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[Formation | Emploi]
Bilan de mi-année du placement 2004
Jusqu'à trois offres d'emploi par diplômé
par Kareen Quesada
Photo : Patrick Deslandes
Jobboom présente le bilan de mi-année de la situation du placement des diplômés aux trois niveaux scolaires. Cette enquête effectuée auprès de tous les services de placement des établissements d'enseignement a permis d'obtenir le pouls qualitatif du marché du travail pour les sortants de la formation universitaire, de la formation technique au collégial et de la formation professionnelle au secondaire.
Les six premiers mois de 2004 ont été fructueux dans plusieurs secteurs. Comme c'est le cas depuis déjà quelques années, ceux de la santé et de la construction arrivent en tête aux trois niveaux d'enseignement, avec deux ou trois offres d'emploi par diplômé, parfois plus. Les sortants en éducation, en administration, en agriculture, en alimentation et en tourisme ont aussi très bien tiré leur épingle du jeu. Aux trois niveaux d'enseignement, on se montre optimiste quant à l'avenir en évoquant les prises de retraite qui commencent à créer des ouvertures dans certains domaines d'activité. Autre phénomène à surveiller : la baisse de la population scolaire dans des programmes pour lesquels il y a de la demande sur le marché du travail. Il arrive même que, malgré un excellent taux de placement, on ne puisse offrir une formation faute d'un nombre suffisant d'élèves. Premiers effets de la baisse de la natalité? Il est encore tôt pour tirer des conclusions, mais cela s'annonce préoccupant.
Les éditions Jobboom effectuent ce bilan deux fois par année.
Des taux de placement de 95 à 100 %
Le marché du travail s'ouvre aux diplômés de la formation professionnelle. Dans la plupart des secteurs, le taux de placement est excellent, ce qui leur permet d'espérer décrocher facilement un emploi.
L'année 2004 est excellente en ce qui touche au placement. Dans la plupart de nos programmes, il oscille autour de 100 %. La formation professionnelle est de plus en plus reconnue par les employeurs, qui inscrivent désormais le diplôme d'études professionnelles dans leurs critères d'embauche», affirme Colette Leblanc, conseillère pédagogique en formation professionnelle au Centre de formation professionnelle C.-E. Pouliot, à Gaspé.
Même son de cloche à l'École professionnelle de métiers, à Saint-Jean-sur-Richelieu, où les programmes Arpentage et topographie, Techniques d'usinage, Mécanique automobile, Mécanique de véhicules légers et Soudage-montage affichent un taux de placement oscillant entre 95 et 100 % en 2003-2004. «Nous recevons de nombreuses offres d'emploi et, bien souvent, nous ne pouvons répondre à la demande. Parfois même, nous envoyons des élèves de première année pour pourvoir à des emplois d'été», précise Jeanne Lebel, conseillère en information scolaire et professionnelle dans cet établissement.
Dans les centres de formation professionnelle de la région de la Mauricie, le placement pour l'année 2003-2004 est demeuré très favorable dans la majorité des secteurs d'emploi, explique Mireille Moisan, conseillère en main-d'oeuvre au Bureau d'emploi en formation professionnelle de la Mauricie. «C'est une excellente année et nous connaissons une remontée exceptionnelle du nombre d'offres d'emploi reçues. Dans le secteur de la santé notamment, le taux de placement est très bon et nous avons même des difficultés à répondre à la demande des employeurs. Il y a une pénurie de main-d'oeuvre dans les programmes Assistance aux bénéficiaires en établissement de santé, Assistance familiale et sociale aux personnes à domicile et Santé, assistance et soins infirmiers», souligne-t-elle.
Quant aux programmes de comptabilité et de secrétariat, année après année, ils constituent des valeurs sûres. À l'École des métiers de l'informatique, du commerce et de l'administration de Montréal par exemple, les plus récentes statistiques de placement de ces deux formations oscillaient entre 80 et 85 % à l'automne 2003. En secrétariat médical et secrétariat juridique, le taux variait entre 95 et 97 %. «Nous recevons plus d'offres d'emploi que nous n'avons d'élèves à placer», précise Carole Camiré, responsable des stages et du placement à cette école.
