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  [Dossier]
Pilule dorée
L'industrie pharmaceutique

par Christine Lanthier

L'industrie pharmaceutique québécoise a vécu la dernière décennie sous l'effet des hormones de croissance. En 10 ans, le nombre d'entreprises y a triplé et le nombre d'emplois, quadruplé. Le secteur cherche maintenant à consolider ses acquis. Parmi ses priorités : former et attirer des travailleurs capables d'affronter la concurrence internationale.

«Un composé anti-sida mis au point à Laval, le 3TC, fera l'objet d'essais cliniques dans quelques jours à Vancouver et à Boston, de même qu'en Hollande et en Angleterre», annonçait La Presse en juillet 1991. Une obscure petite société pharmaceutique québécoise, IAF-Biochem, venait de sortir de l'anonymat. Devenue depuis Biochem Pharma, la société lavalloise, incubée dans les laboratoires de l'Institut Armand-Frappier, allait faire connaître le Québec dans l'industrie pharmaceutique.

Avec près de 200 entreprises employant environ 15 000 personnes, le Québec héberge près de la moitié de l'industrie pharmaceutique canadienne. Sur 14 grandes villes nord-américaines, Montréal occupe le huitième rang en ce qui concerne les emplois dans le secteur et le premier rang des centres de recherche contractuelle, selon Montréal Technovision, un organisme faisant la promotion de Montréal comme technopole. Depuis 1992, les entreprises étrangères ont investi plus d'un milliard de dollars dans l'industrie pharmaceutique du Québec.

Ce succès est attribuable à de nombreux atouts : une main-d'œuvre de haut calibre, un important réseau de recherche universitaire, une concentration d'importants laboratoires de recherche fondamentale, un centre de pharmacologie et l'Institut de recherche en biotechnologie, à Montréal, le plus grand centre de ce genre du monde.

De plus, les incitations fiscales du Canada et du Québec pour la recherche et le développement (R & D) figurent parmi les plus avantageuses. Selon Industrie Canada, il en coûte 64 % de moins au Québec qu'aux États-Unis pour faire de la recherche. Depuis la fin des années 80, le gouvernement du Canada a aussi pris des mesures successives pour prolonger la durée des brevets pharmaceutiques de 17 à 20 ans, ce qui a contribué à l'augmentation des investissements en R & D au pays.

Les géants mondiaux de l'industrie n'hésitent donc pas à faire du Québec leur plate-forme préférée pour la recherche. Anne Marie Phelan, chef de service, dotation et diversité chez Merck Frosst, est témoin de la frénésie locale : «Nous avons lancé trois produits l'an dernier. Deux d'entre eux, un antidouleur et un médicament contre l'asthme, ont été découverts à la division de recherche de Montréal, ce qui en fait l'une des plus productives au sein de l'entreprise.»

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