Vous connaissez l'Homo travaillus? Très commun sur tous les
continents - on dénombre 3 753 300 spécimens au
Québec -, l'Homo travaillus est facilement observable à
l'aube, lorsqu'il quitte le nid familial pour se rendre «au boulot»,
un lieu-culte où il passe plus de la moitié de sa vie adulte.
Là, seul ou en groupe, il accomplit une impressionnante variété
de tâches qui lui permettent de «gagner de l'argent»,
un élément nécessaire pour assurer la subsistance
de sa famille. Le travail idéal doit aussi permettre à l'Homo
travaillus de «s'épanouir», de «jouir de la vie
au maximum», et de rentrer chez lui avant la brunante.
Joanne B. Ciulla, docteure en philosophie, s'est appliquée à
étudier l'Homo travaillus et son environnement. Son constat : non
seulement notre travail ne nous rend pas aussi heureux qu'il le devrait,
mais il ressemble aujourd'hui de plus en plus à un trou noir, une
masse informe qui avale notre temps, notre famille, notre santé,
bref, notre vie. Et, bien souvent, nous sommes trop occupés à
courir pour nous en apercevoir...
Nous avons joint Joanne B. Ciulla à son bureau de l'Université
de Richmond, en Virginie, où elle enseigne entre autres l'éthique
du leadership et la pensée critique.