L'offre de programmes touchée par la baisse de natalité
textes Kareen Quesada
Particularité de cette année 2004, les conséquences de la baisse de la natalité commencent à se faire sentir dans certains centres de formation. Ainsi, au Centre de formation professionnelle L'Envolée-de-Montmagny, la population étudiante a diminué de 5 à 10 % depuis 2001-2002. «Par exemple, en 2002-2003, nous avions deux groupes d'élèves en techniques d'usinage contre un groupe en 2004. Ce phénomène s'expliquerait notamment par la baisse de la natalité», souligne la conseillère d'orientation Johanne Simard.
La situation est la même à l'École professionnelle de métiers, à Saint-Jean-sur-Richelieu, où l'on perçoit l'incidence de cette baisse depuis 2001-2002. «Les programmes Dessin industriel et Conduite et réglage de machines à mouler ne seront pas offerts à l'automne 2004, faute d'inscriptions», précise Jeanne Lebel, conseillère en information scolaire et professionnelle.
Si la décroissance de la population scolaire n'est pas encore ressentie dans certains centres de formation professionnelle, elle y est cependant anticipée, comme au Centre de formation en mécanique de véhicules lourds, à Saint-Romuald. Selon le conseiller en information scolaire Marc Bernier, le «nombre d'inscriptions n'a pas diminué, mais nous prévoyons une diminution au cours des prochaines années. La situation sera plus difficile et nous devrons intensifier nos efforts pour recruter des élèves, notamment en faisant la promotion de nos programmes.»
Besoins de main-d'oeuvre en foresterie
Le secteur de la foresterie demeure moins connu des jeunes malgré les nombreuses occasions d'emploi qu'il offre. Le Centre de formation et d'extension en foresterie de l'Est-du-Québec, à Causapscal, donne cinq programmes liés à ce secteur : Abattage et façonnage des bois, Récolte de la matière ligneuse, Aménagement de la forêt, Classement des bois débités et Affûtage. «Nous recevons beaucoup d'offres d'emploi et les salaires sont intéressants», précise Jean-Yves Lachance, conseiller pédagogique.
Forte demande de diplômés en alimentation et en tourisme
À l'École hôtelière de la Capitale, à Québec, neuf programmes sont liés à ce secteur. «Nous recevons énormément d'offres d'emploi, surtout en cuisine d'établissement, boucherie de détail et service de la restauration. Les diplômés en vente de voyages, pâtisserie, boulangerie et sommellerie se placent également très bien», explique Francine Ferland, conseillère pédagogique.
Johanne Simard, conseillère d'orientation au Centre de formation professionnelle L'Envolée-de-Montmagny, a aussi constaté l'excellent taux de placement des élèves en service de la restauration, cuisine d'établissement et boucherie de détail. «Pour ces deux derniers programmes, le nombre de diplômés ne suffit pas à répondre à toutes les offres reçues.»
Selon Francine Ferland, ce secteur continuera d'afficher de belles perspectives pour l'avenir. «Le taux de roulement des travailleurs et le fait que les employeurs exigent désormais au minimum une formation professionnelle devraient maintenir, voire augmenter, l'offre d'emploi dans ce domaine.»
Des emplois à la pelle en construction
«Les diplômés des métiers de la construction peuvent se vanter d'être parmi les candidats les plus recherchés sur le marché du travail actuellement», note Mireille Moisan, conseillère en main-d'oeuvre au Bureau d'emploi en formation professionnelle de la Mauricie. «Tous nos diplômés trouvent un emploi. Leur nombre ne suffit pas à répondre à la demande de l'industrie», précise pour sa part Alexandre Goyette, directeur adjoint au Centre de formation Le Chantier, à Laval. «Les besoins sont particulièrement importants en charpenterie-menuiserie, briquetage-maçonnerie et pose de revêtements de toiture.» Au Centre de formation des métiers de l'acier, à Anjou, 100 % des diplômés de 2004 dans les quatre programmes offerts par l'établissement (Montage d'acier de structure, Chaudronnerie, Serrurerie de bâtiment et Pose d'armature du béton) se sont placés.
Alexandre Goyette estime que les perspectives d'emploi devraient demeurer favorables dans le domaine de la construction au cours des trois à cinq prochaines années. «La demande est soutenue. À moyen terme, cela devrait se stabiliser, puis diminuer.» Cependant, cette décroissance pourrait bien être pratiquement annulée par le taux de roulement de la main-d'oeuvre et le départ à la retraite des travailleurs plus âgés.
