C'est probablement la seule situation au monde où la proie
rêve de se retrouver dans la besace du prédateur. Les chasseurs
de têtes, à l'affût des meilleurs talents pour des
entreprises en manque de sang neuf, se font toutefois discrets. Modus
operandi d'une industrie fort méconnue.
Il y aurait plus d'une cinquantaine de chasseurs de têtes à
l'uvre au Québec. Mais les trouver n'est pas évident.
Rien dans les Pages Jaunes sous ce vocable. Pas grand-chose non plus dans
Internet.
C'est que plusieurs chasseurs de têtes n'aiment pas être
désignés ainsi, le terme «conseiller en recrutement»
étant généralement préféré à
celui de «chasseur de têtes». Certains ont refusé
de collaborer à ce dossier. «Je ne tiens pas à avoir
de la publicité», a expliqué une chasseuse de têtes
bien connue dans le milieu. D'autres n'ont accepté de collaborer
que sous le couvert de l'anonymat.
Selon l'un d'entre eux, le milieu des chasseurs de têtes est fermé,
secret et souffre même d'une connotation négative. «Les
façons de faire tiennent souvent du maraudage, souligne-t-il. Si
un chasseur de têtes est à la recherche d'un cadre, il va
souvent le chercher dans l'entreprise où il travaille actuellement.
Dans le cas d'entreprises concurrentes, ça peut poser des problèmes
d'atteinte à la compétitivité.»
Toujours selon cet observateur, 90 % des firmes de recrutement disent
ne pas faire de «chasse de têtes». «Mais, dans
les faits, elles en font», affirme-t-il.