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  [Mode de vie]

S.O.S. congélateur!
Car si depuis 15 ans le panier d'épicerie des Québécois regorge de bons fruits et légumes, de poisson, de volaille et de pains multigrains, les aliments les plus populaires à la caisse demeurent les plats préparés et les aliments prêts à manger, comme en témoigne la plus récente étude commandée par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) sur les dépenses alimentaires des Québécois en 2003.

Leur progression est à faire pâlir tous les brocolis de la terre : les bouillons prêts à servir en conserve, par exemple, enregistrent des ventes en hausse de 887 % par rapport à 2002! Les soupes réfrigérées (114 %), les galettes de viande préemballées congelées (48 %), les yogourts en tube (56 %) et les pâtisseries feuilletées congelées (63 %) bouffent aussi une large part de l'assiette des consommateurs. Ceux-ci préfèrent d'ailleurs les oeufs en version liquide plutôt qu'en coquille (21 % contre 9 %), le fromage dans sa version râpée (18 % contre 5 % pour tous les types de fromage frais) et la pomme de terre congelée plutôt qu'en robe des champs (8 % contre -24 %).

Quant à la fréquentation des restaurants, elle progresse depuis 1986 et représentait 28,5 % des dépenses alimentaires par personne en 2001, selon une autre étude publiée par le MAPAQ en 2003.

Si on ne cuisine plus, c'est souvent faute de temps. Excédé par la journée de travail, l'enfer de la circulation, les enfants affamés et notre propre estomac qui gargouille, on privilégie des solutions simples et pratiques. Du genre «soulevez la pellicule et faites chauffer au micro-ondes».

«Pas fous, les restaurants et l'industrie alimentaire rivalisent d'imagination pour développer des concepts qui simplifient la vie des gens, affirme Marie Marquis. Des services de livraison de plus en plus rapides, des traiteurs, des surgelés prêts en un tournemain... Les commandes à l'auto gagnent aussi en popularité, car certains mangent dans leur voiture pour gagner du temps.»

Le problème, c'est que la plupart des restaurants et des géants agroalimentaires sont assez peu tourmentés par notre taux de cholestérol et notre tension artérielle.

Certes, ce qui est congelé ou préparé d'avance n'est pas nécessairement mauvais. Certaines entreprises ont même amorcé un virage santé, sous la pression des consommateurs qui sont eux-mêmes davantage conscients de ce qu'ils mangent.

Mais Hélène Laurendeau met un gros bémol sur cette tendance. «Les plats surgelés contiennent souvent une grande quantité de sel, de sucre, de gras et d'additifs, dit-elle. Pour obtenir de la bonne qualité, il faut avoir les moyens de payer très cher. De plus, la plupart de ces repas ne sont pas complets, et je doute que les gens prennent la peine de se préparer une salade d'accompagnement, et de consommer aussi un fruit et un produit laitier.»

«Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, on fait face à une génération d'illettrés culinaires.»
- Hélène Laurendeau, nutritionniste





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