accueil-jobboom accueil-jobboomecrivez-nous
à la uneextraitscarnet webarchivesressources
on sait ce que l'avenir vous réserve

présentation du magazine

 
tarifs publicitaires


emplois général
emplois comptabilité / finances
emplois génie
emplois soutien administratif
emplois technologies de l'information
emplois ventes / service à la clientèle
Votre carrière

retour au sommaire
 

[Cahier spécial: L'éducation et la formation continue]
Le choix d'une formation, ça se travaille!
par Stéphanie Fillion

Lorsqu'on est enfant, on décide le lundi de devenir médecin, le mardi d'être créateur de mode et le vendredi d'être pompier! On se rend toutefois rapidement compte qu'arrêter son choix sur une carrière est loin d'être aussi facile...

Si le choix de carrière initial donne souvent lieu à un questionnement profond concernant ses goûts, ses aspirations, ses talents et même ses valeurs, l'orientation professionnelle est une préoccupation qui refait surface à plusieurs étapes de la vie. «Aujourd'hui, être un adulte veut dire apprendre et apprendre veut dire changer. Le marché du travail est d'ailleurs une source d'apprentissage fantastique et implique de s'adapter à des milieux qui sont en perpétuelle évolution», affirme Louise Marchand, professeure et chercheuse au Département de pédagogie et d'andragogie de l'Université de Montréal.

En fonction de quels critères choisit-on une carrière? Quelles sont les questions à se poser avant d'arrêter son choix? Quelles sont les bonnes stratégies à mettre en œuvre dans sa démarche d'orientation professionnelle? Comment éviter d'accumuler des erreurs qui peuvent être coûteuses? Nous avons posé ces questions à des spécialistes de l'orientation professionnelle et des ressources humaines.

Le monde professionnel est plus compétitif que jamais, et les travailleurs doivent s'adapter à cette réalité. On doit s'attendre à retourner périodiquement sur les bancs d'école au cours de son séjour sur le marché du travail. Et puisque la valeur d'un diplôme est proportionnelle à ce que l'on peut en faire sur le terrain, on sera appelé à explorer au cours de notre carrière les différentes avenues qui permettent de tirer le maximum d'un programme d'études ou d'une formation continue.

On a toute une vie pour apprendre!


[Cahier spécial: L'éducation et la formation continue]

Choisir sa carrière... et sa formation
Avant de jouer à pile ou face

par Guylaine Boucher

Certains sont en mesure de faire un choix de carrière éclairé à la fin de leurs études secondaires. D'autres ont besoin d'explorer plus longuement avant de se décider. Quoi qu'il en soit, tout le monde doit passer par une période de questionnement et de mise au point avant de choisir sa voie.

Le choix professionnel implique un examen approfondi de sa personnalité. Toutefois, il faut être conscient que l'on arrive rarement à tomber juste du premier coup!

«Des étudiants culpabilisent alors qu'une erreur de parcours peut se révéler très enrichissante. L'approche essai/erreur ne devrait pas donner lieu à un constat d'échec», affirme Léo Blanchet, conseiller d'orientation au Collège Maisonneuve. «Seulement 25 % de la clientèle du Collège Maisonneuve termine ses études dans le programme de formation choisi au départ et dans les deux années prévues. Ce n'est pas tragique : c'est une période où les jeunes se découvrent et évaluent dans quel domaine ils souhaitent se spécialiser.»

La bonne vieille méthode qui consiste à «garder les portes ouvertes» n'est pas une mauvaise stratégie, estime Léo Blanchet. «Au collégial, les étudiants changent et prennent connaissance des diverses avenues professionnelles qu'ils pourraient emprunter.» L'étudiant a toutefois intérêt à demeurer à l'écoute de ses intérêts et aptitudes s'il veut pouvoir réajuster son tir.

Faire le pont
Yves Chagnon, du département de carriérologie de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), prône quant à lui une approche exploratoire du marché du travail dès la fin des études secondaires. «Une méthode en particulier a donné des résultats intéressants. Elle consiste à provoquer des rencontres entre l'étudiant et une personne qui exerce une profession qui l'intéresse. C'est très utile parce que, généralement, les jeunes ne possèdent qu'une connaissance très théorique des différents métiers. En observant un professionnel au travail et en posant des questions, l'étudiant peut s'en faire une vision plus réaliste, ce qui lui permet de confirmer ou de modifier son choix de carrière», explique le professeur.

