Le Bas-Saint-Laurent présente deux visages : l'un, très dynamique,
celui des secteurs des télécommunications et du bioalimentaire; l'autre,
moins rigolo, celui de l'exode des jeunes et d'une industrie forestière
en difficulté. Portrait d'une région à cheval entre deux siècles.
Quand le géant Telus a annoncé l'an dernier aux grands de la finance
son intention d'acheter QuébecTel, tout Rimouski a retenu son souffle.
Et pour cause, QuébecTel étant le moteur économique de la ville avec plus
de 1 750 employés.
Les craintes se sont rapidement estompées. Le nouveau propriétaire a
garanti le maintien du siège social à Rimouski, où il est présent depuis
1927. Il a même promis de grandes destinées pour QuébecTel (devenue Telus
Québec). «On va faire de QuébecTel un formidable concurrent de Bell
Canada», annonçait en avril 2000 Brian Canfield, le chef de la direction
de Telus.
La guerre des marchés entre les grands des télécommunications passe désormais
par le Bas-Saint-Laurent! «La présence de QuébecTel agit comme une
locomotive pour les technologies de l'information dans la région»,
affirme Carole Côté, du ministère de l'Industrie et du Commerce (MIC).
Dans le Bas-Saint-Laurent, le secteur des nouvelles technologies de l'information
compte déjà 80 entreprises, dont Programmation Gagnon et Géodata, deux
étoiles montantes dans leurs spécialités. L'agrandissement du Carrefour
de la nouvelle économie (CNE) de Rimouski devrait générer 400 emplois
d'ici à trois ans.
C'est surtout Rimouski qui profite de la manne technologique. Ailleurs
dans la région, à Matane et à Rivière-du-Loup, les CNE sont inoccupés.
Matane pourrait cependant bientôt émerger comme la prochaine technopole
régionale : le Cégep de Matane offrira cet automne un programme d'études
collégiales en intégration multimédia, selon la formule d'alternance travail-études.