Stimulés par l'essor de l'industrie de la construction, plusieurs programmes du secteur de l'entretien d'équipement motorisé roulent également sur les chapeaux de roues. Au Centre de formation en mécanique de véhicules lourds, à Saint-Romuald, les élèves issus de l'un des trois diplômes d'études professionnelles offerts (Mécanique d'engins de chantier, Mécanique de véhicules lourds routiers et Mécanique de moteurs diesels et de contrôles électroniques) trouvent facilement du travail. «Ils sont très recherchés. Nous recevons une ou deux offres d'emploi par semaine pour l'ensemble de ces trois programmes et les diplômés ont l'embarras du choix», souligne Marc Bernier, conseiller en formation scolaire. Il ajoute que cette situation devrait durer encore pendant les 10 ou 15 prochaines années, en raison du vieillissement de la main-d'oeuvre et des départs à la retraite anticipés dans ce secteur.
Les perspectives d'emploi devraient demeurer favorables dans le domaine de la construction au cours des trois à cinq prochaines années.
Formations gagnantes
Administration
- Secrétariat juridique
- Secrétariat médical
Agriculture et pêches
- Arboriculture-élagage
- Fleuristerie
- Horticulture ornementale
- Production de bovins de boucherie
- Production porcine
- Réalisation d'aménagements paysagers
Alimentation et tourisme
- Boucherie de détail
- Boulangerie
- Cuisine d'établissement
- Pâtisserie
- Service de la restauration
- Sommellerie
Bâtiment et travaux publics
- Arpentage et topographie
- Briquetage-maçonnerie
- Charpenterie-menuiserie
- Pose de revêtements de toiture
Entretien d'équipement motorisé
- Mécanique agricole
- Mécanique automobile
- Mécanique d'engins de chantier
- Mécanique de moteurs diesels et de contrôles électroniques
- Mécanique de véhicules légers
- Mécanique de véhicules lourds routiers
Fabrication mécanique
Foresterie et papier
- Abattage et façonnage des bois
- Affûtage
- Aménagement de la forêt
- Classement des bois débités
- Récolte de la matière ligneuse
Métallurgie
- Chaudronnerie
- Montage d'acier de structure
- Pose d'armature du béton
- Serrurerie de bâtiment
- Soudage-montage
Santé
- Assistance aux bénéficiaires en établissement de santé
- Assistance familiale et sociale aux personnes à domicile
- Santé, assistance et soins infirmiers
Note : Les programmes d'études présentés ici sont ceux qui sont ressortis de manière frappante parmi les réponses reçues et autour desquels il y avait consensus pour plus d'un établissement.
80 offres d'emploi pour 21 diplômées... déjà placées!
En formation technique au collégial, on a connu un léger ralentissement au chapitre des offres d'emploi par rapport à 2003. Mais le travail ne manque pas dans plusieurs disciplines, et certaines connaissent même des pénuries de diplômés.
par Marthe Martel
Comme en 2003, toutes les techniques de la santé se démarquent favorablement sur le plan de l'emploi cette année. On s'arrache les infirmières, surtout dans la grande région de Montréal. «Celles qui choisissent de travailler en région sont souvent en disponibilité», précise Denise Breton, conseillère à la vie étudiante au Cégep de Rivière-du-Loup. Pour les diplômés des techniques d'inhalothérapie et de radiologie, la situation est également excellente.
On connaît aussi une forte demande d'hygiénistes dentaires à la grandeur de la province. Maryse Lemay, responsable du Service de placement au Collège de Maisonneuve, signale : «La semaine dernière, nous avons reçu 80 offres d'emploi. Or, nos 21 diplômées étaient déjà placées...» Même situation en archives médicales : «Nous recevons beaucoup d'offres d'emploi dans ce domaine», mentionne Marie Bourgeois, responsable du Service de placement au Collège Ahuntsic. En techniques de diététique, le placement est également excellent. Lise Chagnon, agent principal de placement au Cégep de Saint-Hyacinthe, explique : «Les centres de la petite enfance recherchent de plus en plus ces diplômés, qui assurent la qualité nutritionnelle des menus servis aux tout-petits.»
Pénuries en construction
Les disciplines liées au domaine de la construction continuent d'avoir le vent dans les voiles. Par exemple, les titulaires du DEC en technologie de l'architecture trouvent de l'emploi avant même la fin de leurs études.