Lors de telles rencontres, on a remarqué que les critères d'évaluation des jeunes relevaient surtout de leurs intérêts personnels. Ainsi, ils se posent des questions telles que : «Est-ce que je m'imagine faire ce travail? Est-ce que j'aimerais œuvrer dans ce milieu?» Dans un monde idéal, tous les diplômés du secondaire pourraient passer une journée dans le milieu professionnel où ils aimeraient travailler plus tard. Malheureusement, les contraintes d'organisation
et de disponibilité que connaissent enseignants et conseillers d'orientation font que cela n'est pas toujours possible.

Christine Cuerrier, conseillère d'orientation à l'UQAM, insiste également sur l'importance de bien saisir le lien entre la formation et le milieu professionnel qui y est relié. «Trop souvent, l'intérêt pour une matière scolaire détermine le choix d'un programme universitaire. Par exemple, on s'inscrit à un baccalauréat en sociologie parce qu'on a aimé le cours de socio au cégep.» Adepte du mentorat professionnel, elle affirme que le jumelage avec un travailleur permet à l'étudiant d'acquérir une connaissance des règles du jeu qu'il n'est pas possible de transmettre sur les bancs d'école. «C'est un lien privilégié qui permet de faire le pont avec le marché du travail.»

Qui suis-je?
Le questionnement personnel qui mène au choix d'une formation scolaire ou professionnelle comporte évidemment une dimension introspective. Les conseillers d'orientation ou d'information scolaire vont par exemple amener l'étudiant à explorer différentes options et l'encourageront à se tenir au courant des multiples programmes d'études possibles. Des démarches de connaissance de soi visant à définir ses intérêts, ses aptitudes et les grands traits de sa personnalité feront aussi partie du processus.

Certaines «stratégies» de choix de carrière sont toutefois à éviter. «Certains se retrouvent dans un programme par la force des choses ou encore parce qu'ils ont procédé par élimination, explique Christine Cuerrier. À 18 ans, il est souvent difficile de faire des choix éclairés. Il y a aussi un gros problème lorsque la motivation à faire des études est plutôt la projection du rêve des parents. Dans ce cas, on peut parier que l'étudiant n'aura pas pris le temps d'évaluer ses propres intérêts. De plus, les études abstraites ne sont pas faites pour tout le monde : pour plusieurs, une bonne technique vaut mieux qu'un baccalauréat général!»

Christine Cuerrier soutient cependant que les formations universitaires qui n'aboutissent pas à des carrières précises peuvent présenter des avenues intéressantes pour les étudiants démontrant un intérêt pour la réflexion et la résolution de problèmes. «Au cours des programmes de mentorat, on rencontre souvent des professionnels qui ont un baccalauréat en sciences politiques ou en sociologie et qui ont trouvé leur place sur le marché du travail dans un tout autre domaine. Généralement, ces diplômés doivent se montrer un peu plus actifs dans leur recherche d'emploi, mais ils ont des cheminements de carrière souvent impressionnants.»


Des questions à se poser pour faire un choix professionnel éclairé

Pas toujours facile de choisir ce que l'on veut faire dans la vie! Voici une série de questions qui peuvent aider à réfléchir et à mieux se connaître.

1) Quels sont les types d'activités qui me stimulent et qui m'animent?
2) Quelles sont les qualités que les gens reconnaissent facilement chez moi?
3) Quelles sont les matières scolaires, les sujets qui m'intéressent et pourquoi?
4) À qui est-ce que j'aime m'identifier (parents, professeurs, vedettes, etc.) et pourquoi?
5) À quels métiers ou professions ai-je déjà pensé? Pourquoi ceux-là et pas d'autres?
6) Quels sont mes cinq plus grandes forces (ex. : la persévérance) et mes cinq plus grandes lacunes (ex. : la distraction)?
7) Quel lien puis-je établir entre mes forces, mes intérêts et les professions auxquelles je réfléchis?
8) Est-ce que je connais des ressources qui peuvent m'aider à mieux connaître le marché du travail (sites Web, ouvrages, services professionnels)?
9) Quels sont mes critères essentiels pour mon choix (perspectives d'emploi, salaire, environnement, intérêt des tâches, etc.)?
10) Jusqu'où suis-je prêt à m'investir pour accéder à la carrière qui m'intéresse (longues études, effort soutenu, déménagement, etc.)?

par Corinne Bourgault, c. o. et Mario Charette, c. o.

