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[Formation | Emploi]
Utiliser les services des agences de placement
Entre bonnes mains
par Louis St-Jean
Les agences de placement sont passées maîtres dans l'art de la recherche et de l'évaluation des candidats. Les employeurs le savent et font souvent appel à leurs services pour pourvoir à leurs postes vacants. Voici comment utiliser cette ressource pour faciliter votre recherche d'emploi.
Au Québec, près de 12 000 employés ont été placés en 2002 par l'intermédiaire des agences de placement (emplois temporaires et permanents), selon Statistique Canada. On a intérêt à ne pas négliger ces intermédiaires lorsqu'on cherche un boulot, d'autant plus que leurs services sont gratuits pour les chercheurs d'emploi.
Il y aurait quelques centaines d'agences en activité au Québec. Il est difficile d'établir leur nombre avec exactitude : si une quarantaine d'agences québécoises sont membres de l'Association nationale des entreprises en recrutement et placement de personnel, plusieurs autres offrent également de bons services, explique le président de cet organisme, Yvan Michon, aussi président de la firme de placement de cadres Spherion. Mais attention : au Québec, les firmes n'ont pas l'obligation d'être licenciées, et certaines personnes s'improvisent conseillers en placement dans le sous-sol de leur maison, prévient-il.
«L'agence travaille pour l'employeur, qui paiera pour le service une fois qu'il aura embauché l'employé, mais aussi pour le candidat, indique Isabel Claveau, directrice de l'agence Adecco de Québec. C'est à nous de trouver la bonne personne et de prouver à l'employeur qu'elle va bien compléter son équipe par son savoir-faire et son savoir-être.»
Première approche
C'est habituellement en répondant à une offre d'emploi parue dans un portail d'emplois ou dans le journal, par exemple, que les candidats s'inscrivent aux banques de données des agences de placement. Pour améliorer ses chances d'être sélectionné par une agence, il faut bien lire les offres d'emploi et s'assurer qu'on répond aux exigences mentionnées. Sinon, le candidat est éliminé sur-le-champ. «Sur 1 000 CV, quand 100 correspondent au profil recherché, on trouve que c'est bon», constate Yvan Michon.
Mais les chercheurs d'emploi peuvent aussi appeler directement une agence ou lui acheminer leur CV. Ce document est d'ailleurs la clé qui vous ouvrira les portes d'une agence, estime Christiane Boulet, directrice régionale chez Hunt Personnel à Montréal. «Tout part de là. Clair et allégé, le CV doit évoquer les objectifs de carrière et les expériences acquises. Une brève mais convaincante lettre de présentation doit l'accompagner. Il faut absolument éviter le roman de 12 pages!»
La majorité des agences au Québec sont généralistes, mais certaines sont spécialisées dans un ou plusieurs secteurs de travail : secrétariat, justice, informatique, manufacturier, bancaire, pharmaceutique, administration, finance, technologies de l'information ou service à la clientèle, par exemple. Dans les deux cas, les conseillers qui y travaillent - généralement des bacheliers en ressources humaines - auront développé des expertises dans des secteurs en particulier et seront à même de comprendre les exigences du client et du candidat afin de réaliser d'heureux mariages.
«Je suggère aux candidats d'appeler d'abord les agences qui offrent des emplois dans leur domaine, conseille Yvan Michon. Un ingénieur en informatique qui fait affaire avec une firme spécialisée dans ce domaine aura plus de possibilités que dans une firme généraliste, c'est évident.»
Étape par étape
Si votre candidature correspond aux besoins d'un de ses clients - un employeur - , l'agence de placement vous appellera. «On vérifie certaines informations par téléphone, comme l'intérêt réel des candidats, leur expertise, leurs attentes salariales», indique Isabel Claveau, directrice de l'agence Adecco de Québec.
Lorsque l'entretien téléphonique se révèle concluant, on convie le candidat à une entrevue avec un conseiller en placement. «On révise le CV et on tente de mieux connaître la personne», poursuit la directrice. Selon le poste convoité et les exigences du client, on évaluera ses compétences. «Dans les bureaux de l'agence, on évalue, à l'aide de plusieurs tests, le profil technique de la personne, sa connaissance de l'informatique ou des langues. Il y a des mises en situation, des tests oraux et écrits», explique Isabel Claveau.
Lors de cette rencontre, il est recommandé d'être soi-même et de relater son cheminement en soulignant ses bonnes comme ses mauvaises expériences, car l'agence fouillera par la suite le passé du candidat. «On contacte les anciens employeurs et on vérifie même si le candidat a des antécédents judiciaires», dit Isabel Claveau. Pendant cette entrevue, l'agence divulgue aussi le nom de l'employeur, le poste que le postulant pourrait y occuper et les autres possibilités d'emploi qui s'offrent à lui.
