Nom David Rousseau
Âge 26 ans
Occupation Brise-fer professionnel
Formation Diplôme universitaire en sciences des matériaux (France)
Le grand test : L'entreprise qui m'emploie, Bodycote Essais de matériaux
Canada, est spécialisée dans l'analyse de matériaux. À
Pointe-Claire, nous testons, entre autres, des produits de consommation destinés
au grand public. Nous les soumettons aux pires conditions qui soient pour en
vérifier la sécurité, la solidité et la qualité.
Les produits sont étirés, compressés, écrasés,
tordus, pliés, fléchis, soumis à un vieillissement prématuré,
etc. Nous effectuons aussi des tests chimiques pour déterminer la composition
des matériaux.
Mulot de laboratoire : Comme superviseur, je dois m'assurer que les
tests faits par les techniciens respectent les normes établies. Je ne
suis pas un rat mais plutôt un mulot de laboratoire : je passe trois heures
au labo et le reste du temps dans mon bureau à rédiger des rapports
ou à discuter avec les clients.
Casseur-né : Lorsque j'étais jeune, tout ce que j'essayais
de réparer, je le cassais encore plus. Inconsciemment, c'est peut-être
pour ça que je me suis intéressé à la composition
et à la fabrication des produits.
Chiens de garde : Les clients aimeraient tous se faire dire que leur
produit est parfait. Certains font appel à nous pour que leurs produits
soient certifiés par le gouvernement, d'autres veulent en vérifier
la qualité ou se protéger contre d'éventuelles poursuites.
Fous? : Pour tester la résistance des ours en peluche, par exemple,
nous utilisons des machines de traction qui tirent avec des forces et des vitesses
constantes, selon des prises qui reproduisent un peu les mâchoires d'un
enfant. Pour les lits de bébés, nous mettons des moulages de têtes
d'enfants dans différentes positions pour vérifier si les petites
têtes peuvent passer à travers les barreaux, ce qui pourrait causer
des étranglements. Lorsqu'une personne passe par hasard, avec tous ces
ours décapités et ces têtes étranglées, elle
se demande si nous ne sommes pas en train de devenir fous!
Dur boulot : Pour tester des condoms, nous enfermons deux personnes
dans le noir... Non! sans blague, ce sont des machines qui font le travail!
Les préservatifs sont soumis à des tests de porosité. Nous
les remplissons d'eau, nous les fermons et les faisons rouler sur un papier
absorbant pour voir s'il y a des fuites. Ils sont aussi soumis à des
tests de pression.
Expert en matériaux : La formation que j'ai suivie en France
ne se donne pas au Québec. Mais, pour exercer ce métier, il faut
avant tout une formation scientifique. Certains de mes collègues sont
biochimistes, d'autres sont chimistes, métallurgistes ou ingénieurs.
L'important est de bien connaître les matériaux. Il faut aussi
avoir un bon sens de l'observation et être soucieux des normes.
Indiscret : Il n'y a pas si longtemps, un détective privé
a téléphoné pour demander une analyse de détection
de rouge à lèvres sur un vêtement. Il voulait prouver que
le mari de sa cliente avait commis l'adultère. Un autre homme m'a appelé
et m'a demandé en chuchotant si je pouvais faire une analyse de sperme
sur un vêtement. Je n'entendais rien. Je lui ai demandé : "Pouvez-vous
répéter plus fort?!?" Nous recevons parfois des demandes
très particulières
Bien sûr, nous les refusons.
Connaisseur : Je regarde maintenant les produits d'un il différent,
je connais leurs failles. Dans les magasins, je pose des questions embêtantes
aux vendeurs. Souvent, ils ne peuvent pas me répondre et font venir le
gérant. On me suspecte, on croit que je suis un inspecteur du gouvernement.
Oups! : La situation la plus embêtante, c'est lorsqu'un client
vient sur place et qu'une de nos propres machines brise sous ses yeux. Par chance,
c'est très rare!
Nostradamus : Je travaille ici depuis deux ans, mais je n'ai pas encore
exploité toutes les possibilités du métier. J'apprends
tout le temps! Le futur? Il est encore trop tôt pour en parler!