«Les employeurs font la file pour embaucher ceux qui restent à la fin de l'année!» souligne
Christine Lévesque, conseillère en emploi au Cégep de Lévis-Lauzon. On manque aussi
de diplômés en mécanique du bâtiment. «La moitié de ma cohorte
de 2003 a continué ses études à l'université en génie mécanique ou en génie de la construction. Je pourrais placer le double de diplômés sans difficulté», précise Marie Bourgeois, du Collège Ahuntsic.
La rénovation des infrastructures publiques se poursuit, et les technologues en génie civil sont très sollicités. «J'affiche plusieurs postes par semaine dans ce domaine, et je n'ai souvent aucun candidat à proposer aux employeurs. Tous les diplômés sont placés», précise Marie Bourgeois. Pour sa part, Francine Duval, conseillère en emploi au Cégep de Baie-Comeau, signale que son établissement reçoit beaucoup d'offres de Montréal et d'ailleurs pour ces diplômés. «Il semble y avoir une pénurie provinciale dans ce secteur.»
De leur côté, les industries pharmaceutique, bioalimentaire, chimique et pétrochimique vont bien et, par conséquent, la demande continue d'être favorable pour certains diplômés. «La majorité de nos diplômés de 2004 en technologie d'analyses biomédicales ont déjà du travail. Ils se placent dans les hôpitaux et les centres de recherche», mentionne Lise Chagnon, du Cégep de Saint-Hyacinthe. «Nous offrons un programme en alternance travail-études en techniques de génie chimique et techniques de laboratoire (chimie analytique) et nous avons reçu davantage d'offres de stage que nous n'avons d'élèves disponibles, ce qui augure bien pour le placement des diplômés», signale Johanne Tremblay, responsable du Service de placement du Cégep de Jonquière.
En techniques de santé animale, les diplômés décrochent également des emplois sans difficulté, de même que ceux en aménagement cynégétique et halieutique.
Des secteurs prometteurs
Excellent en 2003, le placement des diplômés en techniques administratives devrait être aussi bon en 2004. «Depuis deux ans, le Conseil du Trésor du Québec mène des campagnes de recrutement pour remplacer le personnel qui prend sa retraite et il embauche ces techniciens. En outre, les PME recherchent également ce type de diplômés. Les offres d'emploi ne manquent donc pas pour eux», soutient Lise Chagnon, agent principal de placement au Cégep de Saint-Hyacinthe.
«Tout le monde veut embaucher des techniciens en administration! Je reçois des offres régulièrement», signale Benoît Dumas, responsable des stages et du placement au Collège Lionel-Groulx. «Environ 50 % de nos diplômés continuent leurs études à l'université en sciences de l'administration, grâce à la passerelle DEC-bac. Ceux qui se destinaient à l'emploi sont tous placés», dit Johnny Gauthier, responsable du Service de placement du Cégep de Chicoutimi. Toutefois, la situation pourrait être influencée par les décisions du gouvernement en ce qui concerne l'embauche dans la fonction publique.
«En éducation à l'enfance et en éducation spécialisée, nous avons reçu davantage d'offres en 2004 que durant l'année précédente, mais nous avons aussi davantage d'inscriptions», explique Sylvie L'Espérance, responsable du placement au Cégep du Vieux Montréal.
Maryse Paquette, responsable du Service de placement au Cégep de Trois-Rivières, souligne pour sa part que depuis deux ans, les offres ont afflué en travail social, grâce au programme provincial Fonds Jeunesse qui permet à des organismes d'engager des jeunes diplômés. En techniques d'intervention en délinquance et en techniques juridiques, le placement est également bon, notamment en raison de plusieurs départs à la retraite.
M. M.
Des programmes en manque d'élèves!
Certains programmes techniques pourraient accueillir davantage d'élèves pour répondre à la demande des employeurs. Malheureusement, on ne se bouscule pas à l'entrée!
par Marthe Martel
Le placement est bon en ce qui concerne les programmes liés au secteur manufacturier. Toutefois, il y a peu de diplômés dans certains d'entre eux, ce qui explique en partie le taux d'emploi favorable. Ainsi, le Cégep de Valleyfield reçoit beaucoup d'offres d'emploi pour les technologues en génie industriel, mais il est difficile de recruter des élèves. Christine Lévesque, du Cégep de Lévis-Lauzon, mentionne qu'on retrouve de plus en plus ces diplômés dans les hôpitaux et les établissements scolaires où ils s'occupent de la gestion des achats et des stocks.
