Horaires flexibles, travail à distance, stages écologiques payés
: les employés de Patagonia comptent parmi les mieux traités en
Amérique du Nord. Leur patron? Un alpiniste chevronné qui pratique
le bouddhisme zen
Lorsque la température est clémente, les employés du siège
social de Patagonia, à Ventura, en Californie, ont tendance à
quitter le bureau plus tôt qu'à l'accoutumée. C'est qu'à
quelques kilomètres de là se trouvent une douzaine de belles plages
idéales pour le surf, l'activité locale par excellence. La tentation
est trop grande. Or, le patron ne se fâche même pas : c'est lui
qui les encourage à jouer dehors pendant les heures d'ouvrage!
En fait, cette pratique pourrait être naturelle pour ce fabricant de
vêtements et d'équipement de plein air, l'une des marques les plus
respectées par les amateurs de grand air. Après tout, quand on
conçoit des vêtements pour le surf, les essayer dans l'eau de l'action,
c'est aussi du boulot. Mais la «culture Patagonia» pousse la réflexion
bien plus loin.
En fait, chez Patagonia, l'employé n'est pas considéré
comme un employé, et surtout pas comme un associé. Il est un citoyen
qui a un rôle à jouer dans la société. Selon Yvon
Chouinard, le président fondateur de Patagonia, l'entreprise a le devoir
de permettre à son personnel d'améliorer le sort de l'humanité.
Rien de moins! «Je veux que mes employés soient heureux; c'est
tout.» Des propos tout de même étonnants pour un patron...