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[L'emploi en Montérégie] Au
beau fixepar Guylaine Boucher Diversifiée, axée sur la PME et l'exportation, il est reconnu que l'économie de la Montérégie est un concentré de celle du Québec tout entier. Mais paradoxalement, pendant que la province semble subir le contrecoup américain, la Montérégie, elle, s'en sort plutôt bien.
Pourtant, ici comme ailleurs au pays, on a craint que le ralentissement économique des derniers mois et les événements du 11 septembre ne laissent leur marque noire. C'est que la région ne contrôle pas parfaitement l'offre et la demande d'emploi sur son territoire: son économie est fortement axée sur l'exportation vers les États-Unis et le tiers de sa population travaille à Montréal. Cependant, 70 % des emplois de la région sont concentrés dans les services, moins un secteur vulnérable à tout ralentissement. Selon Louis-Olivier Cloutier, gestionnaire à la Direction régionale d'Emploi-Québec, à Saint-Hyacinthe, la région n'a que légèrement ressenti les contrecoups du fléchissement de l'économie américaine amorcé au début de l'an dernier. De fait, mis à part les 600 travailleurs remerciés chez Pratt & Whitney à Longueuil et à Saint-Hubert en septembre, seulement quelques employeurs ont annoncé des pertes d'emplois. «Les entreprises manufacturières de la région ne figurent pas dans les secteurs qui ont été particulièrement touchés par la crise américaine, dit Louis-Olivier Cloutier. Plusieurs sous-traitants dans le domaine de la fabrication du matériel de transport aérien sont présents sur le territoire et les événements leur ont fait mal, mais ce qui nous sauve, c'est que nous ne sommes pas très présents dans les secteurs du tourisme et du transport aérien. Au bout du compte, les dégâts seront donc probablement moins importants que tout le monde le présage.» En maints endroits, comme à Bromont, on embauche même massivement : IBM et General Electric ont annoncé plus tôt cette année d'importants investissements.
Sauvée par la diversification Les statistiques le confirment : en septembre 2001, alors que de nombreuses régions voyaient leur taux de chômage faire un bond important, la Montérégie se maintenait sous la barre des 6 % (5,8 %), avec 16 000 emplois de plus qu'à pareille date l'année précédente. Une seule autre région affiche un taux de chômage sous les 6 %, soit Chaudière-Appalaches. Plus encore, selon le gestionnaire d'Emploi-Québec, le ralentissement ressenti n'est pas spécifiquement attribuable aux événements terroristes. Au début de la saison estivale, la région enregistrait déjà une baisse de 2,4 % du nombre de ses travailleurs par rapport à la même période l'année précédente. Des pertes surtout senties dans l'industrie manufacturière, notamment dans les secteurs de la première transformation des métaux, des produits métalliques et des composantes informatiques et électroniques. Même le secteur des services a accusé un certain recul en juin dernier, principalement dans les domaines de la santé, de la gestion d'entreprises, de la culture et des loisirs.
Pour la création d'emplois, les prévisions sont d'ailleurs plutôt positives. Selon les perspectives professionnelles pour 2000-2004 fournies par Emploi-Québec, la croissance annuelle du marché du travail devrait se situer à 2 % pour un total de 65 000 nouveaux emplois d'ici à trois ans. Les industries spécialisées dans la fabrication de produits électriques et électroniques, de matériel de transport, de produits métalliques, d'aliments et de meubles devraient être particulièrement actives en matière de recrutement. Des gains d'emplois sont aussi envisagés du côté des entreprises de divertissement et de loisirs, des services aux entreprises et dans le domaine de la santé. Les débouchés devraient donc favoriser surtout les professionnels : comptables, spécialistes de la santé et des sciences. En fait, au cours des trois prochaines années, plus de 10 000 postes devront être pourvus dans la région dans le secteur de la santé - des infirmières auxiliaires aux médecins spécialistes, en passant par les administrateurs. Les techniciens en génie électronique, en avionique et en chimie, de même que les agents d'assurances pourraient également être dans la mire des employeurs. «Il est possible que certains secteurs soient un peu ralentis, admet Louis-Olivier Cloutier. Mais globalement, nos prévisions d'emplois devraient se maintenir. Au pire, nous créerons un peu moins d'emplois que prévu.» Même les Cris participent à la prospérité montérégienne. La région, qui se veut le plus important fournisseur d'Hydro-Québec, profitera de la nouvelle entente entre le gouvernement et le Grand Conseil des Cris sur le développement hydroélectrique de la rivière Eastmain à la Baie-James et des milliards d'investissements qui en découleront. À cela s'ajoute la construction prochaine d'une centrale au gaz naturel à Beauharnois, dans le sud-ouest de la région. Bref, contre le bacille de la récession, rien de mieux que l'antidote montérégien.