Les employeurs sont aussi à la recherche de candidats diplômés en techniques de production manufacturière. «En 2004, nous n'avons eu que six diplômés et seulement deux ou trois d'entre eux se destinaient à l'emploi. Malheureusement, ce programme n'attire pas les élèves», signale Benoît Dumas, responsable des stages et du placement au Collège Lionel-Groulx.
Les employeurs sont à la recherche de candidats diplômés en techniques de production manufacturière.
Les candidats ne se bousculent pas non plus pour intégrer le programme Techniques de transformation des matières plastiques. «Nous n'avons eu que huit diplômés en 2004, et ils ont très facilement trouvé du travail. La demande existe», signale Marie Bourgeois, responsable du Service de placement au Collège Ahuntsic.
Dans l'industrie du meuble, les perspectives sont favorables. Avec six diplômés seulement en 2004 au programme Techniques du meuble et d'ébénisterie, production sérielle, il y a eu davantage d'offres d'emploi que de candidats disponibles. «Plus nombreux, les élèves en menuiserie architecturale se retrouvent souvent en production sérielle, où l'on manque de candidats», signale Hélène Jutras, agente d'information scolaire à l'École du meuble du Cégep de Victoriaville.
Dans le domaine des mines (Exploitation et Minéralurgie), au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, on connaît également un manque d'inscriptions.
«En 2004, nos stagiaires ont tous été placés sans difficulté (six en exploitation et trois en minéralurgie). Nous avons craint qu'il n'y ait pas de débouchés pour les diplômés, car plusieurs fermetures avaient été annoncées. Mais de nombreuses mines font encore du développement, cela a compensé. Cependant, à cause de cette mauvaise publicité, les élèves s'inscrivent peu dans ces programmes, à tel point que dans certaines exploitations on a peur de manquer de relève dans l'avenir», souligne Pauline Bonami, secrétaire au Service de placement de ce cégep.
Reprise en tourisme
Rudement secouée en 2001, l'industrie touristique reprend doucement son envol. «Nous avons reçu à peu près le même nombre d'offres d'emploi que l'an dernier en techniques de tourisme», précise Linda Poisson, technicienne en administration à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec. Même son de cloche au Collège Laflèche, à Trois-Rivières.
Avec les baby-boomers qui approchent de l'âge de la retraite et le développement de grands complexes touristiques comme celui de Tremblant, les techniciens en loisirs sont sollicités : «Nous recevons énormément d'offres, mais c'est souvent du travail précaire», signale Denise Breton, conseillère à la vie étudiante au Cégep de Rivière-du-Loup.
L'informatique, l'électrotechnique et l'aéronautique au ralenti
Les taux de placement dans les secteurs de l'informatique, de l'électrotechnique et de l'aéronautique montrent un certain essoufflement depuis 2001. Maryse Lemay, responsable du Service de placement au Collège de Maisonneuve, explique : «Nous avons peu d'élèves inscrits : 12 en électronique et 6 en conception électronique. Nos statistiques indiquent 100 % de placement en conception électronique, mais seulement deux élèves se destinaient à l'emploi... Avant 2001, quand les grandes entreprises dans ce domaine embauchaient activement, nous avions 100 % de placement pour 30 élèves.»
Avec des taux de placement de 50 % et moins en emploi lié au domaine (c.-à-d. les élèves oeuvrent dans leur champ d'études) dans plusieurs cégeps, le programme Techniques de l'informatique bat aussi de l'aile. Ainsi, au Collège François-Xavier-Garneau, il a été difficile de dénicher des milieux de stage pour les diplômés. Jennifer Tremblay, responsable du Service de placement de cette institution, attribue la situation à plusieurs facteurs : les besoins sont moins grands; les entreprises recherchent plutôt des travailleurs expérimentés; le marché est saturé, tous les établissements collégiaux formant des élèves dans ce domaine. «Mais je suis convaincue que l'informatique reste une voie d'avenir. Il y aura toujours des besoins», ajoute-t-elle.
