Après
quelques semaines de ralentissement généralisé, la majorité de la population
active reprend le collier. De nouveaux projets sont mis en branle, les téléphones
se remettent à sonner, les échéances s'accumulent, les bouchons de circulation
réapparaissent...
Pourtant, quelques rares citoyens restent à l'écart du branle-bas général.
Ces résistants du 9 à 5 ont fait un choix de vie : celui de ne pas travailler
et de consacrer leur temps à ce qui compte pour eux.
Des marginaux, direz-vous. Pas facile de manger et de payer le loyer
quand le compte bancaire n'est plus renfloué chaque semaine.
Reste que les travailleurs qui aimeraient bien diminuer leur nombre d'heures
de travail et avoir la chance de souffler un peu sont nombreux. Même le
président Bush a senti le besoin de prendre des vacances de 31 jours cet
été - provoquant d'ailleurs une série de commentaires pernicieux dans
les médias.
Avec le rythme effréné imposé par le marché du travail d'aujourd'hui,
le temps alloué aux activités personnelles se voit souvent compressé.
Sur diverses tribunes, on s'interroge de plus en plus : comment aider
les travailleurs à trouver un équilibre entre leur boulot et leurs responsabilités
familiales, notamment?
Pour les uns, la solution pourrait être d'adopter la semaine de quatre
jours, quitte à voir leur salaire légèrement amputé. D'autres aimeraient
bénéficier de garderies en milieu de travail, ou pouvoir travailler à
partir de la maison quelques jours par semaine pour éviter le temps de
transport. Autant de possibilités qui nécessitent la participation des
entreprises.
Le Forum sur la conciliation travail-famille, qui réunira des représentants
gouvernementaux, patronaux et syndicaux le 15 novembre prochain, mettra
le sujet sur le tapis. Espérons qu'il ne sera pas simplement balayé à
la fin de la journée.
Les entreprises ne font pas suffisamment preuve de reconnaissance envers
leurs employés. Ce sont les gestionnaires eux-mêmes qui le disent.
Un sondage effectué en juillet dernier par OfficeTeam, une importante
agence de placement de personnel administratif, indique que plus du tiers
des cadres de grandes entreprises canadiennes estiment que ces dernières
ne savent pas récompenser la bonne performance de leurs employés.
L'agence conseille aux gestionnaires d'avoir plus fréquemment recours
au mot "merci", d'envoyer une note d'appréciation par courriel - avec
copie au superviseur - ou même d'offrir une journée de congé supplémentaire
à un employé pour lui indiquer que ses efforts ne passent pas inaperçus.
Des idées toutes simples, mais qui sont souvent oubliées dans le feu
de l'action.
Nous en profitons d'ailleurs pour souligner le bon boulot des collaborateurs
du magazine, à la rédaction comme à la production : un grand merci à tous!
Julie Tremblay
Rédactrice en chef