Retour au sommaire


[Cahier spécial: L'éducation et la formation continue]

La formation continue
Du «sur mesure» au «prêt-à-porter»

par Guylaine Boucher

La formation continue est de plus en plus présente dans la vie professionnelle. Parfois, c'est pour gravir un échelon de plus dans l'entreprise. Pour certains, c'est une façon de développer de nouvelles compétences et, pour d'autres, il s'agit de se tenir au courant des dernières avancées technologiques. Parmi la pléthore de programmes offerts, comment faire le bon choix?

De la formation collégiale technique au MBA, en passant par les diplômes universitaires et la formation sur mesure, les établissements d'enseignement sont aujourd'hui au diapason des besoins des travailleurs et des entreprises. «Aujourd'hui, les cheminements de carrière ne sont plus linéaires», explique Christine Cuerrier, conseillère d'orientation à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

À l'UQAM, les adultes qui ont choisi de se spécialiser ou de réorienter leur carrière constituent 40 % de la clientèle. Des recherches sur la question indiquent d'ailleurs que les travailleurs effectuent un «mouvement» dans leur vie professionnelle tous les sept à 10 ans. «La réorientation est l'un des mouvements possibles, mais le perfectionnement peut aussi permettre à un individu d'avoir une carrière très variée», ajoute Christine Cuerrier.

Taillés sur mesure
René-Michel Roberge, directeur général adjoint de la formation continue à l'Université Laval, affirme que le choix judicieux d'un programme correspond généralement à l'acquisition de connaissances complémentaires devenues nécessaires. «On conseillera par exemple à un ingénieur devenu administrateur d'effectuer un MBA, ce qui lui permettra d'obtenir un deuxième diplôme», souligne-t-il.

En matière de formation continue, la tendance serait au «sur mesure». En effet, les programmes d'enseignement sont de plus en plus malléables et adaptables aux besoins de chaque entreprise. Ainsi, à l'Université Laval, plusieurs programmes ont été conçus en fonction d'une réalité spécifique. Par exemple, 800 cadres de la Fédération des caisses Desjardins y ont suivi un certificat en gestion des organisations, bâti à l'image de la culture de cette entreprise. «Lors de sa réorganisation, Desjardins nous a demandé de concevoir une version de notre certificat en leadership du changement qui serait adaptée à ses nouveaux besoins de formation», explique René-Michel Roberge. À l'Université Laval, tous les programmes de deuxième et troisième cycles pour cadres sont également dispensés sur une base individuelle et mènent à l'obtention de 30 à 45 crédits.

À l'UQAM, la conception de formations collées à la réalité des entreprises a aussi gagné du terrain. «Les gens peuvent consulter notre catalogue et s'inscrire à une formation prédéterminée qui correspond à leurs besoins. Le directeur des ressources humaines d'une entreprise peut aussi travailler de concert avec nous pour bâtir un programme sur mesure adapté au contexte de l'entreprise», explique Francine Boudreault, directrice générale du Service de formation sur mesure de l'UQAM.

Outre les formations de 7 à 21 heures qui correspondent aux besoins de sa clientèle, l'UQAM propose aussi des sessions publiques, selon un horaire préétabli, qui regroupent des cadres en provenance de différents milieux professionnels. Ces cours ne sont pas crédités et ne mènent pas à l'obtention d'un diplôme universitaire, mais procurent plutôt des unités d'éducation continue.

Les firmes privées de consultation en ressources humaines ont aussi adopté la voie du «sur mesure». Serge Baron, associé du Groupe Conseil CFC, précise qu'une brève visite en entreprise permet généralement de saisir les besoins réels de formation. «Avant de construire un programme, on se rend sur le terrain pour comprendre les besoins du client. Parfois, on nous demande d'intervenir pour améliorer les relations interpersonnelles alors qu'on se rend compte que c'est l'organisation du travail qui est la source de conflit. Les entreprises sont généralement ouvertes à de tels diagnostics, qui mènent à une formation ou à une consultation.»

Apprendre pour évoluer
André Myre, chargé de cours au Département de communications de l'UQAM, est formateur en communication interpersonnelle. Il précise que la possibilité de transfert des acquis dans le milieu de travail devrait figurer au centre des objectifs de la formation continue. «Le choix du programme doit tenir compte des possibilités d'enrichir la qualité de vie au travail et de régler certains problèmes qui apparaissent importants ou majeurs, explique-t-il. Par exemple, les nombreux changements vécus dans les entreprises donnent aux employés l'impression d'être démunis. Les responsables de groupe dans les compagnies ne se sentent pas toujours équipés pour faire face à cette situation et ont besoin de suivre une formation pour découvrir leurs atouts.»