[Montéquoi?] Bizarre région que la Montérégie : à l'intérieur des limites de son territoire, on retrouve une station du métro de Montréal, une portion rurale, d'où provient bon an, mal an le tiers de la production agricole québécoise, et l'un des centres névralgiques de la haute technologie (Bromont). La région amalgame certains cantons de l'Estrie, la vallée du Richelieu, la région frontalière qui s'appuie sur les Adirondacks, la banlieue sud de Montréal et le Suroît, tout à l'ouest. S'y trouvent les villes de Sorel, Rigaud, Longueuil, Saint-Hyacinthe, Saint-Jean-sur-Richelieu, Valleyfield, Granby et Bromont. Foulée par les plus illustres personnages de notre histoire, de Pierre Boucher de Boucherville à Le Moyne d'Iberville, en passant par Salaberry, la Montérégie aurait bien pu leur emprunter leur nom. En fait, elle doit plutôt sa dénomination aux collines qui semblent la percer et à Frank D. Adams, un géologue qui en a admiré les courbes en 1903. Constatant la similitude entre les collines de la région et le mont Royal, le géologue a en effet été le premier à parler des collines montérégiennes, un mot dérivé de Mons Regius, qui signifie mont royal en latin. Le nom de la région a été officiellement consacré en 1985.
Travailler... et VIVRE en Montérégie SIGNES VITAUX Revenu per capita (2000) : 26 232 $ (24 910 $
pour l'ensemble du Québec). Taux de chômage : 5,9 % (8,1 % pour l'ensemble
du Québec). Maisons et logements : 97 011 $ en moyenne pour une
maison unifamiliale à Saint-Jean-sur-Richelieu, 144 722 $
à Saint-Bruno, 74 698 $ à Sorel et 87 458 $
à Valleyfield; 424 $ pour un logement de quatre pièces
à Saint-Jean-sur-Richelieu, 507 $ à Saint-Bruno, 378 $
à Sorel et 484 $ à Valleyfield. SPORT ET PLEIN AIR Activités estivales : La région est sillonnée par 462 kilomètres de pistes cyclables. On peut faire de la planche à voile, du canot et du kayak au Parc des Îles-de-Boucherville, au Centre Notre-Dame-de-Fatima à Notre-Dame-de-l'Île-Perrot, à la Super-plage Le Sablon à Saint-Polycarpe et au Parc régional des îles de Saint-Timothée. La randonnée pédestre, la pêche, l'équitation et la natation sont aussi possibles à divers endroits de la région. Activités hivernales : Le ski de fond au Centre de plein air Les Forestiers à Les Cèdres, au Centre de la nature du Mont-Saint-Hilaire, au Centre Notre-Dame-de-Fatima à Notre-Dame-de-l'Île-Perrot, aux Sentiers du Mont-Rigaud à Rigaud, au Parc du Mont-Saint-Bruno et au Parc régional de Saint-Bernard. Le ski alpin au Centre de ski Mont-Rigaud et au mont Saint-Bruno. SORTIES Bars : Le Resto-Bar Réal Massé, à Boucherville, pour entendre de tout, du country au hip-hop. Chez Maurice, à Saint-Lazare, une véritable institution côté bar-spectacles. Le MC Broue, à Valleyfield. Le Vieux Saint-Jean et le Beethoven, à Saint-Jean-sur-Richelieu. CULTURE Fêtes populaires : Festival de la Gibelotte, Festival des vents, Festival de Montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu, Fête de Saint-Louis au fort Chambly, Festival des couleurs de Rigaud, Régates de Valleyfield. Journaux : La région est desservie par les quotidiens montréalais (La Presse, Le Devoir, The Gazette et Le Journal de Montréal). Plusieurs hebdomadaires d'importance sont aussi présents sur le territoire, notamment Le Canada Français. Maisons d'enseignement : La région compte six cégeps. L'Institut national de la recherche scientifique (INRS) - Énergie et Matériaux a pignon sur rue à Varennes; quant à l'Université de Sherbrooke, elle est présente à Longueuil et à Saint-Jean-sur-Richelieu.
