de pouce au départ. «Un métier comme celui-là demande qu'on s'y consacre entièrement. Mais puisque c'est une passion, ça ne me dérange pas!», ajoute Jean-François. [Une année d'adaptation] Les salaires de départ des professionnels en comptabilité et en finances sont appelés à augmenter légèrement au Canada, en 2002. Toutefois, la croissance moyenne attendue est de 2,8 %, comparativement à la hausse de 5,1 % prévue l'an dernier. C'est ce qu'indique le dernier Guide salarial, de Robert Half et d'Accountemps, deux divisions de la société de dotation en personnel Robert Half International. La firme voit l'année 2002 comme une année d'adaptation salariale. Avec la situation économique actuelle et le nombre de candidats à la recherche d'un emploi, les travailleurs ont perdu un certain pouvoir de négociation par rapport à 2001. Dans les cabinets d'expertise comptable, la demande est forte et les salaires initiaux augmenteront de 3,4 % en moyenne. Dans les plus grands cabinets, les comptables ayant moins d'un an d'expérience seront les plus choyés, avec une augmentation moyenne de 10,2 %, pour des salaires annuels variant de 35 000 $ à 43 250 $. Du côté de la pratique en entreprise, les analystes verront leur salaire de départ augmenter d'environ 6,5 %, et les comptables généraux, de 4,8 %. Enfin, la demande pour les professionnels de la comptabilité et des finances devrait être plus grande dans les secteurs des soins de santé, de l'immobilier et des services financiers. On peut commander une copie gratuite du Guide salarial 2002 par téléphone, au (514) 875-8585. |
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