Nom :Père Noël, alias Michel Avon
Âge : 49 ans
Occupation : Héros universel
Formation : Autodidacte
Noël en juillet : Je ne joue pas au père Noël;
je SUIS le père Noël! Tout ça a commencé il
y a neuf ans, quand un ami m'a demandé de faire le père
Noël dans son restaurant... Ce Noël-là, j'ai fait la
tournée de six ou sept restos de la Rive-Sud et j'ai adoré
ça! Peu après, j'ai tenté ma chance au Village du
père Noël, à Val-David. Il faut croire que la famille
Rousseau [propriétaire du parc thématique] a aimé
mon style... L'été prochain sera ma huitième saison
au Village, et j'y suis maintenant six jours par semaine, de mai à
septembre.
Viser haut! Ho! Ho! : C'est contre mes principes de vendre l'image
du père Noël; les centres commerciaux à 20 dollars
de l'heure, ce n'est pas pour moi... De la mi-novembre au 1er janvier,
j'offre donc mes services gratuitement : je visite des écoles,
des garderies, des maisons privées, des organismes communautaires,
des commerces et des centres pour personnes âgées. Je suis
un père Noël engagé.
Attache ta tuque : Au Village, je passe neuf heures par jour sur
ma chaise. Je ne vois pas le temps passer; je refuse même de dîner
pour pouvoir voir le plus d'enfants possible. Je peux en prendre jusqu'à
800 dans mes bras chaque jour. Le petit qui pèse 16 kilos le matin
en pèse 500 à la fin de la journée! Le père
Noël va donc au gym une fois par semaine pour garder la forme.
La touche magique : Être père Noël, ça
ne s'apprend pas : tu l'as ou tu l'as pas. Il faut être capable
de s'émerveiller, aimer s'amuser, adorer se faire tirer la barbe
et, naturellement, vouloir être près des enfants. Il y en
a qui me posent des colles ou me donnent un coup de poing dans le ventre
pour voir si je suis «le vrai». Les tout-petits m'apportent
leur suce quand ils deviennent «grands». C'est adorable... Par
contre, c'est plus difficile quand je vois des enfants malades ou quand
un garçon me demande de guérir sa mère atteinte du
cancer.
Petits lutins : Lors de mes tournées dans les écoles,
je demande aux enfants d'apporter un jouet dont ils ne se servent plus
à la maison. L'an dernier, grâce à ces dons et à
d'autres collectes, on a amassé plus de 8 000 cadeaux pour les
démunis. On a même fourni la Mission Old Brewery à
Montréal! J'y serai encore cette année pour distribuer plus
de 2 500 cadeaux.
Le pôle Nord sur la Rive-Sud : Chez moi, à Marieville,
c'est Noël 365 jours par année. J'ai un arbre de Noël
en permanence, ma chaise de père Noël au salon, des collections
de boules de Noël, des pères Noël en porcelaine, des
serviettes de Noël, un coffre à jouets rempli de vieilles
toupies, de trains anciens, etc. Je bois même du Santa's Tea! Dans
le temps des fêtes, les enfants peuvent venir me visiter chez moi
deux jours par semaine.
Sur son 36-54-36 : Je me fais un point d'honneur d'être
vêtu selon la tradition. Les enfants s'attendent à voir le
«vrai» Père Noël, alors les costumes du Wal-Mart,
ça ne fonctionne pas! Le Village fournit mon ensemble d'été
et, pour l'hiver, j'ai deux habits superbes et deux paires de bottes en
cuir à boucles dorées, le tout fait sur mesure. Mon look
est inspiré du conte The Night Before Christmas [de Clement Clarke
Moore]. C'est, selon moi, le meilleur livre de Noël, et celui que
je lis toujours aux enfants.
L'âme à la fête : J'ai travaillé en
cuisine avant d'être père Noël - j'ai mes diplômes
de chef cuisinier et de boucher -, mais j'avais l'impression que quelque
chose manquait. Maintenant, je m'amuse, j'apprends à vivre. La
chanson qui explique peut-être le mieux comment je vis la magie
de Noël, c'est Santa Claus (I Still Believe in You), d'Alabama. Je
l'écoute année après année. Les paroles me
font vibrer.