La vie, la vie... de l'autre côté du pont par Guylaine Boucher
Née à Napierville, Linda Coach aime les grands espaces et la campagne. Exilée pendant trois ans à Montréal, le temps de terminer sa formation de comptable agréé à l'École des Hautes Études Commerciales, elle n'a jamais apprécié le rythme urbain. «Je n'aime pas le stress de la ville, le métro à l'heure de pointe. C'est trop impersonnel pour moi.» Il y a cinq ans quand est venu le temps d'ouvrir son propre cabinet comptable, le lieu s'est donc désigné d'office : ce serait Napierville et rien d'autre. Un pari qui s'est révélé payant, puisque le téléphone n'a pas dérougi depuis. Avec trois employés à temps plein et un employé à temps partiel, c'est une véritable PME que Linda dirige aujourd'hui - une PME comparable à celles qu'elle aime tant desservir. «On m'a déjà offert d'ouvrir un bureau à Montréal, mais j'ai refusé. Je voulais évoluer avec les PME et ça, il y en a plein dans ma région.» C'est aussi le type de rapports qu'elle entretient avec sa clientèle qu'apprécie Linda. «J'ai travaillé pendant deux ans dans un grand cabinet qui avait une clientèle montréalaise. C'est complètement différent. Ici, je suis près de mes clients. Je vais déjeuner au même restaurant qu'eux, nous jasons, ils me racontent leurs projets, leurs problèmes. J'aime ce que je peux construire ici avec eux.» Pas question donc de traverser le pont, comme on dit familièrement sur la Rive-Sud, ni professionnellement ni personnellement. «J'ai la chance de pouvoir vivre à la campagne, d'avoir de l'espace autour de moi. Quand j'ai envie d'aller à Montréal voir un spectacle, je prends mon auto et j'y vais. C'est un peu le meilleur des deux mondes!»
À 31 ans, Brigitte Brabant fait partie des jeunes qui ont quitté la région et qui sont revenus. Une décision plus sentimentale que rationnelle puisque, explique-t-elle, «j'avais des attaches personnelles dans la région». Des «attaches» qui se sont soldées par un mariage et par une installation définitive. Convaincue depuis sa tendre enfance qu'elle aura un jour sa propre entreprise, Brigitte a profité de son retour dans la région pour réaliser son rêve. Il y a trois ans et demi, elle démarrait Les Aliments Croc'Dor, une entreprise de transformation alimentaire spécialisée dans la fabrication de grignotines de soya. Partie de zéro, la firme emploie aujourd'hui une douzaine de personnes
et vend ses produits un peu partout au Québec, au Canada et depuis
peu aux États-Unis. Une exportation facilitée par l'emplacement
géographique de la région, selon Brigitte. «Le choix
d'installer l'entreprise ici était évidemment bien personnel,
mais le fait que la région de Vaudreuil-Soulanges soit située
tout près de la frontière américaine, de l'Ontario
et de Montréal nous facilite beaucoup la vie. L'environnement est
agréable et les services industriels, eux, sont comparables à
ceux de n'importe quelle grande ville. C'est parfait.»
