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  [Atmosphère]
Herménégilde Dubé, grutier, Groupe Pomerleau
80 mètres dans les airs

propos recueillis par Geneviève Dubé
photo : Stéphane Gougeon

Je travaille depuis 29 ans à environ 80 mètres du sol. C'est le fait d'être en hauteur qui m'a attiré vers ce métier. À l'âge de sept ans, je montais déjà sur le toit de la maison familiale! Plus tard, j'ai réalisé que je pouvais combiner mon attirance pour les hauteurs et mon intérêt pour les «grosses machines» en manoeuvrant les grues à tours.

J'aime beaucoup le sentiment de liberté qui accompagne le fait de travailler seul au sommet de la tour. J'ai la paix dans le sens où je ne suis pas dans l'environnement bruyant habituel des chantiers de construction. Et puis j'ai une belle vue sur le centre-ville.

Pour m'installer aux commandes de la nacelle, je dois grimper environ 30 mètres dans un escalier étroit. En haut, il m'arrive de trouver le temps un peu long, car je peux rester de longues périodes en attente de charges à monter. Et je dois demeurer dans la nacelle même dans ces moments-là, car c'est trop long remonter chaque fois. Souvent, je ne redescends même pas pour dîner. À la fin de la journée, j'ai hâte de bouger!

Mon travail est très stressant. C'est comme conduire une auto sur la glace : il faut toujours être aux aguets, car je ne vois pas la charge que j'ai à monter. Je ne peux pas savoir si mes commandes sont exactes, et surtout assez précises. Mes yeux, c'est le signaleur, dont la mission est de me guider à partir des différents étages du chantier.

La pluie et la neige diminuent un peu ma visibilité, mais pas au point de m'empêcher de travailler. L'hiver, c'est pas chaud, mais je pars la chaufferette, et le tour est joué!

Les charges que je transporte valent régulièrement un million de dollars, alors je ne dois pas les échapper! Récemment, j'ai déplacé un chariot élévateur à fourches (un «lift»). Je suis toujours sous la pression de travailler rapidement, car les ouvriers du chantier dépendent tous de moi : ils attendent le matériel pour poursuivre le travail...

En hauteur, j'ai vu toutes sortes de «shows» : des exhibitionnistes, des aventures entre collègues de travail, et même le tournage d'un film pornographique! Il faut croire que les gens ne sont pas portés à regarder dans les airs pour voir si quelqu'un les voit...

De 1999 à 2002, il n'y avait que deux grutières dans l'industrie de la construction au Québec. Par contre, elles étaient cinq en 2003.

Au Québec, 40 % des grutiers travaillent dans l'industrie de la construction. Les autres oeuvrent principalement dans le transport maritime, ferroviaire ou routier ainsi que dans les usines de manutention de ferraille ou de bois.

Au Québec, le volume de travail dans l'industrie de la construction était en hausse de 11 % en 2003 par rapport à l'année précédente.

Sources : Commission de la construction du Québec, Emploi-Québec.




 
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