Pour sa part, le secteur de l'aéronautique a été rudement secoué depuis 2001. À l'École nationale d'aérotechnique, le taux de placement en emploi lié au domaine d'études était de 60 % pour 2003. «Nous avons reçu davantage d'offres d'emploi en 2004, mais nous avons aussi moins d'élèves. Cependant, selon le Centre d'adaptation de la main-d'oeuvre en aérospatiale, l'industrie reprend et il pourrait manquer de diplômés dans les prochaines années», précise Diane Lamothe, conseillère aux stages et au placement à l'École nationale d'aérotechnique.
M. M.
Formations gagnantes
Administration
- Techniques administratives
Bâtiment et travaux publics
- Technologie de l'architecture
- Technologie de la mécanique du bâtiment
- Technologie du génie civil
Bois et matériaux connexes
- Techniques du meuble et de l'ébénisterie, production sérielle
Chimie et biologie
- Techniques de génie chimique
- Techniques de laboratoire (chimie analytique)
Environnement et aménagement du territoire
- Techniques d'aménagement cynégétique et halieutique
Fabrication mécanique
- Techniques de production manufacturière
- Techniques de transformation des matières plastiques
- Technologie du génie industriel
Mines et travaux de chantier
- Exploitation
- Minéralurgie
Santé
- Techniques d'hygiène dentaire
- Techniques d'inhalothérapie
- Techniques de diététique
- Techniques de santé animale
- Techniques de radiologie
- Technologie d'analyses biomédicales
- Soins infirmiers
Services sociaux, éducatifs et juridiques
- Techniques d'éducation à l'enfance
- Techniques d'éducation spécialisée
- Techniques d'intervention en délinquance
- Techniques de travail social
- Techniques juridiques
Note : Les programmes d'études présentés ici sont ceux qui sont ressortis de manière frappante parmi les réponses reçues et autour desquels il y avait consensus pour plus d'un établissement.
L'offre dépasse la demande en santé et en éducation
En santé et en éducation, l'impact des départs à la retraite a déjà commencé à se faire sentir. Pour la troisième année consécutive, les diplômés universitaires de ces domaines ont eu l'embarras du choix en matière d'emploi.
par Guylaine Boucher
Pour tous les programmes en sciences de la santé offerts dans notre université, que ce soit Sciences infirmières, Ergothérapie, Physiothérapie ou Orthophonie, la dernière année a été excellente, précise Gregg Blachford, directeur du Service de placement et de carrière pour l'Université McGill. Nous recevons davantage d'offres d'emploi que nous n'avons de diplômés.» Même son de cloche à l'Université Laval, où seule la demande en kinésiologie est moins élevée parce que «la formation est nouvelle et encore peu connue», explique la directrice du Service de placement Micheline Grenier.
En fait, l'ensemble des établissements universitaires présents dans le créneau de l'enseignement de la santé ne parvient pas à répondre à la demande. À l'Université de Montréal, la responsable du Service universitaire de l'emploi, Andrée Desroches, compte par exemple en moyenne «trois offres d'emploi pour chaque diplômé disponible en orthophonie et en audiologie, pour ne citer que ceux-là».
Le domaine des services sociaux a également connu une très bonne année 2003-2004. À l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Anne Beaulieu, conseillère à la vie étudiante et au placement étudiant, a même constaté une augmentation de la demande pour les diplômés en travail social et en psychologie. Chantal Bilodeau, conseillère en emploi à l'Université du Québec en Outaouais, et André Gagnon, coordonnateur des Services de placement pour l'Université Concordia, soulignent que la situation est la même dans leur établissement respectif.
Le domaine des services sociaux a connu une très bonne année 2003-2004.
Nicole Bonenfant, directrice de la division des services-conseils à l'Université du Québec à Montréal, a noté elle aussi une «progression importante de la demande pour les diplômés en travail social, mais spécifiquement dans les secteurs d'emploi liés à la gérontologie».
Du côté de l'éducation, en 2003-2004, les responsables des services de placement affirment avoir été littéralement inondés de demandes en provenance des commissions scolaires du Québec et d'ailleurs. À l'Université du Québec à Rimouski, le conseiller en placement et stages, Régis Beaulieu, a vu passer plus d'une centaine d'offres au cours de la dernière année scolaire. «La demande est extrêmement forte pour tous les niveaux d'enseignement, que ce soit préscolaire, primaire ou secondaire. Celle des diplômés en adaptation scolaire est également en hausse.»