Il souligne que, dans le processus qui mène au choix d'une formation continue ou sur mesure, la mise au jour des situations délicates concernant les employés, les clients ou les partenaires est une étape cruciale. «Parfois, une telle évaluation mènera à l'acquisition d'une expérience pointue. À d'autres occasions, on recense des lacunes du côté des compétences de supervision, alors qu'à certains moments, on constate que certains problèmes de communication résultent de la difficulté à s'exprimer oralement ou par écrit.»

Qu'elle soit «sur mesure» ou en «prêt-à-porter», la formation continue permet toujours de diversifier ou d'approfondir ses connaissances et de se tailler une meilleure place sur le marché du travail.


Des questions à se poser pour choisir un programme de formation continue

Louise Charette, conseillère en ressources humaines et présidente de la firme privée de formation et de consultation Multi Aspects, a formulé huit questions pouvant mener au choix éclairé d'une formation continue :

1) Quelles sont mes forces et mes limites par rapport à un travail donné?
2) Quelles sont les compétences pour lesquelles on m'a déjà dit que je devrais m'améliorer?
3) Quels sont les objectifs généraux poursuivis dans le cadre de cette formation?
4) Quels sont mes objectifs spécifiques d'apprentissage?
5) Quel est le lien entre cette formation et les compétences devant être développées?
6) Quel est le budget disponible?
7) Qu'est-ce que j'obtiens pour le prix (rapport qualité/prix)?
8) Dans quels contextes ces apprentissages me seront-ils utiles?

(G. B.)

Retour au sommaire


[Cahier spécial: L'éducation et la formation continue]

Formation continue : les programmes en vogue
Les compétences relationnelles avant tout

par Guylaine Boucher

Dans un monde où la compétitivité est le nerf de la guerre, connaissances théoriques et compétences relationnelles valent de l'or! D'où l'importance de les développer à l'aide de formations de perfectionnement. Petit tour d'horizon de quelques choix gagnants.

Selon les firmes spécialisées en ressources humaines, les formations qui visent le développement de compétences relationnelles gagnent en popularité. Les besoins de remplacement du personnel de gestion, l'insécurité et le niveau élevé de stress sont autant de motifs qui expliquent cet engouement.

Les formations les plus demandées portent entre autres sur la communication interpersonnelle, la prévention et la résolution de conflits dans les équipes de travail, le leadership, la supervision et la relation avec les clients. «On intervient beaucoup à l'occasion de grands changements technologiques, de réorganisations ou encore de réorientation de culture organisationnelle», indique Serge Baron, associé du Groupe Conseil CFC, une entreprise de formation et de consultation en management et ressources humaines.

Selon lui, le principal ennemi de la croissance d'une entreprise est la résistance aux changements et à l'inconfort. «Par exemple, les superviseurs n'aiment pas nécessairement évaluer leur personnel. La formation sur mesure auprès des gestionnaires ira plus loin que la seule compréhension des modes d'évaluation. On cherche à convaincre les gens de l'importance de l'évaluation. On vise le développement du savoir-être et du savoir-faire plutôt que le savoir théorique», explique Serge Baron.

Plan de match
Serge Baron estime que les formations en gestion de projet gagnent aussi en popularité, puisque les entreprises adoptent de plus en plus ce mode de fonctionnement. Outre des notions élémentaires en gestion, on y aborde la planification, la gestion des ressources, l'interaction avec l'environnement de travail. Les dimensions politiques, telles que les échanges avec les autres services, peuvent aussi faire partie du programme.

André Myre, chargé de cours au Département de communications de l'UQAM, dispense des sessions sur le leadership, la gestion des équipes de travail et la formation de superviseurs. Il remarque que les demandes de formation en communication interpersonnelle résultent d'une volonté des décideurs de comprendre la réalité quotidienne de leur personnel. «Une foule d'information est détenue par les employés. Parfois, les patrons ou chefs d'équipe ont de la difficulté à recueillir ces données qui pourraient les renseigner sur les besoins et les critiques manifestés par leurs clients.»

