Dans plusieurs milieux de travail, les salariés ont l'impression de
ne jamais en avoir donné autant à leur patron. Les semaines de 45, 50,
voire 60 heures semblent être monnaie courante. Illusion?
On nous promettait la société des loisirs. Avec l'obtention de la semaine
de quatre jours pour certains groupes de travailleurs, on a cru que ça
y était. Hélas! Non seulement aujourd'hui la semaine de travail habituelle
compte-t-elle encore cinq jours, mais des témoins prétendent même avoir
vu la semaine de huit jours. Une histoire de Bonhomme Sept Heures?
Pas tout à fait. Pour Stéphane St-Yves, qui vend des certificats d'identification
numérique pour Internet, une semaine de travail «normale»
compte... 60 heures! En période de pointe, elle peut même dépasser les
70 heures, soit l'équivalent de huit jours et demi de travail normaux.
C'est sans compter le temps qu'il doit allouer à la gestion des deux immeubles
résidentiels dont il est propriétaire.
«Y a rien là! Quand tu aimes ta job, le travail ne t'épuise pas
et tu ne sens pas le besoin de compter tes heures. J'ai déjà été fonctionnaire
et, dès que je commençais ma journée, j'avais hâte que 16h arrive pour
que ça finisse. Je trouvais mes journées et mes semaines terriblement
longues même si, au fond, je travaillais très peu comparativement à aujourd'hui.»
Stéphane est peut-être heureux de cette situation, mais ce n'est pas
le cas de tout le monde. La réduction du temps de travail commence à tarabiscoter
pas mal de travailleurs surchargés au Québec...