Au Service d'aide à l'emploi de l'Université du Québec à Chicoutimi, le conseiller à l'emploi, Michel Bergeron, a aussi noté des besoins constants. Il signale d'ailleurs des besoins pressants pour «l'enseignement de niveau secondaire en sciences, soit mathématiques, chimie et physique». À l'Université du Québec à Trois-Rivières, Rachel Lemelin, conseillère en information professionnelle, a pour sa part remarqué une augmentation des offres d'emploi pour les enseignants spécialisés en «français et anglais langue seconde, principalement au secondaire».
Des secteurs en convalescence
Sans être alarmante, la situation du placement dans certains programmes est moins facile qu'elle ne l'a déjà été. Les diplômés doivent se montrer proactifs!
par Guylaine Boucher
À l'Université d'Ottawa, la conseillère en emploi Josée Desbiens note une diminution du nombre d'emplois offerts en génie. «Les diplômés de certaines spécialités du génie, dont le génie électrique, option technologie de l'informatique, ont du mal à se trouver un emploi en raison notamment des difficultés que connaît le domaine de la technologie de pointe depuis 2001-2002.»
Maryse Deschênes, la directrice du Service de placement de l'École Polytechnique, fait les mêmes observations dans le domaine du génie. «Les secteurs les plus touchés demeurent les télécommunications et l'informatique. Les diplômés en génie électrique sont aussi affectés. Nous notons également une légère diminution de la demande pour ceux en génie chimique. La situation est probablement attribuable au fait qu'au cours des dernières années, le gouvernement a imposé aux compagnies pharmaceutiques la mise en place de protocoles de validation de leurs brevets, ce qui avait nécessité l'embauche de plusieurs diplômés en génie chimique. Mais les choses sont maintenant revenues à la normale. En outre, le domaine manufacturier, dont les exportations aux États-Unis sont en perte de vitesse à cause de la hausse du dollar canadien, ne s'est pas non plus beaucoup manifesté cette année, ce qui pénalise les spécialistes en génie mécanique et en génie industriel.»
Optimiste, Maryse Deschênes avoue par ailleurs avoir ressenti une légère reprise du côté du génie aéronautique et du génie logiciel, ce que confirme Tyna Bériault, responsable du placement à l'École de technologie supérieure (ETS). «En génie logiciel et en génie des technologies de l'information, il y a une reprise surtout pour les postes de programmeurs Java, C++ et les développeurs Web.»
Michel A. Legault, conseiller en placement pour l'Université de Moncton, a pour sa part enregistré une légère amélioration de la situation pour les diplômés en informatique et des technologies de l'information. «On n'a pas encore retrouvé le niveau d'il y a quatre ans, mais cela s'améliore progressivement. Un certain regain d'embauche a été noté à Toronto. Désormais, les diplômés doivent être mobiles et plus proactifs dans leur recherche d'emploi. Si auparavant ils bénéficiaient d'un emploi garanti à la fin de leurs études, ce n'est plus le cas aujourd'hui.»
Des exceptions
Au chapitre des exceptions, les diplômés en génie civil sont épargnés, les offres d'emploi continuant d'affluer des grands chantiers un peu partout au Québec. Pour la même raison, les étudiants ayant choisi de se spécialiser en mécanique de bâtiment et en électricité de bâtiment (des spécialités de génie mécanique et de génie électrique) s'en tirent mieux que leurs collègues. À l'ETS, Tyna Bériault parle aussi «de pénurie de candidats» en génie de la construction.
La vague des retraites aura-t-elle lieu?
Malgré une économie à la performance en dents de scie, les diplômés universitaires ont continué à se tailler une bonne place sur le marché du travail en 2003-2004.
Dans les 16 établissements d'enseignement sondés en juin 2004, le nombre d'offres d'emploi reçues pour 2003-2004 est demeuré stable ou n'a connu que de faibles variations par comparaison avec l'année précédente. «Dans presque tous les secteurs, la situation n'a que peu ou pas changé», explique Paul-André Bergeron, responsable du Service de placement de l'Université de Sherbrooke.