À 22 ans, Steve Dandeneault est l'un des plus jeunes directeurs commerciaux de tous les concessionnaires Mazda au Québec. Né à Sorel-Tracy, il n'a jamais véritablement quitté sa région. Détenteur d'une formation collégiale en administration et marketing, quand est venu le temps de se trouver un travail, il a tout naturellement misé sur son coin de pays. «Quand j'ai cherché du travail, j'ai choisi de faire mes premières démarches dans ma région. J'étais sceptique, mais il était très clair dans ma tête que je devais commencer par chercher dans ma région avant d'aller ailleurs. Finalement, les résultats ont été au-delà de mes espérances. J'ai même dû choisir entre plusieurs offres.» En poste depuis près d'un an, il ne regrette pas son choix. Passionné de voitures, son emploi lui permet non seulement de travailler dans un secteur qu'il aime, mais aussi de côtoyer des gens chaque jour. Un aspect de son emploi qu'il apprécie particulièrement d'autant plus, qu'à son avis, la vie en région facilite les rapports humains. «Comme nous vivons et nous travaillons dans un milieu plus petit, établir des relations avec les gens est plus facile. Tout le monde se connaît. Dans mon travail, c'est très utile, entre autres, parce que je connais les gens des banques et des assurances avec qui je fais des affaires. C'est ce qui est le plus agréable en région.» Pas question donc de quitter sa terre natale de sitôt. C'est que s'il avoue faire des allers-retours fréquents à Montréal, notamment pour profiter des spectacles et des restaurants, il apprécie toujours le fait de ne pas être coincé, jour après jour, dans les embouteillages monstres de la métropole. «Les appartements, les maisons, tout est moins cher ici. Les sports et le plein air sont très accessibles. J'habite à quelques minutes de mon travail. Ce sont de petites choses en apparence, mais qui comptent quand on les additionne ensemble.»
[Zoom sur l'emploi] Avec Jean-Guy Leblanc, directeur régional, Emploi-Québec Montérégie
> «La prochaine année ne s'annonce pas très spectaculaire, pas plus que désespérante. Nous prévoyons plutôt une stabilisation de l'emploi dans la région. Même depuis le 11 septembre dernier, notre indicateur des nouveaux projets, qui nous permet de prévoir la situation de l'emploi dans les prochains mois, nous montre qu'il n' y a pas de ralentissement de ce côté. S'il y a des pertes d'emplois dans certains secteurs, ces nouveaux projets vont les pallier.» Des fermes et des jeunes (propos recueillis par Éric Grenier)
Le Net régional La Montérégie a toujours été l'un des points chauds de l'histoire du Québec et du Canada. De grands événements s'y sont déroulés et de grands personnages hantent toujours les lieux. De plus, la région se veut être le jardin du Québec, où le tourisme du terroir se développe rapidement. Voici quelques sites qui vous permettront d'en apprendre un peu plus sur cette région. Tourisme Montérégie Le Circuit du Paysan Parcs Canada Vallée du Richelieu Comité de transition de la nouvelle Ville de Longueuil Le Suroît
[Ressources-emploi] Carrefours jeunesse-emploi (CJE)
CJE du Bas-Richelieu CJE de la Vallée du Richelieu, (Aide et intégration Jeunesse au travail
de la Vallée du Richelieu), bureau de Mont-Saint-Hilaire
CLD de la région d'Acton
CLE d'Acton Vale CLE de Boucherville CLE de Brome-Missisquoi CLE de Brossard CLE de Châteauguay CLE de Contrecur CLE du Haut-Saint-Laurent CLE de La Vallée-du-Richelieu CLE du Haut-Richelieu CLE de Longueuil-Est CLE de Longueuil-Ouest CLE de Marieville CLE de Saint-Constant CLE de Saint-Hubert CLE de Saint-Hyacinthe CLE de Saint-Rémi CLE de Valleyfield CLE de Sorel CLE de Vaudreuil-Soulanges
CRD de la Montérégie |
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