Le conseil des spécialistes : présentez-vous devant le conseiller en placement comme vous le feriez pour un éventuel employeur. Selon Christiane Boulet, trop de gens arrivent mal fagotés à cette rencontre en se disant qu'il ne s'agit que d'une étape préliminaire. C'est une erreur qui peut être coûteuse, car l'apparence permet aux agents de séparer le bon grain de l'ivraie dès le premier contact, ajoute la spécialiste.
L'agence se charge ensuite de communiquer les informations à l'employeur. Pour chaque poste, elle achemine environ deux ou trois CV où figurent les commentaires d'un conseiller. Des tests psychométriques, c'est-à-dire des mesures évaluatives pour déterminer la personnalité, les préférences ou la capacité de réaliser une tâche déterminée entre autres, sont parfois exigés par un employeur, surtout pour les postes comportant de hauts niveaux de responsabilité. Lorsque l'employeur «cautionne» le choix des candidats, la firme fixe alors un rendez-vous entre eux. Cette étape complète enfin le processus de placement.
Des avantages
Les candidats ne toucheront pas un salaire moindre parce qu'ils ont décroché un emploi par le biais d'une agence, souligne Christiane Boulet. «Pour le client comme pour le candidat, l'intervention d'une agence est intéressante, car il n'y a pas de perte de temps. Une bonne agence qui préconise le respect et la qualité des rapports humains saura effectuer le match parfait.»
Si elles peuvent vous aider à dénicher un emploi permanent, les agences de placement affectent aussi plusieurs candidats à des tâches temporaires destinées à combler des besoins urgents, comme des congés de maladie ou de maternité. «Chez Adecco, pour la région de Québec par exemple, 80 % de nos revenus proviennent des emplois temporaires», affirme Isabel Claveau. Des contrats de quelques jours, voire de quelques mois, deviennent alors le lot de nombreux employés qui se contentent de ces conditions dans l'attente d'un poste plus stable.
Certains travailleurs font toutefois du changement un véritable mode de vie. «Chez Adecco Québec, ce sont 1 100 employés temporaires qu'on tente de garder en perpétuel mouvement. Dès qu'ils terminent un contrat, on essaie de leur en trouver un nouveau», explique la directrice.
Pour la seule région de Québec, Adecco reçoit une centaine de CV quotidiennement. Isabel Claveau assure qu'il y a de nombreux avantages à postuler pour un emploi par le biais d'une agence. «Les CV traduisent parfois très mal les expériences acquises. Une rencontre avec nos conseillers peut permettre d'expliquer des trous béants dans une carrière et de défendre un candidat devant un éventuel employeur. On maximise alors ses chances, et on dispose d'une fenêtre sur des emplois qui ne sont même pas annoncés.»
De l'agence à la permanence
C'est en répondant à une offre d'emploi annoncée dans le site Internet d'Adecco que Tanya Paquet a sollicité pour la première fois les services de cette entreprise de placement en septembre 2003. «J'ai envoyé mon CV, et on m'a rappelée très vite.» Après un entretien téléphonique et une entrevue à l'agence, on propose à cette diplômée en techniques administratives des emplois temporaires pendant quelques mois. «De la mi-septembre à la fin de janvier, j'ai occupé différents postes d'une durée d'une journée à deux semaines. J'ai beaucoup travaillé au Centre des congrès de Québec. J'ai aussi travaillé à la saisie de données, à la comptabilité ou aux ressources humaines de différentes entreprises.» Ces emplois, qui étaient rémunérés à un taux horaire variant entre 9 $ et 13 $, correspondaient tous à son champ d'études. À la fin de janvier, Adecco lui déniche une entrevue pour un poste permanent chez Promutuel. Engagée comme agente du service téléphonique, Tanya Paquet occupe présentement un poste de technicienne en bureautique, «qui comporte de nombreux défis et qui me satisfait pleinement. J'ai vraiment eu une expérience positive avec mon agence», conclut-elle.
De son côté, Francine Chartrand a fait appel aux services de l'agence Quantum il y a deux ans et demi alors qu'elle était en pleine recherche d'emploi. «J'ai simplement dit que j'avais besoin de travailler, explique-t-elle. On m'a reçue à l'agence et, en moins de 48 heures, j'avais du travail. J'ai eu de très beaux contrats temporaires. Quand on vous apprécie et qu'on a besoin de vous, ils peuvent s'étirer longtemps! Je suis entrée au service de Danone comme réceptionniste pour une semaine et je suis restée là un an et sept mois.» En novembre 2003, Francine Chartrand a obtenu un emploi temporaire comme spécialiste de comptes chez Bombardier. Elle y travaille toujours : «En février dernier, on m'a engagée comme employée permanente pour le même poste. Depuis que j'ai commencé avec Quantum, donc, je n'ai jamais arrêté de travailler. Sauf pendant une semaine, parce que j'avais vraiment besoin de vacances!»

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