Jamais, de mémoire de conseiller d'orientation, les jeunes Québécois
n'ont autant hésité à prendre carrière. Ils forment la génération i, un
groupe d'étudiants et de travailleurs frappés par l'indécision. Le phénomène
prend des proportions de fléau : huit cégépiens sur dix ne savent pas
ce qu'ils veulent faire de leurs dix doigts, et la moitié des travailleurs
âgés de 15 à 24 ans changent d'emploi durant une même année. Leur début
de carrière est un jeu de chaises musicales au cours duquel ils cumulent
plus d'expériences de travail que leurs deux parents réunis. Voici l'histoire
d'une génération qui a la bougeotte.
Quand vient le temps de choisir un champ d'études ou de préciser le type
de carrière qu'ils aimeraient entreprendre, les jeunes déraillent. À peine
20 % des élèves qui font leur entrée au cégep auraient une certaine idée
de ce qu'ils veulent faire dans la vie, selon la Fédération des cégeps.
Les autres sont soit en période de recherche, soit dans le brouillard
le plus total. Résultat : au collégial, plus d'un élève sur trois butine
d'un programme à l'autre, en quête de la formation idéale, celle qui lui
permettra d'étudier avec passion jusque tard dans la nuit et pour laquelle
il s'endettera pour les années à venir.