«Si la tendance se maintient», dit la formule consacrée.
Mais pour se maintenir, encore faut-il que la tendance se dessine.
On peut dire qu'en 2001, les tendances se sont limitées aux dernières
extravagances de la mode vestimentaire... Pour ce qui est de l'économie
et de l'emploi, il faudra repasser. Nous sommes allés de surprises
en surprises, des mises à pied massives à la Nortel jusqu'au
grand coup du 11 septembre, avec tout ce qui s'est ensuivi.
Deux mois plus tard, nous cherchons toujours à comprendre cette
nouvelle réalité et à nous y adapter. Et trop souvent,
les informations dont nous sommes bombardés ajoutent à la
confusion.
Alors que les États-Unis sont entrés officieusement en
récession, que 1,6 million d'emplois y ont été perdus
depuis janvier 2001 et que le taux de chômage y est plus élevé
qu'il ne l'a été depuis cinq ans, le Québec ne s'en
tire pas si mal, et même pas mal du tout : 50 000 emplois
ont été créés chez nous depuis le début
de 2001, dont 5 000 en octobre, et le taux de chômage du mois
dernier est resté stable à 8,5 %.
D'une part, le premier ministre Bernard Landry nous prévient que
notre économie glissera sous peu dans la débâcle américaine
et nous annonce des temps difficiles. De leur côté, les économistes
de la Banque de Montréal prévoient une reprise - timide,
mais réelle - dès le début de l'an prochain. Les
dirigeants de la Banque du Canada répliquent, quant à eux,
en annonçant une décroissance douloureuse pour les prochains
mois.
Bien malin celui qui saura s'y retrouver dans tout cela! D'autant plus
que la semaine prochaine ou le mois prochain, ces lignes risquent fort
de ne plus tenir la route.
Demain est si incertain. Alors soyons audacieux et tournons-nous plutôt
vers... l'après-demain! Comment travaillerons-nous en 2010?
Y aura-t-il des heures de pointe dans les corridors de téléportation?
Aurons-nous droit au lunch en tube et à la secrétaire-robot?
En ces temps d'incertitudes, nous nous sommes amusés à prévoir
l'imprévisible et vous présentons nos découvertes
dans notre dossier principal.
Et si, en 2010, vous n'avez toujours ni cravate-cellulaire, ni ordinateur
de verre, nous vous aurons bien prévenus : demain est si incertain...