Comme par les années passées, le secteur privé représente l'employeur le plus important, suivi de près par la fonction publique et le milieu communautaire. Les nombreux départs à la retraite annoncés dans le secteur public pourraient néanmoins lui donner une confortable avance (en 2003, on prévoyait remplacer entre 800 et 1 500 postes par an dans la fonction publique fédérale d'ici à 2011, et quelque 21 000 au total du côté provincial pour la même période). À moins, précise Micheline Grenier, directrice du Service de placement de l'Université Laval, que les politiques d'embauche des gouvernements fédéral et provincial ne viennent changer la tendance. «À l'heure actuelle, il est difficile de prévoir si la vague de retraites aura vraiment l'impact anticipé. Selon les récentes annonces faites au provincial, beaucoup de postes libérés ne seront pas pourvus. Nous saurons vraiment à quoi nous en tenir dans deux ou trois ans seulement.»
Tous domaines d'études confondus, les responsables des services de placement se sont unanimement montrés optimistes quant à l'avenir. Les départs à la retraite prévus dans l'ensemble de l'économie finiront par faire leur oeuvre, libérant du même coup de nombreux emplois pour les diplômés. En fait, dès l'an prochain, la majorité des responsables des services de placement s'attendent à commencer à ressentir les effets de la vague de fond annoncée, mais pas encore concrétisée.
G. B.
69 offres pour 35 diplômés
Pendant que l'effervescence se maintient en santé et en éducation, d'autres domaines gardent le cap et continuent année après année d'offrir des perspectives d'emploi intéressantes. C'est le cas pour la majorité des formations en administration, avec une mention spéciale pour certains programmes du secteur des lettres.
De l'avis de Pierre Francq, directeur du Service de placement et de gestion de carrière à HEC Montréal, «les domaines de la comptabilité, du marketing et des finances ont été très actifs au cours de la dernière année tandis que les diplômés en gestion des opérations et de la production ont maintenu une bonne performance».
À l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal, le directeur du développement des affaires du Service de placement, Chokari Selmi, parle quant à lui d'une excellente percée en finance. «Les demandes proviennent non seulement des institutions financières, mais aussi des grandes entreprises qui veulent avoir quelqu'un à leur service pour gérer leurs risques financiers», explique-t-il.
De leur côté, les diplômés en management et en ressources humaines tirent aussi très bien leur épingle du jeu. À l'Université Bishop's, le conseiller en emploi Jonathan Allen affirme, par exemple, «qu'il suffit de quelques semaines à un diplômé en ressources humaines pour décrocher un poste».
André Gagnon, coordonnateur des Services de placement pour l'Université Concordia, confirme une grande demande pour les diplômés en actuariat. «Nous avons eu cette année 69 offres pour 35 diplômés. Les compagnies d'assurance sont les principaux employeurs. Elles se bousculent au portillon!» Même son de cloche à l'Université du Québec à Montréal où, selon Nicole Bonenfant, directrice de la division des services-conseils, «le taux de placement dans ce domaine est toujours excellent».
Dans un tout autre créneau, André Gagnon note aussi une demande constante pour les diplômés du secteur lettres, que ce soit en traduction, en études françaises, en rédaction ou en communication. Il en va de même à l'Université de Sherbrooke, à l'Université Laval et à l'Université de Montréal. Les offres proviennent d'horizons variés (secteurs public et privé) et couvrent diverses fonctions : relations publiques, coordination d'événements spéciaux, relations de presse, journalisme, etc.
G. B.
Formations gagnantes
Sciences de la santé dans leur ensemble, surtout :
- Sciences infirmières
- Ergothérapie
- Physiothérapie
- Orthophonie
- Audiologie
Sciences humaines
- Psychologie
- Travail social
Sciences de l'éducation
- Adaptation scolaire
- Enseignement des sciences (mathématiques, chimie et physique) au secondaire
- Enseignement du français, et de l'anglais, langue seconde au secondaire
- Enseignement préscolaire, primaire et secondaire
Sciences de l'administration
- Comptabilité
- Finance
- Management
- Marketing
- Ressources humaines
Sciences pures
Lettres
- Communication
- Études françaises
- Rédaction
- Traduction
Sciences appliquées
- Génie civil
- Génie de la construction
- Génie du bâtiment
- Génie électrique (électricité du bâtiment)
- Génie mécanique (mécanique du bâtiment)
Note : Les programmes d'études présentés ici sont ceux qui sont ressortis de manière frappante parmi les réponses reçues et autour desquels il y avait consensus pour plus d'un établissement.

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