Terme à la mode, le coaching a plusieurs définitions. Pour certains, il vise l'atteinte maximale de l'efficacité des équipes de travail. Pour d'autres, il fait partie d'une approche de la supervision qui supprime l'attitude autoritaire pour favoriser un meilleur climat d'échange. Certains l'interprètent enfin comme une méthode personnalisée de développement des objectifs et compétences. Mais, peu importe la signification qu'on y rattache, l'approche coaching est très populaire du côté de la formation continue.

«Les demandes pour du coaching viennent souvent de personnes qui désirent avoir une promotion ou souhaitent postuler à un nouvel emploi. Elles se sentent mal à l'aise à l'idée de ne pas posséder toutes les compétences relatives à ces fonctions. On élabore alors des formations sur mesure qui permettent de déterminer les sentiments d'insécurité ou encore de combler les lacunes recensées», explique Louise Charette, conseillère en ressources humaines et présidente de la firme privée de formation et de consultation Multi Aspects.

Suivre la cadence
Professeure et chercheuse au Département de pédagogie et d'andragogie de l'Université de Montréal, Louise Marchand s'intéresse depuis plusieurs années à l'éducation aux adultes ainsi qu'à la formation à distance. Elle affirme que les plus récentes études pancanadiennes portant sur les besoins de formation des entreprises placent l'utilisation des nouvelles technologies au sommet des domaines d'intérêts. La santé, la sécurité et la protection environnementale figurent au deuxième rang.

«Malheureusement, on donne surtout des formations aux cadres et beaucoup moins aux employés. C'est une erreur qui touche l'ensemble de la situation de l'emploi», estime Louise Marchand.

Si les nouveaux venus sur le marché du travail possèdent des niveaux de connaissances technologiques généralement élevés, les défis de formation concerneront prochainement une tranche de la population plus âgée. «Résultat d'une baisse du nombre d'employés qui entrent sur le marché du travail, on assiste à un retour d'une proportion de la population vieillissante sur le marché du travail, souligne la professeure. Ce phénomène a donné lieu à des demandes exponentielles pour des formations aux nouvelles technologies.» Il n'y a pas d'âge pour reprendre le chemin de l'école!


Quand la technologie s'en mêle

Plusieurs grandes entreprises s'appuient désormais sur les technologies de l'information et des communications (Internet, cédérom) pour véhiculer des formations à leurs employés. En ayant recours à ces technologies comme support didactique, elles peuvent atteindre un plus grand nombre d'employés à la fois grâce aux possibilités offertes par les réseaux.

D'autre part, les établissements d'enseignement postsecondaire ont perfectionné la formation à distance et les cours par Internet ne sont désormais plus au stade expérimental. Pour les travailleurs à temps plein, cette formule qui suppose une économie de temps permet d'intégrer le perfectionnement à des horaires parfois chargés.

Louise Marchand, professeure et chercheuse au Département de pédagogie et d'andragogie de l'Université de Montréal, souligne toutefois qu'un encadrement par l'entreprise ou un tuteur de même que du matériel didactique sont essentiels. «Notre objectif pour les prochains mois est de produire un guide visant à orienter les entreprises vers le meilleur choix. Il y a un taux d'échec très élevé dans ce domaine. Souvent, on utilise une approche triomphaliste pour vendre les formations. Les difficultés ne concernent pas l'utilisation des machines, mais plutôt l'approche pédagogique, qui est parfois très déficiente.»

(G. B.)

Retour au sommaire


[Cahier spécial: L'éducation et la formation continue]

Tirer le maximum de son passage à l'école
Étudiant cherche retour sur investissement

par Guylaine Boucher

Se présenter à chaque cours, remettre ses travaux à temps et étudier suffisamment avant les examens sont des moyens sûrs d'augmenter ses chances de réussite. Mais pour bénéficier pleinement d'une formation, il faut faire un peu plus d'efforts...

«Pour être motivé, il faut que le projet professionnel soit précis. C'est ce qui aide les gens à faire le lien entre les apprentissages conceptuels et l'utilité de la formation en tant que telle», affirme Christine Cuerrier, conseillère d'orientation à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Les expériences de travail connexes au milieu où l'on souhaite œuvrer professionnellement valent ainsi leur pesant d'or. «Ce n'est pas nécessairement la tâche qui est importante. Par exemple, une personne qui souhaite devenir travailleuse sociale et qui décroche un emploi de secrétaire dans un CLSC acquiert une connaissance des règles du jeu et de l'environnement», poursuit Christine Cuerrier.

