L'été dernier, tout semblait aller pour le mieux. L'économie fleurissait
et les offres d'emploi pleuvaient.
Quelques bordées de neige plus tard, voici que le doute s'installe: le
marché du travail se porte-t-il aussi bien que nous le croyions? Nous
gargarisions-nous de pensées joyeuses, les yeux au ciel et les doigts
dans les oreilles, pendant que nos châteaux s'écroulaient?
Les mises à pied occupent les manchettes depuis l'hiver. Les postes tombent
à coup de centaines dans les «pointcom» américaines et dans
quelques grandes entreprises d'ici, dont Air Canada et Nortel. Les économistes
refont leurs calculs et s'agitent en réchauffant leurs théories récessionnistes.
Dans son bilan annuel, Statistique Canada souligne pourtant que le taux
de chômage au Québec a terminé l'année à 8 %, son plus bas niveau depuis
1976. Mais la donnée est plutôt décevante quand on sait qu'il s'agit d'une
baisse de 0,1 % seulement par rapport à l'année précédente. On aurait
espéré mieux.
Prévisions, bilans et statistiques nous indiquent donc qu'un ralentissement
économique important est en train de s'effectuer. Reste que le travailleur
est loin de se classer parmi les espèces en voie de disparition. Quand
on délaisse l'univers des chiffres pour l'observation sur le terrain,
on constate qu'en général, les Québécois ne manquent pas de boulot!
En effet, dans plusieurs secteurs d'activité, comme celui des télécommunications,
les entreprises s'arrachent une main-d'ouvre trop rare pour leurs besoins.
C'est aussi le cas à Québec, où les travailleurs
qualifiés ne suffisent plus à la demande des entreprises de haute technologie,
de plus en plus nombreuses à s'installer dans la région. D'autre part,
des spécialistes comme Beverly Goldberg nous
préviennent que nous pourrions bien être obligés de
travailler jusqu'à notre dernier souffle, faute de relève.
Et non seulement la semaine de travail compte-t-elle
plus de 50 heures pour bien des Québécois, mais la plupart d'entre eux
prennent rarement le temps de luncher en
paix. Enfin, les employés ont le gros bout du bâton dans un marché d'offres
d'emploi, au point qu'ils ne se sentent plus obligés de jurer fidélité
à leur employeur.
La plupart d'entre nous prennent la peine d'écouter la météo chaque matin
pour savoir s'ils doivent mettre leur imper ou leurs bottes d'hiver. Mais
c'est seulement une fois dehors que l'on peut vraiment se faire une idée
du temps qu'il fait...
Bonne lecture !
Julie Tremblay Rédactrice en chef