Elle ajoute que la réalisation d'un stage s'effectuera idéalement au milieu ou en fin de parcours d'études. En première année de formation, on vérifie si on est à la bonne place, alors que la deuxième année est le moment où l'on s'informe des meilleures possibilités de carrière et de spécialisations. Les études et stages à l'étranger qui permettent une immersion dans un contexte parfois complètement différent se révèlent par ailleurs très formateurs.

Pour les formations relatives aux sciences, l'assistance de cours ainsi que la participation à des projets de recherche sont des portes d'entrée privilégiées, surtout dans le cadre du deuxième et du troisième cycles. «À la fin des études, le curriculum vitæ ne se construit pas uniquement par la description des acquis universitaires. L'obtention de compétences ailleurs que sur les bancs d'école est tout aussi importante», souligne Christine Cuerrier.

Le chemin le moins fréquenté
Selon Edwidge Desjardins, professeure au Département de carriérologie de l'UQAM, le processus qui mène à l'obtention d'un statut professionnel est tout aussi important que le couronnement des études. «Quand on décide de partir en voyage, on choisit une destination et un moyen de transport. On a hâte d'arriver à destination, mais entre-temps, c'est agréable d'apprécier le trajet», illustre-t-elle.

Elle poursuit en indiquant que le parcours universitaire devrait être l'occasion pour un étudiant de développer un sentiment d'identité. «Les études permettent d'explorer les univers scientifique, social, artistique, réaliste. Les bancs d'école sont aussi des bancs d'essai qui permettent de se définir et de déterminer ce qui nous plaît. Généralement, les intérêts sont clairement établis à la fin du secondaire», affirme Edwidge Desjardins.

Le développement d'un sentiment d'efficacité et l'acquisition d'une attitude positive envers ses apprentissages sont des réflexes à entretenir tout au long du parcours scolaire ou universitaire. «On ne sait pas toujours à quoi vont servir toutes ces connaissances, mais on les amasse. Plus tard, on constate l'utilité de ces notions. Il n'y a pas qu'un seul chemin, et chacun n'arrive pas à destination en même temps. D'autre part, on ne sait jamais ce qu'on peut trouver sur le trajet, c'est pourquoi il faut rester ouvert au hasard, afin de saisir les occasions lorsqu'elles se présentent.»

Comme Christine Cuerrier, Edwidge Desjardins affirme que le stage en milieu professionnel est une expérience très formatrice. «Le stage, c'est une réflexion dans l'action. C'est une autre façon d'apprendre. Dans l'action, on réfléchit, on est très créatif. Et la résolution de problèmes est un apprentissage.» Elle considère que la réalisation d'un stage est aussi pertinente en début qu'en fin de formation, et ce, peu importe son choix professionnel.

Formation continue
Du côté de la formation continue ou sur mesure, l'application efficace et immédiate des connaissances acquises souligne généralement la pertinence d'un perfectionnement. Les formateurs doivent comprendre rapidement la culture et le climat de l'entreprise. Leur travail consiste à en définir les besoins, les visions et les tendances. La dimension très pratique de la formation sur mesure indique l'importance de pouvoir transférer ces acquis dans une réalité quotidienne.

Au terme de ses sessions de formation, André Myre, chargé de cours au Département de communications et enseignant au Service de formation sur mesure de l'UQAM, suggère de mettre sur pied un plan d'action visant le transfert des apprentissages dans le milieu de travail. «Par exemple, dans le cas de sessions ayant regroupé des membres du personnel, les gestionnaires pourront prévoir des réunions rétrospectives. Ils s'entretiendront ensuite avec les membres de la direction de l'importance de cette formation pour cette unité.»

André Myre n'hésite pas à utiliser les jeux de rôles et de mises en situation dans ses formations. «Les exercices qui frappent l'imaginaire demeurent dans la mémoire des gens. Il faut que la formation soit un événement dans leur vie. Après le jeu, on parle des comportements observés en faisant une comparaison avec la situation dans le milieu de travail. Lorsque le résultat est positif, on s'interroge sur la façon de reproduire ces attitudes dans le quotidien.»

Les heures passées en formation deviennent, à son avis, une occasion de poser un regard extérieur sur des comportements habituels à modifier. «C'est un peu comme lorsque l'on part en voyage et que la distance nous fait voir notre réalité d'une autre façon...

Retour au sommaire

carnet web
 
Accueil Jobboom
 

 


Commentaires: lemagazine@jobboom.com
Copyright 1996-2006 Canoë inc., Tous droits réservés
Jobboom est une division de Canoë inc.